‹ Chronique de Charles VII, roi de FranceChapitre 145 sur 235 · Chapitre · texte numérisé non relu

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Comment aulcuns Anglois furent desconfis près d'Argenten en Normendie, et aultres incidences.

L'an dessus dit , se partirent du chasteau de Saint-Célerin , dont dessus est faicte mencion, trente hommes de guerre ou environ, tant d'ommes d'armes que d'archiers, pour aller quérir ou cercher leur adventure sur les Angloiz vers Argenten. Entre lesquelz estoient Ambrois de Foullay, Dreux de Rosay, Collin de Note , Pierre Auoery, Julien Chevreau , Guillaume d'Avrilly, Guillot Menait, Gaultier de la Poste et autres François , jucques au nombre dessus dit. Si vindrent repaistre en ung village , en la parroisse de Renne , environ deux lieues dudit Argenten, et advint que le mareschal dudit lieu, Angloiz, avec autres trente Angloiz ou environ et sa compaignie, vindrent sur iceulx François. Et sitost que lesdits François apperceurent iceulx Angloiz , saillirent hastivement hors des maisons où îlz repaissoient et coururent sus aux Angloiz, qui estoient tous à cheval lesquelz Angloiz se

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reculèrent bien environ le trait d'une arbaleste.

Et les François, cuidans que les Angloiz s'en allassent , retournèrent hastivement à leurs logis et montèrent sur leurs chevaulx et poursuivirent iceulx Angloiz. Et sitost que les Angloiz les virent venir, dessendirent à pié , le dos contre une haye, pour illec combatre et actendre les François. Lescjuelz François , quant ilz aperceurent les Angloiz descendez à pié, dessendirent semblablement et vindrent à pié combatre les Angloiz. Et avant que iceulx Angloiz peussent joindre avec les François , y ot ung François mort d'une flèche parmy la eorge. Et vindrent pour combatre main à main d'un costé et d'autre, et se tenoient serrez d'une part et d'autre , aucuneffoiz estoient meslez les ungtz parmy les autres , tellement cjue on ne savoit qui estoit François ou Angloiz. Et après se retirèrent les François d'une part et les Angloiz d'autre. Et souvent s'entrefaisoient perdre leur place , et si longuement se combatirent qui leur convint eulx plussieurs foiz reposer les ungtz devant les autres, et furent toutes leurs lances rompues en combatant, fors une qui estoit aux François, laquelle estoit moult forte et grosse , et la s'entre ostèrent par quatre ou cinq foiz.

Et disoit-on que ceulx cjui povoient avoir celle lance avoient l'avantaige sur les autres. Et par le rapport de plussieurs gens du pays qui les regardoient eulx combatre , ils combatirent plus d'une heure, et au desrenier s'entre*

[>rindrent 0 les pointz et combatirent avecques eurs dagues. Et y otfait ce jour par iceulx An-

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gloiz et François de bien grans vaillances. Et finablement furent les Angloiz desconfilz et en mourut neuf en la place , entre lesquelz fut mort ledit mareschal ; les aucuns forent prisonniers et les autres s'en allèrent. Et des François furent mors lesdit Ambroise de Froullay, Dreux de Rosayet Gaultier de la Poste. Et n'y otoncques Angloiz ne François qui ne fust merveilleusement navré ou blécé, n'estoient point de ung ou de deux plus d'un costé que d'autre. Et disoit-on au pays que oncques ne ouyrent parler que pour tel nombre de gens qu'ilz estoient eussent plus vaillanment combatu.

Jo ustes à oultrance des Angloiz et François.

Environ ce temps oult un gaige de bataille à oultrance entre Robin de Malaunay , François, natif du Maine, et Guillaume Regnault, Angloiz, à Mayenne-la-Juhez , ou dit pays du Maine , et fut desconfit ledit Angloiz par ledit François. Et estoient juges d'icelui gaige de bataille le baron de Coulomces et Messire Ambrois, sire de Loré. Item, ung pou après se combatirent à oultrance à Sablé, ou pays du Maine, Hervé de Carcadieu, du pays de Bretaigne, et Thonmas Mathieu, Angloiz, devant

et tut ledit de Carcadieu desconfilt par ledit Mathieu.

Item , en ce temps ensuyvant, se combatirent à oultrance à Chasteau-Gontier, en pays d'An-

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