Elle entra dans Orléans le
2. Nous mettons ici cinq croix, encore bien qu'aucun texte manuscrit ou imprimé de Jean Chartier ne fournisse cette leçon. Les motifs qui nous ont ainsi porté à corriger l'auteur lui-même résultent de l'exposé qui va suivre. On trouve
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dée , en luy demandant par le roy se elle avoit oncques esté audit lieu , comment elle savoit ladite espée estre telle , et comment elle y avoit esté apportée. A quoy respondit que oncquez n'avoit esté ne entré en l'église de ladite Saincte Katherine, mais bien savoit que icelle espée y estoit entre plussieurs vieilles ferrailles , comme elle le sçavoit par révélacion divine, et que par le moien d'icelle espée devoit expeller les ennemis du royaulme de France, et mener le roy enoindre et couronner en la ville de Rains. Après lesquelles parolles ainssy exposées par ladite Jehanne , par le congié et mission du roy l'un de sesdits armeuriers ala audit lieu , et véritablement trouva ladite espée et l'aporta à ladite Jehanne; qui
dans le texte des diverses éditions de la chronique, savoir : Mss. 8jfo, 9679, 2, a, et Saint-Germain françois IJ40 : cinq petites espies ; mss. 8298, Saint-Germain françois 1 $ 39 et Arsenal, 160, ainsi que les imprimés de 1477, 149^ , M 18, 1661 : cinq fleurs de lis. Mais, d'un autre côté, la Geste des nobles françois , par Guillaume Cousinot, le chancelier (mss. 10297 et 9656 ), la Chronique de la Pucelle, par Cousinot de Montreuil, dans Godefroy, p. 507, le Journal du siège, dans Quicherat, procès, etc., p. 129, donnent, au passage correspondant : cinq croix. Cette leçon est évidemment la bonne, et ce qui doit fixer la controverse, c'est le témoignage direct, sur ce point, de la Pucelle. « Interrogée comment elle savoit que cette épée étoit en ce lieu, a répondu... qu'il y avoit dessus cinq croix, et qu'elle le savoit par ses voix. » (Procès de condamnation, t. 1, p. 76 et 236.) Cette particularité offre un nouvel argument ou un nouvel appui en faveur de la thèse que j'ai développée dans ma dissertation intitulée : Essais critiques sur les historiens, etc. Chronique de Cousinot. Paris, 1 8 $7, in-8°. Jean Chartier, qui, après 1437, travailloit sur des textes communiqués, a évidemment ici altéré le texte , lui ou ses copistes , et cette altération, comme on voit, porte tantôt cinq fleurs de lys et tantôt cinq petites épies.
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estoit chose bien merveilleuse. De laquelle elle a milité et mené guerre ausditz ennemis du roy moult vaillanment, et par son entreprinse et nouveau commencement a avitaillé , avec les dessus nommez , ladite ville comme dit est.
Et quant lesdits sires de Raiz et de Loiré furent arrivez à Blois , ils trouvèrent ledit chancelier de France, et adonc tindrent conseil de rechief savoir ce que on avoit affaire et estoient
[>resque tous ceulx de la compaignie en vouenté de retourner audit lieu d'Orléans pour y faire et besongner chacun ce qu'il pourroit au bien du roy et d'icelle ville. Et, en parlant d'icelle matière, survint le bastard d'Orléans, lequel parla ausditz chancellier et cappitaines, en leur requérant et priant que on feist à l'ayde et secours d'icelle ville du mieulx com pourroit , et que se icelle compaignie s'en retournoit, que icelle ville estoit en voye de perdicion , et tantost fust conclud de retourner et de mener de rechief des vivres à puissance , et que on yroit par le costé de la Beausse, où estoit la puissance des Angloiz en la grant bastille dont dessus est faite mencion. Et avoient fait difficulté d'i aller à l'autre fois , que on y ala par la Souloigne avecques ladite Jehanne la Pucelle, où estoit trois toiz plus de gens que on n'estoit à aller par la .Beauce.
Jean Chartier.
[Mai