‹ Chronique de Charles VII, roi de France (volume 3)Chapitre 24 sur 229 · Aliûs Lauredeuf, et mieux Lauredan (Buchon · texte numérisé non relu

Aliûs Lauredeuf, et mieux Lauredan (Buchon

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â quarante ' mille ducas ; car en cette galée s'est sauvé environ vingt mille ducats. Les Genevois y ont fait perte grande et comme infmie; les Florentins, de vingt mille ducats ; ceux de la marque ou marche d'Ancône,,de plus de vingt mille ducats. Ancône est la meilleure cité de la marque d'Ancône.

On treuve ceux qui ont conversé avec le Turc et qui ont congneu ses faicts, ses conditions, sa conduite et sa puissance, et rapportent qu'il estoit lors de l'âge de vingt-trois à vingt-quatre ans, cruel plus que Noyron 2, soi délictant en respandant sang humain; courageux et ardant seigneur, convoicte triompher tout le monde, voire plus qu'Alixandre, ne César, ne aultre's vaillans hommes qui ayent jamais esté; et disent là-dessus qu'il avoit plus grande seigneurie et puissance qu'aucun d'eulx eût jamais eu ; que toujours il se faisoit lire histoires devant luy, et demande où et comment se sont passées les choses, soit par mer, soit par terre; et tient que légière et bien aisée chose luy seroit défaire un pont durant depuis Megara (Zara) jusques à Venise, pour là pouvoir passer ses gens d'armes. Pareillement il demande, touchant la ville de Rome, où elle est assize, et aussi du duc de Milan, et de ses vaillances, et ne parle d'aultre chose fors que de guerre , et dit qu'il veult fixer son siège et faire sa demeure à Constantinoble , car là il peut et veut faire merveilleux apprest de navires : ainsi estime-il qu'il ne sera aucun ne

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