‹ Chronique de Charles VII, roi de FranceChapitre 164 sur 235 · A l'envi , in contentions · texte numérisé non relu

A l'envi , in contentions

Jean Chartier.

entreprinse par Messire André seigneur de Lohéac, le sire de Laval , et Messire Ambrois sire de Loré, tiltré comme dessus, d'entrer en icelle abbaye par nuyt sur iceulx Angloiz. Lesquelz chevalliers françois, à bien de sept à huit cens combatans, entrèrent en une partie d'icelle abbaye environ le point du jour, et y furent mors et prins de environ de huit vingtz à deux cens Angloiz , et ne peurent entrer sur les autres plus avant. Et se combatirent ensemble iceulx François et Angloiz à une porte et en plussieurs autres lieux d'icelle abbaye bien par l'espace de quatre heures. Et y ot fait plussieurs grans vaillances d'une part et d'autre. Et finalement demourèrent le surplus desdits Angloiz en ladite abbaye , et les Françoiz se retirèrent ès faulxbourg de Fougières.

Et bien pou après se deslogea ledit Venables et sa compaignie de ladite abbaye de Savygny, et.se mist à tirer les champs ès marches de Normendie et du Maine. Et fut rapporté audit sire de Lohéac et de Loré que ledit Venables estoit iogié en ung village nommé Lazay, pourquoy se partirent hastivement de la ville de Laval, et estoient en leur compaignie messire Pierre le Porc , Messire Pierre de Bertenville ou Vertenville, cappitaine de Chasteau-Gontier, et autres,

et chevauchèrent sans séjourner droit audit village de Lazay, cuidant y trouver ledit Venables et sa compaignie en leurs logis; et quant ilz furent environ deux lieues près d'icellui village, rencontrèrent ledit Venables sur les champs. Et comme les Angloiz se cuidoient mettre en ordonnance pour combatre , les François férirent tel-

nombre de six à sept cens combatans,

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lement que îceulx Angloiz furent desconfilz , et y en ot que deux à trois cens que de mors que de prins. Et ainssi lesdits de Lohéac et de Loré s'en retournèrent avec leur prinse audit Jieu de Laval. Et eschappa ledit Venables d'icelle rencontre, combien qu'il fust depuis prins par les Anglois mesmes, lesquelz, pour aucunes désobéissances qu'il avoit faictes ou autre cas desplaisant ausdits Angloiz, lui firent trancher la teste, et principallement par envye , pour ce qu'ilz le véoient grant entrepreneur en la conduite de la guerre.

Et en ce mesme temps commencèrent plussieurs guerres , tribulations et pilleries plus qu'il n'avoit esté par avant entre lesditz François et Angloiz , principallement en l'Isle de France.

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