Bellaguet, p
OCt. IO-I5] DES GRANDES CHRONIQUES. 23 1
A icelle sentence , par le moyen du duc de Bourgogne, s'accorda le roy et la royne *. Pourquoy , le quinziesme jour d'octobre , ils envoyèrent à Pontoise leurs ambassades devers le conte de Waruich, gouverneur pour le roy d'Angleterre en celle partie , pour adviser et trouver moyen d'accoraer et faire paix. Iceulx ambassades receut voulentiers le conte , et leur bailla bonne et gracieuse response , et signifia au roy d'Angleterre la requeste du roy et de son conseil. De quoy il fut joyeulx, espérant que, par ce • moyen, il vendroità ce qu'il désiroit ou royaume de France.Pourquoy, par l'espace de troys moys d'un costé à autre, ftirent envoyez continuellement ambassades et messaiges pour conduire le fait, et en la fin conclurent de faire paix entre les roys et d'accorder en telle manière que le roy d'Angleterre tendroit paisiblement, sans reconnoissance de souverain, tout ce qui lui obéissoit et qu'il tenoit ou royaume, tant en Gascoigne
pouseroit Madame Katherine de France, fille du roy, et seroit le principal gouverneur du roy et de son royaume, et lui obéyroit etserviroit contre tous vivans, ainsi comme doit faire fiz à son père et seigneur.
Quant l'appointement se traitoit , affin que le roy d'Angleterre parveinstà son entente, ilz persuadoit en moult de manières les ambassades du roy, et entre les autres choses leur disoit : « Ne vous esmerveillez pas se j'entreprends chose si grande et si haulte ; car combien que le Daul-