Épidémie. Voy. Journal de Paris (éd. Panthéon, p
i4?8] Chronique de Charles VII. 247
gaiges. Et tant que presque tout le plat pays estoit inhabité et destruit , et les gens de ladite ville de Paris presque tous désespérés. Et plussieurs foiz venoient les povres gens en grant nombre ausquelz estoient ledit bestail et voitures ou autres, que lesdites gens des garnisons françoises en avoient emmenez, eulx plaindre audit prévost , lequel n'y povoit pas bonnement mettre remède.
Et s'asembloient souvent iceulx présidens de parlement et de la chambre des comptes, et ledit provost , pour cuider à ce pourveoir, et mesm ement à la délivrance de ce qui estoit prins appartenans à ceulx de Paris. Et trouvoient tousjours aucun remède, par argent plus que par autre manière. Et n'avoit à Paris pour lors nulz gens de guerre, pourquoy on ne povoit résister contre eulx. Et furent les dessusdits pour ceste chose en grant paine et travail , car ilz ne savoient à qui avoir secours.
Et pour lors avoit ès environs de Paris tant de loups que c'estoit merveilles, lesquelz mengeoient les gens, et plussieurs foiz en vint jucques dedens ladite ville de Paris, qui estranglèrent et mengèrent plussieurs personnes, et que on doubtoit fort à aller de nuy t ès rues foraines 1 , et estranglèrent au plat pays en icellui temps de soixante à quatre vingts personnes. Et pour obvier aux inconvéniens et meurdres que faisoient lesdits loups , fut ordonné que on s'asembleroit pour chasser et prendre iceulx loups. Et desquelz on print plussieurs, et en avoit-on pour