‹ Chronique de Charles VII, roi de France (volume 2)Chapitre 111 sur 232 · Cent vingt lances · texte numérisé non relu

Cent vingt lances

j. En 1423, Pâques fut le 4 avril. Mais il y a ici erreur de date. Le religieux de Saint-Denis, édit. in-4, t. 6, p. 4 $9, et son abréviateur, J. des Ursins, racontent le même épisode; le premier à la fin de l'an 1420 (a. s.), et l'autre sous l'année 1421 (a. s.), qui commença pour eux le 23 mars. La vraie date de l'année est 1421. Voy. ci-après notre auteur, p. 177, note 1 , p. 1 82, note 1 , et divers éclaircissemens qui vont suivre. Les détails que fournit Raoulet

176 Chronique de Jean Raoulet. (1421)

gogne grosse armée , et vint pour courir devant Vitry et se mist en embusche. Dont ne sceut rien La Hire , jousques à ce qu'il vit devant la ville les courreurs ; et tantost se arma avec ses gens et monta à cheval avec cinquante lances d'eulx. Et après le surplus de ses gens saillirent à pié. Et quant furent hors , il vist l'embusche à grosse compaignie de gens d'armes qui venoient après les courreurs. Si dist il qu'il les faloit combatre ou tous mourir 1 .

Alors il mist devant lui quinze lances de ses gens d'armes de cheval, et leur commanda que allassent fraper à travers les estendars et bataille des Bourguignons. Ainsi le firent, et rompirent la bataille tout au travers ; et lui , qui les suyvoit de près avec l'autre partie de ses gens à cheval, leur aida fort. Et faisoit moult vaillamment de beaulx fois d'armes ; aussi ses gens de pié , qui de près suyvoient ; combien que la puissance des adversaires le cuida faire reculer.

Toutes fois , quant ils veirent leur cappitaine La Hire et les autres combatre si vaillamment, ils prindrent courage fort et joignirent après. Et tellement fut combattu que les Bourguignons furent desconfis , et sur le champ en mourit plus de quatre vingts et moult grant nombre en fut prins, et le surplus, avec ledit conte de Vaudesmont, eschapa à course de cheval; et là gaigna La Hire et ses gens sans encombrier bons chevaulx de selle et moult de prisonniers.

sur le compte de Lahire et sur cet épisode sont plus développés que partout ailleurs.

i . L'auteur a effacé cette phrase et y a substitué celle-ci : «Et frappa à travers, et là furent mors et pris, etc.p (sic.)

(1421) Chronique de Jean Raoulet. 177

Aussi se tint pour le roy ès frontières de Picardie , comme à Saint-Valéry, à Chasteau-Thierry et ailleurs Poton de Santrailles, qui estoit moult vaillant capitaine, avec cent lances garnies d'archers.

Et petit de temps après 1 , en Pan mil quatre cents vingt-deux 1 , environ le moys d'aost, le seigneur d'Offémont * et Poton, avec pluseurs cappitaines et gens de guerre, jousques au nombre de quatre cents lances garnies, pnndrentparappointement, parle moyen de Jaques de Charnonces, cappitaine, la ville de Saint-Riquier 4 et du Crotay, sur lesdites marches de Picardie, que tenoient les ^Bourguignons. Tantost vint le duc de Bourgogne (par Te sceu et congié du roy d'Angleterre, qui venoit par Calaix d'Angleterre à Paris, et vint jousques à Baugency) , avec grosse armée de

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