‹ Chronique de Charles VII, roi de france (volume 5)Chapitre 153 sur 230 · Bellaguet, p · texte numérisé non relu

Bellaguet, p

2i6 Abrégé François [1419 mars-

ment et destruire la France , laquelle fut plus gastée par eulx que par les Anglois anciens ennemis'.

Et 2 ny avoit seigneur ne officier qui pult ne osast aler au contraire ; car tout passoit soubz dissimulation. Justice du tout estoit assopye, et de nul malfaicteur n'estoit faite punicion. Pourquoy se commectoient meurtres, violences , rapines, pilleries, esglises et maisons bruslées et desrobées, filles et femmes ravyes, sans ce que punicion en fust faicte aucunement. Le peuple estoit tellement troublé que non seulement les nobles et gens de guerre se mectoient en armes, mais aussi les marchands , laboureurs et gens mécaniques des villes parmy le royaulme prenoient armes et guerroyoient l'un l'autre, et s'entrappeloient les ungs traîtres bourguignons et les autres traîtres armygnacz , voyre l'un voysin l'autre ; et en toute manière que l'on pouroit dire se injurioient. Par quoy estoient faiz maulx innumérables, dont tellement fut la chose publique délaissée, que la très-noble et sacrée couronne de France eust été du tout effacée et mise en obly par ses domestiques et qu'elle avoit de soy nourrys, et aussi par les estrangiers et ennemis, se Dieu, par sa miséricorde, n'en eust eu compassion. Et pour encliner à pitié sa majesté divine, chacune sepmaine se faisoient parmy le royaume générales processions, avec oraisons et prières, par plusieurs gens d'esglise et autres bons catholiques. Lesquelles afflictions durèrent sur les

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