RÉSUMÉ
des propositions émises sur l'origine de Colmar.
On a cherché l'origine de la ville dans Félymologie de son nom.
A l'endroit le plus élevé de la ville, c'est-à-dire là où est le lycée, il y aurait eu aux premiers temps de la domination romaine dans les Gaules , un temple dédié au dieu Mars; d'où le nom de Collis Martis^ et , par tranformations successives , Colmar.
On a été plus loin sur le domaine de la fable : l'Hercule grec, dans ses pérégrinations aventureuses et le cours de ses fabuleux travaux, aurait passé sur la colline, y aurait rencontré une nouvelle Omphale, aux pieds de laquelle il aurait déposé sa massue pour saisir le fuseau. De là la massue dans les armes de Colmar.
Quelques-uns ont supposé que le nom de Colmar dérive de Collis Marii^ tiré du nom de Marins, évoque de Lausanne, qui bâtit, en 595, sur ses biens propres le village et l'égUse de Payerne, changée, en 962, en abbaye, à laquelle St. -Pierre, berceau de Colmar, fut donné par Berthe, reine de Bourgogne.
D'autrea avancent que le territoire de Colmar aurait été une forêt vigoureuse où l'on aurait fabriqué et vendu du charbon de bois; d'où Kohle (charbon) et Markt (marché), et par contraction Kolmar.
D'autres encore pensent que le nom lui vient des t ramiers qui peuplaient les forêts du territoire et plus
f)robablement du colombier de la maison du roi, la coombe étant l'attribut de la puissance que la féodalité a emprunté au naïf symbole des premiers âges. >
Une opinion plus récente /mais qui ne s'est pas encore produite, trouve l'origine de Colmar dans une nouvelle interprétation du nom de Columbarium que lui donnent un assez grand nombre de chartes. Ce mot signifie aussi une nécropole où des niches étaient creusées pour recevoir les urnes funéraires. Un cimetière gaulois aurait donc existé là où est Colmar et lui aurait transmis son nom : Columbarium.
Toutes ces thèses s'appuient sur les variations d'ortographe qui caractérisent la dénomination de Colmar dans les titres que l'on a consultés pour écrire son histoire. On y trouve en effet: Columba, Columbra, Columbaria^ Columbarium, Choliimpurum , Cholumbare, Cholambur, Colobur, Colmir, Colmere, Kolmere, d'autres variantes encore et enfin Colmar.
Le domaine aux hypothèses est vaste. Nous ne devons signaler aucun des efforts ingénieux que l'on a faits pour justifier l'une ou l'autre des opinions que nous avons indiquées. Cette chronique enregistre, elle ne discute pas.
D'un autre côté Beatus Rhenanus suppose qu'une famille noble de Colmaringen aurait donné son nom à Colmar qui se serait aussi appelé autrefois Colmaringia. Schœpflin repousse cette allégation parce que Rhenanus ne l'appuie d'aucune preuve.
Enfin, Rhenanus, Sébastien Munster, Irenicus,Petrus Bertius, Knipschild, Lymnaeus, Baudrand, Lamartinière, Pigagniol de la Force, Merian, Bleau et d'autres plus modernes qui se sont réciproquement copiés, prétendent que Colmar sortit des ruines d'Argentouaria
(Horbourg), détruit au v^ siècle par les invasions germaines (406-445). C'est donc de la dernière moitié du ye siècle que daterait l'existence de Colmar.
Schœpflin et Grandidier n'admettent pas que Colmar soit sorti des ruines d'Argentouaria. Ils pensent que c'est aux Francs qu'il faut faire remonter cette origine, c'est -à - dire au commencement du vie siècle, si l'on adopte l'époque la plus reculée et dans tous les cas avant la seconde moitié du viii^ siècle, puisqu'à la période carolingienne Colmar était déjà connu sous le nom de villa regia.
Voilà, en peu de mots, tout ce qu'il importe de retenir de ce qui a été avancé relativement à l'origine de Colmar.
J. LiBLIN.