PREMIÈRE PARTIE
An 58 de l'ère chrétiexme.
Lucius Vêtus, pi^fet de la Germanie première, forme le projet de joindre le Rhône et la Saône au Rhin, par le Doubs et YIIL Ce pWn fut contrarié par la jalousie d'iElius Gracilis, préfet romain de la Belgique. Si ce projet se fût réalisé, Colmar aurait pu devenir une place de commerce importante, par où les marchandises des contrées voisines de la Bourgogne, de la Lorraine, de la Suisse, ainsi que du midi de la France, de l'Espagne et de l'Ilalie seraiegt arrivées au Rhin. — Schœpflin, Alsatia illustrata, tom. 7, pag. 207; traduction Ravenez.
Toutes les fois que nous ferons des emprunts à Ylllustraia, c'est à cette traduction qu'il faut se référer.
Les Gaulois avaient un penchant excessif pour le vin. Ne cultivant point la vigne, ils le tiraient d'Italie. Cependant les •Séquaniens en faisaient dans leur pays ; il avak un goût de
poix dont on faisait alors le plus grand cas. Domitien publie UD édit en vertu duquel toutes les vignes des Gaules furent arrachées. — Grandidier, Histoire d'Alsace, tom, I, pag. 38. Le territoire de Colmar faisait partie de la Séquanie. Mais le vin dont il est question semble ne concerner que les vins de Bourgogne. Il n'y avait donc pas de vigne sur le territoire de Colmar à celte époque.
L'Alsace ne commença à avoir des vignes que vers la fin du troisième siècle. L'édit de Domitien est abrogé par Probus qui rend aux Gaulois la liberté de replanter des vignes. C'est à lui que l'on doit attribuer l'existence des vins d'Alsace. — Grandidier, op. cit. page 38-39,
Constance Chlore accorde aux Leutes allemands des terres de l'Etat dans les Gaules et sur les bords du Rhin. — Félix Blanc, essai historiqm sur le colonat gallo-romain, pag. 67.
Le territoire de Colmar, protégé par le castrum d'Argentouaria, était une terre de l'Etat.
— Les Leutes ne^ont autres que les Thuringiens, voisins des Saxons qui les avaient réduits à la plus dure servitude. Ibidem, pag. 45.
— Un grand nombrede Leutes ou Thuringiens ayant obtenu des empereurs romains des terres, sur les bords du Rhin, ils occupèrent vraisemblablement la Haute -Alsace jusqu'à la rivière qui formait la limite desRauraques, la Thiir, à laquelle ils donnè^nt leur nom, ainsi qu'à Thuringheim (Turckheim) où ils étaient établis en nombre.
— Lorsque la Dynastie mérovingienne régnait sur la France, les habitante de l'Alsace étaient distingués de ceux du Sund-
gm(,, aujourd'hui encore séparé du reste de la province par la rivière de la Thur. — Schœpflin, op. cit., iom. L pag. 23.
— Les terres de llEtat accordées aux Leutes (Thuringiens), sont affranchies de toute imposition. Ils en prennent possession en qualité de simples usufruitiers , à charge de fournir des recrues aux armées romaines et de défendre le sol qui leur est confié, — Félix Blanc, op. cit., pag. 67.
Les Lentiens apparaissent, au nombre de 4O5OOO5 dans la plaine de Colmar-Horbourg. Ils sont battus par les troupes romaines, sous le commandement de l'empereur Gratien. Il paraît que la bataille eut lieu au mois de Mai. Argentouaria (Horbourg) était déjà une ville très-florissante. — Laguille, Histoire d'Alsace, tom. I, pag. Si et Duvernois, EphémérideSy introduction, pag. XVI.
Après l'invasion des Barbares, les Thuringiens (Leutes) établis dans la plaine de Colmar, jusqu'aux Vosges et la Thur, sont réduits à prendre rang dans la classe des colons proprement dits; mais les conditions qui leur sont faites sont plus douces que celles imposées aux anciens colons Gallo-romains et aux colons Francs, nouveaux- venus. Ils occupent les manses lidiles et leurs femmes sont tenues de fabriquer, pour l'habillement de leurs maîtres, certains tissus, des pièces de toile, camsiles et des pièces de serge, sarciles. — Félix Blanc, op. cit., pag. 60.
— Parmi les redevances que les colons payaient à leurs maîtres, chez les Francs, figure la dîme du fer. — Ibidem, pag. 59.
— On Ut la même chose, mais pour des époques posté-
rieures, dans TAlsace illustrée de Schœpflin, savoir : pour la fabrication des étoffes, tom, III, pag. 413; pour la dîme du fer, tom. IV, pag, 43.
Sous la domination romaine, le futur Oberhoff, le futur prieuré de St.-Pierre, le berceau de CoUnar était vraisemblablement une colonie Thuringienne établie, comme Thuringheim, sous la protection du castrum d'Argentouaria^ sur une terre létique comprise, à l'époque où nous sommes arrivée, c'est-àdire sous les barbares, dans la Marca Colmnbaria. Peu après, cet établissement est converti en un manse lidile juxta-posé à une villa regia qui, par ce fait, devient le siège principal, la capitale du Fisc royal substitué à la Marche barbare. Les femmes des colons viennent y fabriquer les vêtements du maître et fondent le fameux gynécée qui, sur une annotation du moine de St.-Gal, a fourni à Schœpflin, Als, illust,, tom. III, pag. 413-415^ le sujet d'une savante démonstration de l'origine peu honorable qu'il attribue à Colmar, bien que, à la fin du chapitre, il se défende d'y croire dans le sens d'une maison de mœurs dissolues.
Le Gynécée n'est pas l'origine de Colmar ; il n'est qu'une phase temporaire imprimée par la barbarie à l'établissement colonger qui préexistait.
Il existe, près du lieu où était le Gynécée barbare, un canton de terres arables qui porte de nos jours encore le nom, barbare aussi, de Huebe. On a trouvé là quatre masses de fer, forgées à doubles pyramides quadrangulaires; elles sont déposées au musée d'archéologie, à côté de quatorze autres masses de môme calibre, dont douze proviennent du territoire de Biesheim et deux de celui de Hadstatt. L'explication que l'on en donne n'est pas soutenable. De semblables découvertes ont été faites en Suisse ; elles ont beaucoup exercé la sagacité des archéologues de ce pays. M. Aug. Quiquerez,
ingénieur des mines, qui s'est laborieusement occupé de la sidérurgie du Jura Bguois n'admet pas leurs conclusions : il pense que ces masses de fer sont la forme sous laquelle les produits des nombreux fournaux celtiques et gallo-romains qu'il a découverts aux sommets des montagnes du Jura, sur leurs flancs et à leurs pieds en Alsace, se répandaient dans le pays. — De Vdge de fer, recherches sur les anciennes forges^
Il nous paraît plus naturel d'admettre que les masses découvertes à Colmar et les environs sont la dîme que les colons payaient aux maîtres des colonges. Comme celles de la Suisse, ces masses pèsent de 10 à 15 livres.
n y avait en Alsace, outre des places fortes, des châteaux de plaisance et des fermes royales ; à Colmar et à Marlenheim où Childeric II. résida. — Aufschlager, tom. /, pag. 102.
Colmar, construit avec les ruines de la vieille cité (Argentouaria), était déjà connu au temps de Charlemagne ; . . . mais Colmar ne fit jamais partie du Comté de Horbourg qui fut érigé sur les ruines du vieil Argentotmria. — Schœpflin, op. cit., tom. /, page 491,
— Charlemagne, dans ses pèlerinages armés de l'Elbe aux Pyrénées, dut visiter sa villa Columbaria. — Dillemann, annuaire de 183S, pag. 364. *
— Notker-le-Bègue, moine de St. -Gai, fait mention du courage et de la fidélité de deux enfants naturels, degenilio Columbrensi procreati, nés au Gynécée de Colmar, qui se distinguèrent dans les guerres de Charlemagne. — De Bellis CaroH magniy apud Canisium^ tom. II, part. 3, pag. 73.
— Le capitulairp de Villis regiis porte : i Que Ton donne à
c faire dans nos gynécées, suivant leg saisons, comme le
« veulent les règlements, les étoffes de lin, de laine, les
« waides, les étoffes de laine teintes en rouge, des peignes à
t carder, des lames de métal, de la serrurerie, du savon, des
« onguents, des petits vases et autres objets nécessaires. • Un
autre capitulaire porte : « Que nos femmes, qui sont employées
« à notre service, reçoivent de nos propriétés le lin et la laine
a et qu'elles en fassent des vôteçients de laine et de lin,
« faciant camsilos et sarcilos. » — SchœpfliUy op. cit., tom. IIL
pag, 413,
Louis-le Débonnaire, cédant aux sollicitations de Gothafrid, du monastère de Munster, donne et le revôt du sceau de sa bague, un diplôme, daté de la veille des Ides de Juin, par lequel il dispose, au profit dudit monastère, d'une partie de la forêt qui lui est contiguë et qui appartient au fisc de Colmar. « Quae ad fiscum nostrum nomine Columbarium perlinere videtur. » — Laguilky hist. d'Als., preuves, pag, 44, et D. Bouquet, tom. VI, pag. 534.
— Louis-le-Débonnaire donne au même abbé rfe Munster des dîmes autour de Colmar. Pour en opérer la perception, l'abbé fit construire une maison où quelques moines logeaient. On appela cette maison Cour de Munster. Une chapelle fut aussi immédiatement bâtie pour l'usage des moines. Ce fut l'origine de l'église St.-Martin et du droit qu'avait l'abbé de Munster de nommer le curé de Colmar. — HUnkler, Geschichte der Stadt Colmar, pag. 163.
Hunckler ne dit pas à quelle source il a puisé ces détails si précis. Nous n'avons rien découvert qui nous permette de suppléer cette omission. — Cependant nous trouvons les mêmes détails dans une notice sur l'église de St.-Martin qui a paru
m im. Toutefois, le pasteur Billing, qui a écrit cette notice, ne présente ces détails que comme des probabilités historiques, ne pouvant d'ailleurs s'appuyer sur aucuns titres connus jusque-là. On peut donc penser qye ce qui n'était que probabistés en 1777 dans l'esprit du premier historiographe de Saint- Martin, a passé comme faits prouvés sous la plume du chanoine Hunkler. — Voy. Patriotische-Elsasser. 1 Theil, pag, 367, Num. XXII, du 29 Mai.
Colmar, Columb in pago Helisaciœ, est ainsi désigné dans les Annales de Bertin, apud Duchesne, tom, 3, pag. 189, ad annum 833. — Extrait des notes inédiles de Grandidier.
— Le pape Grégoire IV, venu en Alsace pour apaiser la guerre entre Louis-le-Débonnaire et ses fils, réside à Colmar où il signe un privilège en faveur d'Aldric, évoque du Mans. Cette décrétale est datée de Cholambur, VIII id. julii. — Mabillon, annal., tom. 3, pag". 277.
Schœpflin ajoute que Grégoire IV fut témoin de la bataille du champ-du-mensonge. --.4fe. illiist, tom. III, pag. 411.
— Louis-le-Débonnaire paraît avoir fini son triste règne à sariiia columbaria, car les narrations contemporaines, les plus dignes de foi, s'accordent à raconter que c'est dans la plaine de Colmar que ses fils vinrent asseoir leur camp; que c'est de la villa cholambur que le pape Grégoire IV, marchant dans les armées des fils contre leur père, alla présider, le 24 Juin, l'assemblée où Louis-le-Débonnaire échangea la couronne contre le cloître. — Dillemann, loc. cit.. pag. 365.
— Schœpflin place le champ-du-mensonge (Campus rubeus- Rothfeld) près de Cernai à l'Ochsenfeld. Les raisons sur lesquelles il fonde cette opinion, n'ont point paru concluantes aux historieus qui se sont occupés de Colmar. Billing — que
Hunkleracopié— dit que, selon les documents contemporains de révénement, la bataille fut livrée Juxta montem Sigwaldi : or, les latins appellent Sigolsheim Sigwaldi-Mons et les français Savamont. D'un autre côté^ Billing, entrant dans le système de Schœpflin, signale, tout près de Sigwaldi-Mons, une forêt qui porte encore le nom de Rothlœuble (camptis-rubetis). La bataille aurait donc été livrée dans la partie de la plaine qui sépare Sigolsheim de cette forêt. — Billing, op, cit., pag. 178 - 179, num. XII du 20 Mars 1777.
— Sigolsheim est appelé Mom Sigwaldi ou Sigoldi dans les chartes des VIII« et IX® siècles... L'historien Nilhard, témoin l*eul-être oculaire et dans tous les cas contemporain de Tévénement, dit formellement que les fils de Louis avaient établi leur camp près de Sigolsheim. a Juxta Sigwaldi montem castra ponunt.» — Le pape Grégoire IV les accompagnait, et Ton a de ce pontife une bulle de 733, datée de Cholambur, Colmar... Que demandez-vous de plus? Il est clair que l'événement s'est passé dans le voisinage de Colmaret de Sigolsheim. Vouloir préciser davantage, rechercher près de quel arbre, en face de quel rocher, sur quelle motte de terre l'un ou l'autre des personnages a pu poser le pied; ce ne sont plus là seulement les miettes, ce sont, en vérité, les niaiseries de l'histoire.— Paul Huot, Des Vosges au Rhin, pag. 323. — Voy. au surpins Grandidier, Hist.de VÉgl. de Strasbourg, tom. II, pag.
Le territoire de la ville faisait partie d'une marche à laquelle Columbaria avait donné son nom. Le comte Richinus donne, en effet, au monastère de St-Grégoire (Munster) toutes les propriétés qu'Adalric, son neveu , possédait dans la villa et Marca Columbaria, savoir : un manse, avec les habitations, cabanes, champs, prés, vignes, forêts, marais, cours d'eau etc.
qui en dépendent; à la condition que Richard (frère d'Adalric?) aura la jouissance viagère de la moitié de ces biens et qu'à sa mort elle rétournera au monastère. La même charte investit Tabbé de St.-Grégoire et ses successeurs de la puissance en toutes choses sur les terres qui lui sont concédées. Schœpflin, Als. dipl, tom. /, pag. 474 et Illust., ton, III^ pag. SU et 411.
Ce titre est la première preuve directe que nous rencontrons de rétablissement précis du monastère de Munster à' Colmar. On se rappelle que le diplôme de Louis-le-Débonnaire, de 8285 ne dispose en sa faveur que d'une forêt contiguë au monastère et faisant p^artie du fisc royal.
Il semble donc que, contrairement aux conjectures de Billing et à l'affirmation de Hunckler (voir année 823) c'est à Tannée 865 qu'il faut faire remonter l'établissement régulier des moines de Munster à Colmar, dans la cour qui a appartenu à Adalric.
Notons encore que c'est de l'époque de l'établissement des moines de Munster à Colmar que Billing et après lui Hunckler, considèrent Tendroit comme étant alors un village (ein Dorfl). Cette opinion nous paraît justifiée. Mais à l'inverse d'une idée reçue, ce ne fut, nous l'avons déjà dit, ni le prieuré de Sl.- Pierre, ni l'abbaye de Munster, ni l'établissement de l'évêché de Constance qui peuvent être considérés comme l'origine de Colmar. Ce fut la collonge gallo-romaine, la collonge létique, et la villa regia autour desquelles une population plus ou moins considérable se groupa peu à peu, et qui devait déjà être fort nombreuse lorsque les établissements ecclésiastiques sollicitèrent des concessions au centre desquelles devait, plus tard, s'élever la paroisse actuelle de St.-Marlin.
Charles-le-Gros est à sa villa de Colmar en cette année. Une
donation en faveur de son fidèle Olpert le constate. — Schœpflin, Als. illust.^ tam, III, pag, 411.
Charles-le-Gros est à sa cour impériale de Colmar, en cette année. Un diplôme qu'il donne en faveur de l'église de Wiirtzbourg porte en effet : v. Actum Cholumbra curie imperiali,* — Eccard, Rer, francic.y tom. II, pag. 890. Extrait des notes inédites de Grandidier.
Charles-le-Gros était encore à Colmar vers le «mois de Février de cette année. — Lorsque les Normands envahirent l'Occident, il réunit, en effet, dans le lieu qui s'appelle Colobur, une assemblée de nobles pour s'entendre sur les moyens de défendre l'Empire. — Conf. annal. Fuldensium, apud D. Bouquety tom. VIII, pag. 44. Extrait des notes inédites de Grandidier.
— Schœpflin dit la même chose avec la variante Villa Cholonpurum. Illust., tom. III, pag. 411.
— Charles-le-Gros y était encore au mois de Mars, car il
signe, le 16 des calendes de ce mois^ un diplôme, Actum Co-
lumbra, qui accorde trois manses à Fulbert, abbé de St.-Evre
de Toul. ^Benoit Picart, Hist. de Toul,preuv., pag. 9 et Cal-
met, preuv. de VHist. deLorr., tom. I, pag. 319 et script, rer.
francic, tom. IX, pag. 333. — Schœpflin. Illust., tom. III,
pag. 411.
Le 15 Février de cette année, Charles-le-Gros signe, in villa Columbaria, un diplôme qui accorde à son fidèle Otpert deux manses à Marlenheim où, comme on l'a vu, existaient une villa impériale et un gynécée semblables à ceux de Colmar. — Grandidier, Hist. de VEgl, de Strasb., tom. II, num. 153, pag.
Une charte «de Luitfrid, comte d'Alsace, donnée au monastère de St.-Trudpert, le 9 des calendes de Mars, porte qu'il donne « spécialement i> à Pautel où il désire être enterré une Hiibe, unam Hubam, in Columbra, afin que le gardien et le desservant de cet autel conservent mémoire de lui. —-Eccard^ in orig. Hahshurg., pag., 142 et Schœpflin, diplomatica, tom. /, pag. 101 .
Conrad, fait évêque de Constance en 935 et mort en 976, abandonne à son frère aîné, le comte Rodolphe, le patrimoine qu'il a hérité de son père et reçoit, en retour, les lieux éloignés, c'est-à-dire Colmir, en Alsace. Il donne ses biens de Colmir à l'église de Constance, ainsi que le remarque l'anonyme de Weingarten. — De Guelficis principibus, sœciili 12^ apud Canisium, lect, ant., tom. III, part, 2, pag, 581,
Beatus Rhenanus, suivi par Sébastien Munster, ignorait l'échange entre Rodolphe et son frère Conrad, de môme que la donation de Conrad en faveur de l'église de Constance. Il explique donc faussement, pag, 174 et 284, que Colmar appartenait à l'évôché de Constance, par suite d'une donation de Berthrade, mère de Charlemagne, qu'il confond d'ailleurs avec Berthe, reine de Bourgogne et mère d'Othon III Du reste Beatus Rhenanus désigne Colmar comme étant alors un village ; « in vico Colmariensi, y>
Burchard II, duc de Souabe, père de Berthe, reine de Bourgogne, possédait YOberhof de Colmar. — Billing, loc. cit. pag. 181.
Il tomba du ciel de petites croix qui causaient la lèpre à ceux qui les touchaient; ce qui donna occasion de bâtir une infinité de petites maisons pour loger ceux qui étaient atteints de cette maladie. Il y a eu pendant plusieurs siècles un grand nombre de lépreux. — Boyve^ Annales du comté de Neuf- CMtel et Valengin, liv. I, pag. 103.
jfi Othon I, roi de Germanie, donne à son fidèle Rodolphe, qui paraît être le duc Rodolphe, fils de la reine Berthe, les biens situés au lieu dit Cholumbra, avec tous les droits qui y sont attachés. Othon les retire à Gunthram, ainsi que tous ceux qu'il tenait en Hillisazaas, parce que, parjure à la foi publique, Gunthram avait fomenté la rébellion contre la puissance royale. — Schœpflin, Als. dipL tom, /, pag, 11i,
jh Testament de la reine Berthe qui donne à Ste.-Marie, à St.-Pierre, à St.-Jean, à St.-Maurice et à tous les saints qui y reposent, la ville de Payerne avec toutes ses appartenances, les esclaves de Tun et de l'autre sexe, et leurs héritages. Cette donation est faite pour que Ton bâtisse un monastère régulier où vivront, sous la règle de Saint-Benoit, des moines placés sous la puissance et la domination de Tabbé Majole, aussi longtemps qu'il vivra. Ce testament est signé à Lausanne le 1er Avril et la reine Berthe meurt la même année. On commença de suite après sa mort à bâtir l'abbaye. — Boyve^ op. cit., liv. l pag. 10S--106.
Les mines d'argent, de cuivre, de fer et de plomb des Vosges
et du val de Lièpvre peuvent le disputer, par leur ancienneté, aux premières qui furent connues clés Allemands. Du temps defiérard, évoque de Toul, il est question de la dîme que doivent les mines du val de Lièpvre. — Schœpflin, Als. illust,, tom. /, pag, 43.
Guichenon, in bibliothecâ Sebusianâ, et Schœpflin, Als. dipl. ^ tom, I, pag. 119, ne sont pas d'accord avec Boyve sur la date attribuée au testament de la reine Berthe, ou à la fondation de Tabbaye de Payerne dont la villa Columbaria, Colmiry Cholumbra ou le vicus Columbrensis doit bientôt dépendre. En second lieu Schœpflin affirme que Guichenon a incorrectement reproduit ce titre ; lui au contraire le publie avec exactitude parce qu'il a été à même d'en relever le texte sur l'original qui est aux archives de Berne. Il est daté : « in die Martis Kal. Aprilis anno vigesimo quarto. Régnante Cuonrado rege. » Or, le mardi des calendes d'Avril de la 24« année du règqe de Conrad le pacifique correspond à 962 et non à 966, Conrad ayant succédé à son père Rodolphe II en 937.
— Il importe de consigner ici la mention des droits que l'acte de fondation réserve à l'abbaye, car il est certain que lorsque la villa Columbaria sera devenue le Prieuré de Saint-Pierre, le droit de l'Abbaye régira la partie qui lui compètera du Viens Columbariensis,
« Les moines, dit le testament, ne seront assujettis ici à
« notre joug, ni à celui de nos parents, ni aux grandeurs de
« la puissance royale, ni à aucune puissance terrienne quelle
« qu'elle soit. »
On ne trouve dans les pièces diplomatiques aucune preuve -^ directe de la donation que Rodolphe, duc de Bourgogne, fils de Rodolphe II, roi delà Transjurane, et de Berthe de Souabe,
fit au monastère de Payerne des biens de Colmar qui avaient été retirés par Othon I des mains de Gunthram et dont il avait été investi, comme on Ta vu en Tannée 959. Le fait n'en est pas moins exact, ainsi que cela est prouvé ci-après.
— Par un diplôme daté duviiides calendes d'Août, l'empereur, Othon II, confirme au monastère de Payerne les biens qui lui ont été donnés par le duc Rodolphe, entr'autres « churtis scilicet in Cholumbra, » avec tous les droits qui y sont diiiSiChés, —Hergoti, Habsburg.,pag 84 et SchœpfliUj Als. dipL,
tom, L pag. 124.
JO L'empereur, Othon I^ étant mort, la jalousie de l'impératrice Théophanie obligea Adélaïde, veuve d'Othon I et mère d'Othon II, à quitter la cour. Elle obtint de son fils la confirmation des biens qu'elle avait en Alsace, parmi lesquels se trouvait le Prieuré de St.-Pierre de Colmar, qu'elle plaça sous la dépendance de l'abbaye de Payerne. C'est à ce titre que le prieuré de St.-Pierre doit reconnaître Adélaïde pour sa fondatrice. — Laguille, op, cit,, tom, I, png, 141,
Laguille ajoute que ce fut Adélaïde qui fonda l'abbaye de Payerne. Il se trompe puisque ce fut Berthe, ainsi qu'on l'a vu aux années 962 et 966.
Il faut d'ailleurs remarquer que c'est la première fois que le titre de Prieuré apparaît, et qu'en 974 il n'est (juestion, dans le diplôme d'Othon II en faveur du duc Rodolphe, que de churtis in Cholumbra; d'où l'on doit conclure que, si Laguille est exact, le monastère de St.-Pierre de Colmar fut établi entre
les années 974 et 977.
jyi- Le 17 des calendes de Juillet, l'empereur Othon II confirme à l'abbé Majole toutes les donations que son oncle Rodolphe et sa mère Adélaïde ont faites à Tabbaye de Payerne. Il af-
franchit les moines de toute juridiction séculière ; aucun duc, margrave, comte, vogt et aucune autre personne, grande ou petite, n'aura aucun pouvoir à Paycrne, à Columbaria ou autres lieux qui appartiennent à l'abbaye. — Hergolt, Habsburg, Aust, tom. Il, pag, 86, et Schœpflin, Als. dipL, tom. /, pag. 132.
Avant d'aller plus loin, il nous semble utile de résumer le ^ démembrement qu'a subi, suivant les titres que nous analysons, l'ancienne terre létique ou l'ancien fisc royal au profit des établissements religieux, i® En 823, une forêt contigûe au monastère de Munster, passe à ce monastère des mains même de Louis-le-débonnaire ; 2 En 936 une deuxième partie, le Niderhoff, passe des mains des ducs de Souabe à Téglise de Constance ; 3« En 965, une troisième partie, la cour do Munster , passe des mains des comtes d'Alsace au Monastère de Munster, et 4", en 974, le noyau môme du fisc, la villa regia avec le Gynécée ou Oberhoff passe à l'abbaye de Payerne, des mains propres de la famille souveraine.
Un nommé Philippe apparaît en qualité de doyen (Dechant) de St.-Martin. Cette dénomination prouve que l'église était déjà florissante. Bientôt après il y eut un curé séculier (Weltpriester) qui porta le litre de Prévôt. — Hunkler, op.. cit., pag. 164.
Hunkler n'indique pas la source d'où il a tiré ces indications. C'est vraisemblablement à Billing qu'il a emprunté ce renseignement. — Loc. cit. pag. 338.
— Philippe, doyen de St.-Martin de Colmar, passe une trans- «V* action avec la bourgeoisie (Biirgerschaft) et le prieuré de St.- Pierre au sujet des pâturages, de la moisson etc. — Billing loc. cit., pag. 181.
. C'est la première fois que la bourgeoisie apparaît comme personne civile dans les documents que nous consultons. Si Billing a écrit, au vu du titre, ce qu'il n'indique pas, la commune était alors constituée. Le titre n'existe pas aux archives de Colmar.
^ Par un diplôme daté du 8 des calendes de Novembre, Olhon III, roi de Germanie, confirme à l'abbaye de Payerne deux villa situées in Alsazia, qui lui ont été données par son père et son grand-père, et dont Tune est appelée Cholumbra dans le comté de Luitfrid. — Herrgott, Habsburg. Aust., pag 89 et Schœpflin, AU, dipL, tom. /, pag. 133.
. Othon III, devenu empereur, renouvelle, le 8 des ides de Février, la confirmation précédente. Le diplôme rappelle que la donation faite à Payerne consiste en une cour, churlis, et ce qui avait appartenu dans Colmar, à Gunthram dépossédé, comme on l'a vu en 959. — Herrgott, ibidem, pag, 93 et Schœpflin ibid. pag, 140,
Jf^ Henri II donne à Tabbaye de Payerne une confirmation semblable à celle d'Othon III^ de ses possessions à Columbra. — Herrgottj tom, II, pag, 96,
//i Le V des ides de Septembre, Conrad II, roi des Romains,
confirme également à l'abbaye de Payerne ses possessions à
Colmar. Curtis in Columbra, Schœpflin, Als, dipl,Jom,I, pag,
155 et Trouillat, monuments de Vancien évêché de Bâle, tom, I,
pag, 160, nota 4.
Conrad II, devenu empereur, renouvelle sa confirmation de
1024 en faveur des possessions de l'abbaye de Payerne à -^ Colmar. — Sçhœpflirij ibid., page 157.
Le 4 Décembre, l'empereur Henri III confirme à l'abbaye de ^ Payerne la possession de sa Cour de Columbra, qu'elle tenait de Rodolphe, frère de l'impératrice Adélaïde, lequel l'avait obtenue d'Othon I. (Voy. année 959.) — Le diplôme autographe est aux archives de Cluny. — Notes inédites de Gran-
didier.
Dès le commencement du xii« siècle, les chevaliers de Saint- ^ Jean de Jérusalem auraient eu leur maison à Colmar, près la première porte de Bâle (Steinbruckthor), sur la rive gauche de la Lauch. Ils auraient eu, dès les premiers temps aussi, un hospice pour les voyageurs (pèlerins) pauvres ou malades. Le jardin s'étendait fort loin le long de la rivière. Dans une élégante église jointe à la commanderie, on remarquait plusieurs lombes de chevaliers de l'ordre, parmi lesquelles on lisait les noms des Rathsamhausen, des Mûnch, de Landscron, des comtes de Ferrette, des Waldner et des Reichenstein. Au xiip siècle il y avait toujours dix chevaliers. Les empereurs y descendaient ordinairement. Cette maison dépendait de la commanderie de Soultz ; elle paraît avoir été une des plus confortables de la province et continuellement bien entretenue. — Hunkler, op, cit. pag, 204.
Hunkler omet de dire sur quels titres, ou sur quelle autorité il fonde les intéressants renseignements qui précèdent. Il serait pourtant utile de le savoir, surtout en ce qui concerne Fépoque de la fondation. La suite de cette chronique confirmera la majeure partie des autres détails.
Il est évident qu'en écrivant ce que nous avons rapporté, Hunkler avait la préoccupation de rapprocher autant que pos-
sible la création de la maison de Colmar, de Tépoque où Tordre fut fondé. Or, c'est vers le milieu' du xp siècle que des négociants d'Amalfi, qui commerçaient en Syrie, obtinrent du calif d'Egypte la permission de fonder à Jérusalem un monastère du rit latin. On y plaça des Bénédictins qu'on fit venir d'Italie. A côté du monastère, on bâtit, pour les pauvres pèlerins et les malades, un hôpital dédié à St.-Jean, l'Aumônier, puis à St. -Jean-Baptiste. C'est du titre de cette chapelle que vient le nom des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. — Art de vérifier les dates, pag, 42 fj édition de D, Clément.
La môme chose aurait été faite à Colmar, au commencement du xn« siècle, et dès-lors on peut conclure que la rue St.-Jean, contemporaine de la fondation de la commanderie, est une des plus anciennes rues de Colmar, contrairement à ce que nous avons cru entrevoir en 1865, lorsque l'on démolit l'ancien gymnase, bâti en 1604, sur l'emplacement d'un ancien hôpital. — Uancien gymnase de Colmar, pag. S.
Les tombes dont il est question dans Hunkler, existaient encore au commencement de ce siècle ou à la fin du dernier. Billing les a relevées. Elles sont encore inédites. Il sera fait mention du décès des commandeurs que ces tombes concernent, dans leur ordre chronologique. — D'après le manuscrit de Billing, qui appartient à M. Ig. Chanffour.
La chronique de Munster appelle Colmar non une ville ou une cité, mais un village; elle ajoute qu'il fut détruit par le feu. — Laguiïle, op. cit., pag. 182.
La chronique dont il est question dit : Columbaria villa exusta. 7- Apud D. Martène, Thesaur. anecdot., tom. III, col.
Interpréter celte mention dans le sens que villa Columbaria
signifie le village de Colmar et que ce village fut entièrement détruit par un incendie, comme l'ont récit beaucoup d'autres après Laguille, c*est5 dans tous les cas, donner à l'événement des proportions qu'il a pu ne pas avoir, dans un temps surtout où les maisons n'étaient pas adossées l'une à l'autre comme elles le furent plus tard. Tout ce que Ton peut en déduire c'est que -la villa, YOberhof, fut consumée.
Un moine nommé Rodolphe, qui se disait disciple de Saint- Bernard, homme d'une capacité médiocre mais d'une vie austère, vient, en inspiré, prêcher la croisade en Alsace et, au préalable, l'extermination des infidèles du pays , les juifs. Pour arrêter la persécution, St. -Bernard vient en Alsace où il voit Rodolphe et le fait rentrer dans son cloître. — Grandidier, (Euv. hisL inéd., tom. Il, pag. 404.
Frédéric I (Frédéric-Barberousse), roi des Romains, était à Colmar au commencement de cette année. Un diplôme qu'il donne in Colmere, le 30 Janvier et qui confirme les possessions de l'abbaye d'Altorff, constate en efl'et sa présence en notre ville. L'autographe est aux archives d'Altorff, et les auteurs de la Gaule chrétienne l'ont publié, tom. F, pag, 483. — Extrait des notes inédites de Grandidier.
— Schœpflin, Illmt. tom. 7, pag. 483 (?), fait aussi mention de la présence de Frédéric I à Colmar en cette année.
— Frédéric était encore à Colmar le 15 Février, avec Arnold, ^ archevêque de Cologne, Humbert, archevêque de Besançon, Amédée, évêque de Lausanne, Ortlieb, évêque de Bâle, Hermann, évêque de Constance et d'autres princes séculiers qui signent au diplôme de Frédéric, confirmant à Tabbaye de Payerne la possession de la cour de Colmar {Curia Columba-
riensis), avec les maisons, les personnes (mancipiis), les terres
cultivées, les terres* vagues et leurs revenus, que ladite abbaye
tenait du duc Rodolphe. — Schœpfliriy AU. dipL tom. /, pag,
^ Pierre, prieur (de St.-Pierre), de Colmar, est témoin d'une charte d'Orllieb, évoque de Bâle, en faveur du monastère de St.-Alban. — Schœpflin, op. cit., pag. 241 et TrouiUat, op. cit. pag. 327.
C'est la première mention régulière que nous rencontrons d'un prieur de St-Pierre de Colmar.
Frédéric I confirme aux chanoines de l'église de Constance la possession d'une cour seigneuriale (curtim dominicalem) avec une maison hospitalière (cum hospitali) à Colmar. — Pistonus, in scriptor, rer. germ., tom. III, pag. 697. — Extrait des notes inédites de Grandidier.
Il s'agit de la cour appelée le Niderhof, par nos historiens. Voy. années 936 et 983.
Au mois d'Août, l'empereur Frédéric Barberousse, qui venait d'épouser à Wurtzbourg Béatrice, fille et héritière de Renaud, comte de Bourgogne, arrive à Colmar et y tient une assemblée des évoques et des seigneurs d'Allemagne et de Lorraine. On y délibéra sur les moyens de rendre la paix à l'église et de prévenir le schisme. — Grandidier, (Euv. hist. inéd., tom. //, pag. 411.
— Le 17 Août, Frédéric donne, à Colmar, un diplôme qui con-, firme à l'évêque de Verdun, le comté de ce nom. — Ibidem et Roussel, Hist. de Verdun, preuv., pag. 12.
Mabillon, de re diplomaticâ, pag. 100, est en désaccord avec
Grandidier et Roussel. Il donne à ce diplôme la date du 14 des calendes de Septembre.
Nous trouvons en cette année la première mention d'une famille noble de Colmar. Théodoric de Kolmer est cité par le traducteur de Schœpflin, tom. F, pag, 663.
— Egenolphe d'Urselingen et Cunon d'Horbourg se livrent batiiille près de Colmar, entre Loglenheim et Sandhoffen. — Grandidier, op, cit, tom, II, pag, 454,
C'est en cette année qu'Egenolfe, quittant le château d'Urselingen, en Souabe, vint s'établir au château de Ribeauvillé et fonda la dynastie des Rappolsteio.
Le fief de Ribeauvillé relevait alors de l'évoque de Bâle.
Conrad de Columbir vivait en cette année. Traduction de Schœpfiin, tom, V. pag, 663,
Le pape, Lucius III, donne, le 18 Mars, une bulle qui con- ^ firme à l'abbaye de Payerne les droits et les privilèges dont elle est en jouissance. Relativementà Colmar la bulle s'exprime ainsi : « La cour (curiam) située dans la villa Columbariensi, en Alsace, avec l'église et la moitié de la justice de toute la rVilla, les marais, les cours d'eau, les moulins, les forêts, les champs, prés et autres choses qui lai appartiennent. — K. Zeerleder, Origines de Vhistoire de la ville de Berne, tom, /, pag, 125,
Cette pièce nous est signalée par M. X. Mosmann, archiviste de la ville. Elle a une signification qui n'échappera pas au lecteur, par rapport à la villa qui peut être prise dans le sens
de village, de bourg et surtout par rapport à la juridiction départie à la cour de Payerne.
La désignation de villa, curtis, ctiria que l'on rencontre dans les documents diplomatiques, signifie une surface déterminée de territoire, limitée habiluellement par une clôture consistant en mur, haie ou palissade. Elle comprend les habitations de toute espèce, les colons serfs et esclaves qui les occupent, les champs, prés, vignes, forêts, cours d'eau et généralement toutes choses et dépendances utiles à une exploitation agricole.
La suprématie était réservée au souverain alors même qu'il investissait d'une villa^ curtis ou curia une corporation religieuse. C'est ce que démontrent les diplômes et les chartes de confirmation que l'on a rencontrés jusqu'à présent concernant les possessions des églises de Payerne et de Constance à Colmar. Relativement à l'abbaye de Munster, la situation paraît différente. Ses principales possessions venaient de donation privée. Elle ne sollicite point de confirmations, elle agit en propriétaire et fonde la paroisse de concert avec la population laïque qui fondait paralèllement la commune.
j^ Le pape, Lucius III, confirme à l'abbaye de Pairis la possession de biens à Colmar, in Kolmere. — Hugo, Mon, sacr. antiq., tom, Ilypag, 282. Extrait des notes inédites de Grandidier.
C'est la première mention que nous rencontrons de l'abbaye de Pairis possessionnée à Colmar. Cette abbaye fut fondée en 1136 par Ulrich, comte d'Eguisheim.
Jt^ Un procès s'élève entre le prieuré de St. -Pierre de Colmar et Ulric, chevalier d'Heristein (Erstein), au sujet de la pro-
priété de quelques femmes serves. — Schœpflin^ loc, ci/., tom. T, pag. 189 et 198.
— Le 3 des nones d'Octobre, Tempereur Frédéric Barbe- -^ rousse, était à Colmar. Albert de Dagsbourg, investi de l'advocatiede St.-Pierre, le prieur et les moines soumettent à l'empereur la contestation qui s'était élevée entre le prieuré et le chevalier Ulric d'Erstein, au sujet de la propriété des serves dont il est parlé plus haut. Gertrude et ses filles. L'empereur prononce et adjuge la propriété de ces femmes au prieuré.
— Rodolphe, Nordwin, Immo et Burchard, chevaliers de Colmar (milites de Columbaria) signent comme témoins la sentence du l'empereur. — Sthœpflin, Als. dipL, tom, /, pag, 184-185.
Le diplôme est daté du 5 Octobre 1185. Il faut lire H86, du temps que cet empereur était de retour d'Italie. — Grandidier^ op. cit., tom. III, pag. 8, nota 1.
Conrad <fe Colmaria vivait en cette année. — Schœpflin, Als. illust., tom. F, pag. 663.
L'Alsace perd une grande partie de sa population, tant par les émigrations que produisit la quatrième croisade que le pape Célestin III fit prêcher, que par une famine qui emporta beaucoup de monde.— Grawdirfi^r, op. cit., tom. III, pag. 69 ; chronique d'Ebersmunster i 38. — Kleinlawel, pag. 26 fait remonter cette disette à Vannée 1197
Colmar fut vraisemblement ravagé par les troupes de l'évoque de Strasbourg, Conrad de Hunenbourg qui avait pris le parti d'Othon, duc de Saxe et compétiteur à 1 -empire contre le
duc d'Alsace, Philippe de Hohenstauffen, frère de l'empereur Henri, mort en 1197. La chronique d'Ebersmunster dit en effet que l'évoque envahit les villes et les cours royales et les incendia. — Grandidier^ op. cit., tom. III, pag. 79. Nota /.
"^ Colmar reçoit le roi Philippe et ses troupes se rendant à Rouffach pour se venger des violences de l'évoque, exercées sur les possessions de l'empire dans la province. Le château d'Isenbourg est pris et rasé. Le monastère de St.-Valentin, fondé en 1183, subit le même sort ainsi que plusieurs maisons de la ville appartenant à ceux qiii avaient pris parti contre le roi Philippe. — Ibidem, pag. 80.
^' Le pape, Innocent III, confirme à l'abbaye de Pairis les biens qu'elle possède à Colmar. — Hugo, mon. sacr. ant. tom. II, pag. 264. Voy. année 1184. .
Frédéric II venait d'être élu roi de Germanie. Il s'arrête à Colmar, au retour de son expédition en Italie où Othon IV lui disputait l'empire. Lutold, évéque de Bûle, l'accompagne à Colmar, où l'évêque de Strasbourg, Henri de Weringen, l'attendait pour le conduire plus loin. Frédéric trouva également à Colmar son cousin, Ferri, duc de Lorraine, qui lui offre ses troupes pour se rendre maître de son royaume. De Colmar les deux princes et l'évêque se rendent à Haguenau. — Grandidier, op. cit., tom. III, pag. 176; Richer de Senones, liv. III, chap. 20 et Belhomme, hist. de Moyenmoutier, chap. CXIII, pag. 296.
— Huncker ajoute que Frédéric passa quelques jours à Col-
mar et qu'il répandit des faveurs en Alsace pour s'attacher les populations. — Op. cit., pag, 154.
— Le pape, Innocent III, confirme à l'abbaye de Marbach, "^ fondée en 1090, les biens qu'elle possède à Colmere. -^Extrait des notes inédites de Grandidier.
C'est la première mention que nous rencontrons de l'ab- -^ baye de Marbach possessionnée à Colmar.
— Les Mineurs conventuels, dits Franciscains ou Récollets , ^ C^'ùiL'tM ont reçu un couvent à Colmar au treizième siècle, époque où
leur ordre a été fondé. — Schœpflin, Als. illust., tom. V, pag. 19 f .
Or la règle de St.-François a été approuvée par le pape Innocent III, en 1212.
La mention qui précède, et que nous avons dû placer à l'année de la fondation de l'ordre, à cause de ce qu'elle comporte de vague relativement à la date de la fondation des Franciscains de Colmar, n'implique nullement que cette fondation remonXe à la première année de l'existence de l'ordre. La suite de cette chronologie fixera avec plus de probabilité ou plus de certitude l'année de l'arrivée des Franciscains à Colmar.