Bellaguet, p
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France et d'Angleterre ; en quoy il démonstroit sa folie et oultre-cuidance.
Adonc estoient Angloys fiers et hardis ; car pou trouvoyent de résistence, pource que Monseigneur le Daulphin et le duc de Bourgogne estoient en suspens d'accorder et pacifier ensemble la paix que devant ils avoient jurée et promise : car les gens d'armes qui estoient à eulx, en espécial à Monseigneur le Daulphin ', qui estoient pour la plupart Armygnaz, Gascons, Espaigneulx et autres estrangiers, s'efforçoyent de piller et ravir sur toutes manières de gens du royaume pour satisfaire à leur appétit et convoitise.
Iceulx gens d'armes de Monseigneur le Daulphin prindrent sur les champs et appliquèrent à eulx grande quantité de joyaulx, estimez à cent mil escus, que envoyoitle roy d'Angleterre à Madame Katherine, fille du roy, qu'il désiroyt avoir pour femme et espouse. Posé que les habitans des villes et laboureurs des champs se fussent appliquez à porter armes et harnoys et à injurier et persécuter l'un l'autre mortellement, et qu'ils eussent du tout laissé leur labeur et mestiers, dont à Paris et es çnvirons avoit très grande charte de tous vivres , encore furent-ils plus à la guerre et meschanceté enclins, quant ils véoient continuer la division de Monseigneur le Daulphin et du duc de Bourgogne, qu'ils n'estoient par devant, et aussi les Anglois tenoyent les passaiges environ Paris, qui rendoit la grande charte de toutes choses ; desquelles choses estoit
j. Bellaguet, p. 365.
Jean Chartier. III , IJ ■
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la division des princes, cause de tout le mal. Pluseurs saiges se donnoyent merveille pourquoy ils différoient, attendu qu'ils l'avoient paravant jurée ' .
Quant 2 le roy et la reine sceurent que les Anglois eurent gaigné Pontoise, ils mandèrent à Monseigneur le Daulphin par lettres et ambassadeurs honnourables, au commancement du moys d'aoust en celuy an, qu'il voulsist accorder et faire paix avec le duc de Bourgogne, et non pas croire aux mauvois conseillers qui le destournoyent ; en lui remonstrant par pluseurs belles raysons qu'il devoit accorder, affm que, de commun accord, ilz s'efforssassent rebouter les Anglois, anciens ennemys de France, qui jà tenoyent Normandie, une des bonnes parties du royaume , à son très grand presjudice : car elle lui devoit escheoir de droit paternel avec la couronne de France; touteffois pour des cautelles et malices la chose estoit du tout eslongée. Les Parisiens aussi supplièrent à Monseigneur le Daulphin , le huitiesme jour dudit moys d'aost , par honorables ambassades, qu'il lui pleust venir devers le roy et devers la royne, et qu'ils lui obéiroient comme au prenpjer fils de roy et qui devoit estre leur seigneur naturel ; aussi luy suppliant qu'il donnast provision pour résister et repeller les Anglois.
Tant ? fut persuadé et admonesté, qu'il fut délibéré convenir et accorder avec le duc de Bourgogne , et escripvyrent Monseigneur le Daulphin