P. 267, note
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rouge, blanc et vert. CharlesVII lui-même aimoit particulièrement le vert'. Dans le magnifique frontispice du manuscrit de Munich, peint par Fouquet, et qui représente la cour de justice tenue à Vendôme par Charles 'VII en 1458, la devise du roi est toujours tricolore, mais rouge, blanc et vert (et non plus bleu)^.
Le soleil étoit aussi l'un des emblèmes personnels de Charles VI. Charles VII le portai Plusieurs princes, en particulier Charles VIII, s'en servirent après Charles VII et avant Louis XIV. En mars 1420, le Dauphin avoit une huque italienne. C'étoit un vêtement juste ou robe courte à maheutres rembourrées ou épaulettes; habit militaire et des nobles, imité ou importé d'Italie, comme tout ce qui étoit armes ou armures. Sur ce vêtement, de couleur sombre, un sujet brodé figuroit un auvent , que traversoient les rayons d'un soleil d'or. Cette espèce de rébus étoit parfaitement dans le goût et la pratique du temps. Il donnoit à entendre sans doute que le régent étoit pour la chose publique un auvent , un abri, une égide (en style plus noble), à travers laquelle pénétroient les rayons de l'autorité royale.
Sous le rapport de l'archéologie, pour l'histoire de l'art et de l'industrie, ces extraits abondent en révélations curieuses et instructives,
1. Mémoires de Th. Bazin, t. i,p. 312. Cette couleur étoit celle de sa mère. Voy. ci-dessus, p. 253, note i.
2. On voit que ces signes n'avoient rien de fixe et de consacré.
3. Notamment à l'entrée de Rouen : 1449. Voy. la Chronique de Chartier, t. 2, p. 165, note 3.
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telles que noms d'artistes, d'artisans, descriptions d'ouvrages et de meubles divers.
Ce registre et le suivant fournissent un secours particulièrement précieux pour ceux qui aiment à étudier l'histoire aux sources intimes et à suivre la chronologie précise des faits ou des événemens. Nos historiens généraux varient entre eux ou s'égarent en ce qui touche l'avènement de Charles VII au trône de France. Les passages ci-après reproduits ou indiqués jettent sur ce point historique la plus claire lumière. Ces registres nous donnent, jour par jour, un itinéraire et comme un journal complet ou suivi du jeune prince, à l'époque de son avènement. Le journal dont il s'agit remonte au temps ' de l'assassinat de Jean sans Peur sur le pont de Montereau : 20 septembre 2 141 9. Il se poursuit jusqu'en
Le dernier registre (KK, 50) qui nous fournit ces extraits est celui de la chambre aux deniers du Dauphin et bientôt roi de France. La chambre aux deniers étoit une sorte de bureau de comptabilité , composé en principal d'un maître ^ d'un contrerôleur et d'un ou plusieurs clercs. Les clercs inscrivoient les dépenses. Les fournisseurs ou ayant-droit présentoient en outre leurs cédules, parties (aujourd'hui/ac/ure^) ou titres semblables. Le bureau examinoit les comptes. Le maître présidoit, le contrerôleur contrôloit, et les auires écoutoient, comme auditeurs . La cham-
1-2. Dix jours après cet événement, qui eut lieu le 10. P. Frotier avoit pris part à cet acte affreux de représailles. Le 20 septembre, il fut nommé grand écuyer ou maître de l'écurie du Dauphin.
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bre aux deniers jugeoit ainsi en première instance les comptes royaux, sur lesquels s'étendoit la juridiction souveraine de la chambre des comptes. Le calcul avoit lieu sur un échiquier, à l'aide de jetons. Je me borne, pour ne pas m'étendre trop loin, à ces indications sommaires. Le lecteur en quête d'une instruction plus ample sur cette question n'aura précisément qu'à lire attentivement ces extraits. Il y trouvera des lumières nouvelles et précieuses, non-seulement sur ce point, mais sur les changemens introduits dans la monnoie, sur le prix des choses, sur le mode et les frais de perception des impôts, sur les sources du revenu royal à cette époque mémorable, et enfin sur l'équilibre, ou mieux le défaut d'équilibre financier, que montrent de très-précieux tableaux. Je parle des tableaux où l'on verra, semestre par semestre, mois par mois, et par livres, sous et deniers, quelles étoient d'une part les recettes et de l'autre les dépenses du roi de France Charles VII, lors de son avènement à la couronne.
Du 20 septembre 141 9 ^u 30 septembre 142}. — Écurie du Dauphin , KK , 53.
Habillement de guerre. Armement. Achat de chevaux. Conseillers et officiers. Médicamens pour les chevaux. Devise du Dauphin , tricolore. Orfèvres, peintres et brodeurs du Dauphin. Huque brodée à écailles. Huque brodée d'un auvent traversé de rayons d'or. Itinéraire du prince régent.
Fol. I. — Inventaire des pannonceaux et armes.
Fol. 2. — «Premier compte de Pierre Frotier,
300 Extraits [141 9 sept. 20-
premier escuyer de corps et maistre de l'escurie de très-noble et très- excellent et puissant prince Monseigneur le régent du royaulme, daulphin de Viennoys , des receptes et mises par lui faictes pour le fait de ladicte escurie , depuis le vingtiesme jour de septembre 141 9 jusqu'au dernier septembre 1420.»
Fol. 2, vo. — Recette :
De Jacques Charrier, receveur général, 4,000 livres tournois. Autres mandemens financiers. Total général de la recette, 67,678 livres tourn.
Le 28 juin 1419,1e Dauphin mande et ordonnance les dépenses suivantes pour son armement :
Deux paires de harnois (armure de corps), deux escaliennes, un Jacques, une jaquette; hai-nois pour armer un cheval ; une couverture de cheval, en drap de velours brodé; une couverture de cheval en drap de laine ; deux couvertures de cheval de bateure; douze bannières de guerre; six cottes d'armes en satin et en tiercelin ; six bannières de trompettes ; trois étendards; dix mille pannonceaux; deux grands chevaux, l'un pour porter bannière, l'autre pour pannon; six chevaux sommiers; douze chevaux de charroi, etc.; total de cette dépense, 16,900 livres.
Fol. 4 à 17. — Achat de chevaux. Ce chapitre contient des renseignemens étendus et d'un grand intérêt.
Nombre total des chevaux achetés, i ^9.
Prix total, 46,617 livres tournois.
Noms des vendeurs et prix individuels :
Jean Louvet, conseiller et chambellan du Dauphin , lui vend le 14 janvier 1420, nouveau
1420 janv. 14] DES Comptes royaux. 301
style (fol. 5, vo), deux chevaux, les deux, 750 livres tournois.
Fol. 6, v°. — Deux autres chevaux, 700 livres tournois.
Fol. II. — Cinq coursiers , 5,500 livres.
Fol. \2, \°. — Un coursier, 400 livres.
Fol. 7, v°. — Jehan Havart, écuyer du régent , lui vend un coursier 400 livres.
Fol. 7, vo. — Diego Martinus, marchand de, chevaux, du pais d'Espagne, un coursier, 600 livres. Régnier de Bouligny, un coursier, 800 livres tournois.
Fol. 9, v°. — Guillaume Bataille, un cheval <( bay brun , pié blanc derrière et marqué en la cuisse dextre» , 1 , $00 livres tournois, pour l'écurie du Dauphin •.
Un grand nombre de ces chevaux sont donnés par le Dauphin à des familiers et serviteurs. Noms de quelques-uns des donataires :
Guillaume d'Avaugour,
Vicomte de Narbonne,
Tanguy Du Chatel , prévost de Paris.
(( Le petit Pruscallet , escuyer d'honneur du dit seigneur» (le Dauphin).
Comte de Boucan (connétable).
Prégent de Coëtivy, pannetier de Monseigneur le régent.
M. de Rains (Regnauld de Chartres, archevêque de Reims).
Guillaume de Lucé , conseiller.
Jehan de Torsay, chevalier, maistre des arbalestriers de France.