‹ Chronique de Charles VII, roi de France (volume 3)Chapitre 19 sur 229 · Alias neuf · texte numérisé non relu

Alias neuf

22 Jean Chartier. [Avril-mai

de tour, et pesant mille et huit cent livres ' ; les autres tirans huict, dix, douze centenas, douze cent ou dix-huicî cent livres ; lesquelles bombardes tiroient chacun jour de cent à six vingt coups ; et dura ce siège cinquance-cinq jours : parquoy il est supputé en compte qu'ils employèrent chacun jour mille livres de poudre à bombardes; ainsi, en cinquante-cinq jours, c'estoit cinquante-cinq mille livres de poudre. Outre ce, il y avoit dix mille coulevrines.

Item. L'armée des Turcs ^ en mer estoit, tant au port que dehors , de seize à dix-huit galées, soixante ou quatre-vingt galiotes de dix-huict à vingt bancs , et de seize à vingt barques petites, comme pour porter chevaux , qu'ils appeloient palendins, et assez d'autres fustes.

Hem. Le siège estant posé et mis par terre, Sango Bassa 3, conseiller du Turc 4, et celuy qui estoit le plus craint , et qui a plus de cry et d'aucthorité entour luy, fit porter, de la mer par dessus la terre, l'espace de deux à trois milles, de soixantes à quatre-vingt tant galées comme autres fustes armées, jusques dedans le goufre ou golfe Mandagaran 5, qui est auprès Père ou Péra, entre les deux citez; auquel port ne pouvoient autrement entrer les navires du Turc, à cause de l'armée des chrestiens estant proche, et d'un pont de barques que les chrestiens avoient fait sur l'entrée du port, pour aller de Constantinople

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