Mit ses vêtemens bas et nagea
j. Boistes (mesure de capacité, comme le tonneau?). -4. i4//tf/ Lauredeuf, et mieux Lauredan (Buchon).
145 j] Chronique de Charles VII. 31
à quarante » mille ducas ; car en cette galée s'est sauvé environ vingt mille ducats. Les Genevois y ont fait perte grande et comme infinie ; les Florentins, de vingt mille ducats ; ceux de la maroue ou marche d'Ancône, de plus de vingt mille ducats. Ancône est la meilleure cité de la? marque d'Ancône.
On treuve ceux qui ont conversé avec le Turc et qui ont congneu ses faicts, ses conditions, sa conduite et sa puissance, et rapportent qu'il es^ toit lors de Page de yingt-trois à vingt-quatre ans, cruel plus que Noyron », soi délictant en respandant sang humain ; courageux et ardant seigneur, convoicte triurapher tout le monde, voire plus qu'Alixandre, ne César, ne aultres vaillans hommes qui ayent jamais esté; et disent là-dessus qu'il avoit plus grande seigneurie et puissance qu'aucun d'eulx eût jamais eu ; que toujours il se faisoit lire histoires devant luy, et demande où et comment se sont passées les choses, soit par mer, soit par terre; et tient que légière et bien aisée chose luy seroit défaire un pont durant depuis Megara (Zara) jusques à Venise, pour là pouvoir passer ses gens d'armes.
Pareillement il demande, touchant la ville de Rome, où elle est assize, et aussi du duc de Milan, et de ses vaillances, et ne parle d'aultre chose fors que de guerre , et dit qu'il veult fixer son siège et faire sa demeure à Constantinoble , car là il peut et veut faire nlérveilleux apprest de navires : ainsi estime-il qu'il ne sera aucun ne
t. Alias diiquantf.
2, Néron.
p Jean Chartier. [Mai
en mer ne sur terre, ne ainsi ne sera pays du monde qui ne luy porte les clefis à sa première démarche et approche des lieux, avant et plustôt que de l'attendre ; considérant qu'il a pris t>ar force Constantinobie, la plus forte cité de 'Europe , et si puissante qu'on n'eust jamais creu que armée, pour grande qu'elle feust, la deust surmonter, et considérant que luy et les siens sont hardis et ingénieux en armes plus qu'autres ne se peuvent estimer de leurs vies, et tant plus
Sue l'on ne peut; oultre que les Turcs ne font, ans les périls et hasards de la guerre , presque aucune estime de leurs vies.
L'on estime que pour cest estey le Turc ne fera aulcun aultre grant faict d'armes, mais en* tendra à ses faiz pour venir demourer à Constantinoble , et s'establir bien dans cette ville, si ce n'estoit qu'aucun lieu, de volonté, sans guerre, se voulust rendre. Ses gens vouldroient retourner chacun en leur maison, pour recueillir leurs biens et eulx reposer; mais on peult tenir pour certain qu'il s'apprestera merveilleusement, par mer et par terre, pour se mectre sus au temps nouveal. Mais se les chrestiens y pourvoyent prestement , on tient fermement qu'on le chassera hors du pays, et recouvrera l'en sur luy ce que parcy devant il a conauis, et tout le pays qu'il tient à tout jamais. Or la manière d'y pourvoir et d'y parvenir seroit telle :
Premièrement, ilfaudroit faire une bonne paix entre les chrestiens.
Item, fauldroit que les Vénitiens, le duc de Milan, les Florentins, et autres seieneurs d'Italye, fassent une armée de vingt mille chevaubc ,
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bien en poinct avec de bons cappitaines, laquelle ftist conduite devers Péra par l'Albanie, jusques aux censives ou frontières des chrestiens, et là $e posast en lieu fertile et habondant en vivres ; car là ils sont et seroient seurs qu'incontinent ils se trouveroient accreus et augmentez d'Albanois, Sclavons et autres nations chrestiennes , qui voulentiers viendroient pour deffendre la foy catholique.
Item y par mer, oultre l'armée sus-exprimée desjà faicte , à icelle faudroit adjoindre une aultre armée du roy d'Arragon, de Véniciens, de Genevois, de Florentins, corsaires, et aultres gens qui sont à la marine ; laquelle armée navale souffiroit à vaincre et surmonter celle du Turq, si elle n'estoit pas plus grosse qu'elle est de présent. Et laquelle devroit s'en aller et prendre sa route au port de Nigre-Pont (ou Negrepont) pour prendre Sagripoli ', et autres lieux au Turc, afin d'obvier et résister au passage de l'estroit que le Turc veut faire de Turquie en Grèce, et en tout le reste de l'Europe.
Item, fauldroitque l'Empereur, les Hongres, les Bohesmes et les Polonois, les Boasves* et autres nations d'iceluy pays, avec Jehan Waivoda, très redoubté dfes Turcs en cette partie, feissent une aultre armée , qui entrast , et qui seroit en Grèce pour prendre Andrinopoli, et autres lieux occupez des Turcs; et fauldroit tenir manière que toutes ces choses fussent toutes en ung temps èsdits lieux et eussent toutes bonne