Voy. ci-dessus, p. 274, KK, 47, fol. ij v
DES Comptes royaux. 295
moins célèbre sous le nom de comte de Dunois , qu'il porta plus tard; M. de Belleville (J. de Harpedenne), qui épousa Marguerite de Valois, fille de Charles VI et d'Oudine ou Odette de Champdivers. A cette catégorie appartiennent encore Jean, Louis et Guillaume d'Avaugour, les sires de Graville, de Châteaubrun-Naillac, de Trignac, deVentadour, de Montenay, G. Bataille, Pluscallet, Jean d'Aulon ; ce dernier fut page et maître d'hôtel de la Pucelle. Désignons enfin quelques autres personnages qui jouèrent un rôle historique, bien que secondaire: dans l'Église, Robert de Rouvres, Guillaume et Thibaut de Lucé , évêques de Seez, de Maguelonne et de Maillesais; Gérard Machet, confesseur du iioi et évêque de Castres; Régnier de Bouligny, trésorier, témoin et confident obligé des extrémités d'indigence par lesquelles dut passer le roi de Bourges; Jametdu Tillay, qui,par un propos amer et malséant , fut accusé d'avoir fait mourir Marguerite d'Ecosse, la sensible, romanesque et touchante compagne du dauphin Louis ; R.egnauld Thierry, chirurgien de Charles VII (prince trèsdévot envers la médecine); Alain Chartier, le poëte célèbre , etc., etc.
Le dauphin Charles, il s'en faut , n'étoit point encore arrivé à cette misère qui plus tard éprouva si cruellement et servit à retremper, à régénérer Charles VII. Des détails nombreux et circonstanciés nous montrent au contraire le luxe de ses habillemens de ville et de ses équipages de guerre. Ses huques à affiquets, ses habits de noces et de fête, rappellent encore les modes extravagantes de Charles VI et dénotent les goûts
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du jeune Dauphin. Son équipage de guerre étoit aussi du luxe ; car, comme dit Fénin, à cette époque , « il ne s'armoit mie volentiers et n'avoit point chier la guerre s'il eust pu s'en passer.» Les couleurs du Dauphin, qui représentoit la cause nationale, sont encore aujourd'hui (depuis 1 789) > les couleurs de la nation. Dès l'époque de Charles V, la devise ou livrée du roi de France étoit tricolore. Charles V, comme on sait, fit faire pour son usage et sous ses yeux une nouvelle rédaction ou édition manuscrite des grandes chroniques de France ou chroniques de Saint-Denis. Sur l'exemplaire royal qui nous a été conservé, chacune des nombreuses vignettes ou miniatures qui décorent l'ouvrage ^ est entourée de la bordure tricolore, rouge, blanc et bleu, à la devise du roi. Charles VI, à son tour, eut aussi la livrée de son père; mais il joignit au blanc et au rouge le vert et le noir. On a vu ci-dessus ? qu'en 1408 la devise du roi étoit blanc, bleu rouge et noir. La reine Isabelle en usa semblablement. Le manuscrit Harléien n° 64^1 du Briîish Muséum contient les œuvres de Christine de Pisan écrites vers cette même date, c'est-àdire de 1 40 1 à 1 40 5 environ , et offertes par l'auteur à la reine. La vignette de dédicace, peinte avec beaucoup de luxe et de talent, est encadrée d'une bordure à la devise de la reine Isabelle. Cette bordure est componée de trois couleurs :
1 . Sauf l'intervalle du drapeau blanc de la restauration. Voy. ci-après, p. 303, KK , J3, fol. 20 v° et suiv., et p. 313, fol. 161.