Godefroy.) Alias Grensy et Greusy
145 j] Chronique de Charles VII. j
cent manouvriers, qui, par l'ordonnance dudit trésorier de France et de son frère, firent hastivement bien clorre ung champ de fossez, dans lequel camp estoit renfermée toute ladite artillerie. Adonc ils posèrent et misdrent le siège devant ledit lieu de Castillon. Laquelle chose estant venue à la cognoissance dudit sire de Talbot , se partit incontinent et en grand haste de Bourdeaulx, accompaigné de huict cents à mil combatans anglois, à cheval. Entre lesquels estoit son fils, le seigneur de l'Isle , le sire de Molins ', et plusieurs aultres des plus vaillans du royaume d'Angleterre, tant seigneurs, cheva* liers, que escuyers, et aussi du pais de Bourdelois. Et après luy venoient de quatre à cinq mille Anglois a pié.
Et arriva devant ledit siège le susdit Talbot et sa compaignie, le mercredy dix-septiesme jour de juillet 2, environ le poinct du jour. Et quant les François sceurent la venue dudit Talbot , se retrahirent audit camp, qui estoit bien fermé de fossez, comme il vient d'estre dit. Et trouva iceîuy Talbot en son chemin aulcuns francs-archiers françois qui n'estoient pas encores retrais et sauvez ou dit champ; car ils estoient à pé, et n'avoient peu assez diligemment le gaigner. Lesdits Anglois frappèrent fort et ferme sur eulx, et en tuèrent cent à six vingts de ceux qui ne se peurent pas retirer assez à temps en ce camp. Alors commencèrent les François fort à tirer et courir pour le gaigner,