Ou Glauris
4. En 1449, trois Écossois viennent à Saint-Denis porter un témoignage analogue à celui de ces trois Hongrois ( voy, ci-dessus chapitre 178, à la fin). Ainsi l'autorité des grandes chroniques de Saint- Denis ne s'étendoit pas seulement à la France, L'on invoquoit et l'on reconnoissoit l'authenticité de ce recueil historique à l'autre extrémité de l'Europe ou de la chrétienté. Nous voyons ailleurs (chapitre 213 cidessus, tome 2, page 182) l'historiographe de France, assermenté lui-même, examiner et interroger des témoins as-
Évangiles de Dieu, et sur le vœu de prestrise, par vénérables et ecclésiastiques personnes, Messire Jean Valate ou Valète, prestre, Messire Patoix ou Patrice Tourvalle ou Tournalle, aussi prestre, et André Valète, homme pur laïc, tous trois estans du diocèse de Dimblaim , en Achaye '. Et fut navré le susdit chevalier blanc d'une lance très-griefvement en la dernière bataille , tant que la nécessité le contraignit de soy retraire en la cité d'Auguste sus-mentionnée, en laquelle il alla de vie à trespas. Dieu luy face mercy à l'âme.
Pareillement fut fort blessé le Turc, lequel se retrahit en la ville de Constantinoble, où il fut très fort malade durant certain temps. Or les dessus-nommez estans interrogez de moy croniqueur, après le serment que dit est , comment ils sçavoient les choses sus-mentionnées estre vrayes , déposèrent qu'ils avoient esté présens, et assisté personnellement en toutes ces batailles, estans en armes à combattre; mais que pour les grands périls de mort où ils avoient esté , ils s'estoient vouez à la visite de sainct Denys , et à plusieurs autres pèlerinages qu'ils avoient intencion de faire et accomplir avant que jamais ils retournassent en leur pays. Et se monstroient, comme il sembloit, bien affectionnez au faict de la chrestienté. Depuis, iceluy Turc partit de Constantinoble pour retourner en son pays.
sermentés, Voy. aussi , sur l'autorité et les attributions du chroniqueur royal , ce que rapporte Jean Chartier à propoj delà bataille de Formigny, t. 2, ch. 218, vers la fin, p. 199. I. Alias de Dinublamini en Dacie.
7p Jean Chartier. [Dec. 4-7
Du terre-mote ' qui advint ou roiaume et païs
d^ Aragon *, au moyen duquel morurent
cent mille personnes.
Oudit an mille quatre cent cinquante-six, le samedy quatriesme jour de décembre, environ sur les trois heures avant le jour, se meut soudainement un mouvement et tremblement de terre , le roy d'Arragon estant en la cité de Fogia au royaume de Naples, tel qu'il n'est homme qui le peust penser, s'il ne l'avoit veu ; jaçoit qu'en ladite cité ce tremblement n'ait pas fait si grant dommaige. Mais est bien vray que par aulcunes contrées dudit royaume, et par les lieux où ledit tremblement a esté, se sont ensuivis innombrables et irrécompensables maulx, tels et en la manière qu'il s'ensuit :
Premièrement. Est fondue et périe audit royaume une cité nommée Ariano , en laquelle sont bien morts huict mille personnes.
Item. Une autre cité nommée Padule, où demouroient trois mille personnes, qui sont tous morts, sans qu'aucun en soit eschappé.
Item. Une autre terre nommée Bocheri î, en telle manière qu'il n'est homme qui eust sceu par après dire ny juger qu'oncques audit lieu eust eu aucunes citez, villes, chasteaux ou forteresses,