‹ Chronique de Charles VII, roi de france (volume 5)Chapitre 179 sur 230 · Bellaguet, p · texte numérisé non relu

Bellaguet, p

244 Abrégé François (1420, de mai

Bourguignons, ordonnèrent assiéger la cité et ville de Sens, obéissant à Monseigneur le Daulphin , en laquelle avoit garnison de ses gens d'armes, qu'ils appeloient les Armagnacz. Mais premièrement qu'ils la assiégeassent, ilz envoyèrent sommer et requérir ceulx de dedens de rendre au roy et à eulx ladite cité et ville [ce qu'ils ne voulurent pas faire de prime face. Mais pour ce qu'ils ne se sentoyent pas souffisans pour résister, si eurent conseil iceulx souldoyers ensemble avec les principaulx bourgoys et habitans de la ville pour demander aide à Monseigneur le Daulphin et aux autres gens d'armes ses adhérens des places voysines. Mais nul ne les vint sescourir. Pourquoy iceulx bourgoys, qui #voient affection aux Bourguignons, n'en furent point contens, disans qu'ils n'avoient pas vivres pour les soustenir; pourquoy ils conclurent et disdrent aux gens d'armes qu'ils vouloient obéir au mandement du roy, et que, se le roy Henry et le duc de Bourgogne venoient, ils leur ouvriroient les portes.

Quand le roy d'Angleterre et le duc de Bourgogne furent près avec leur armée , les gens d'armes de dedens, voyant la voulenté des bourgoys et puissance des adversaires , requisdrent eulx en aler avec leurs harnoys , chevaulx et autres meubles ; ce que leur fut octroyé, par ainsi qu'ils promisdrent non plus leur mener guerre, ne faire nuysance aux gens du roy. Mais quant ils furent sur les champs, ils furent comme ils avoient accoustumé , et s'en alèrent avec leurs compaignons pour mener guerre dedens la ville et chastel de Monstereul-fault-Yonne , et les

à juillet.) DES GRANDES CHRONIQUES. 245

advisèrent de se fortiffier, car en bref ilz seroient assiégez des Anglois et Bourguignons, pourquoy ils les venoyent sescourir et aider jousques à la mort '.]

Et puis assiégèrent Monstereau-fault-Yonne 2,

dedens lequel estoit cappitaine ', avec

pluseurs souldoyers et gens d'armes de Monseigneur le Daulphin. Lesquels furent asprement assiégez et assaillis des adversaires, mais nonobstant lesquels ils firent pluseurs saillies et escarmouches. Toutesfois en la fm, voyans qu'ils ne povoient avoir sescours plus grand , ilz rendirent la place par composition, et s'en alèrent où bon leur sembla avec leurs biens et bagues sauves 4.

Et puis 5 le roy d'Angleterre mist grosse: garnison devant Monstereau, et puys s'en retourna à Paris avec le duc de Bourgogne. Lesquels assemblèrent grande armée de quarante ou cinquante mille combatans pour assiéger Melun, viller oyale moult belle, à dix lieues près Paris, sur Seine. Duquel siège ils menèrent le roy, qu'ils tenoient en leurs mains et gouvernoient à leur plaisir, et aussi le roy d'Escoce 6, que le roy d'Angleterre tenoit prisonnier, et Artus, frère du duc de Bretaigne, que le roy d'Angleterre avoit eslargy par appointemens entre eulx. Aussi

1. Bellaguet, p. 445. — Ici le manuscrit est rayé d'une barre qui passe en diagonale sur toutes les lignes comprises ci-dessus entre les deux crochets.

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