‹ Chronique de Du GuesclinChapitre 13 sur 17 · FIN DE LA CHRONIQUE · texte numérisé non relu

FIN DE LA CHRONIQUE

Oalla^f!3 ft Qlljantô voijanx em* la mnrt ^c ^u (6uf6clin.

BALLADE

Tu il li vaillant elli preux de )adis,

Tuit li présent el toute créature ,

César, Hector, Âlizandre et David,

Artus et Charles (i) , et moi , qui suis nature ,

Godffroy (») et Macbabéc (3), Et tout Lomsiic qui à haute honnour bee (4), Doivent de pleurs fjire rivière et onde: Car par la mort est la terre (5) troublée Du plus vaillant qui f^st en tout le monde.

(i) Charlemagne.

(i) Godefroi de Bouillon.

(3) Judas Machabée. On comptait neufpreux . parmilesqiieU «'tait rangé Josué , qui n'es! pas ici uoutmé.

(4 Aspire.

(S) Nous écrivons ce mot en italique, parce que le manus crit , étant brûlé en cet endroit, ne permet pas d'êir certain de celui qu'il portail. j

Comment sera son noble corps assis , Ne qui fera si noble sepuliur*-:

Entre les dieux déust estre raTÏs Corporelment et en sépulture (i).

Soit la proesse loée , A fin que tuit sachent sa renommée :

Car dessus tous en fais d'armes habonde. Tant qne la mort soit en tous lieux plorée Du plus raillant qui soit en tout le raondo.

De trestous cculx que je formai et fift Estoit la fleur de la droite esliture Qui en poi d'eure a plus de fais fournis. Et qui mieulx a serchié toute aventure .

Et par qui acbemincv Esloit d'armes la très doulce contrtr; Oui pour sa mort en grant dolour rcdondt Las ! au jour d'ui est France délivrée Du plus vaillant qui soil en tout le monde !

(i) Le manuscrit est ici évidemment fautif, et cela est d'aotant plus malheureux que nous n'en avons aucun autre pour I» suppléer.

SUR nu CUFSCLIN. /|57

BALLADE

Eslon d'onnour et arbre de Tniliance ,

('lier de lyon , espris de hardenient,

La fleur des preux et la gloire de Fraucr ,

Virlorieux et hardi combalaril.

Sape en bon fais, et bien entreprenant

Souverain homme de puerre , Vainqueur de gens et emquesleur de lerrt- , Le plus vaillant qui oncques fust en vie , < lia.oeun pour vous doit Dieu rcquerre. Pleurez , pleurez fleur de chevalerie!

Las! Bretaigne , pleure ton espcranee , Normandie, fais ton enterrement, Giiienne aussi et Auvergne or l'avance , Et Languedoc quier li son monument- Picardie, Champaigne et Occident Doivent pour pleurs reqiieir>>

Tragidius, Artusa (i) requerre'(j), Qui en eaue fu par pleur convertie , A Gn que à tous de sa mort le cuer serre. Plourez, ploureï fleur de chevalerie!

Hé ! gens d'armes aiez en ramembvance Yostre père : vous estes ii enfant.

Le bon barou qui tantôt de poissance II vous aimoit très amoureusement.

GuesLlin crioit : Pries dévotement;

Qui puet paradis conquerre , Qui dueil n'en fait et qui n'en prie , il en Car du monde est la lumière faiie.

De toute honnour esloit la droite serre. Plourez, plourez fleur de chevalerie!

(i) Aréibusc. Il n'est personne qui ne connaisse la tradition mythologique qui l'a rendue célèbre.

(2) Ce vers et le précèdent sout fautifs , et nous ne pouvons les rétablir, ne connaissant aucune autre version de celte pièce.

SUR UL GUESCLiy. /|J()

BALLADE

Tuit chevalier, qui aleï par le inondr Et qui suiez le ntestier honnerahie Plourez lu mort du vaillant conneslabli-

Son prant renom par le siècle redondc Ce fut Guescliti le vaillaot conneslable.

Tuit cîieTaliw , etc.

Onqucs n'ot («"l a la table reondc :

<'ar tou* ses fais 50nl grani et infcillabir

£t quant il sont plus d'autre loabir.

Tuit ehevalirr, el celer-i.

l6o CHANTS ROYAUX

Bien doit plourer chevalerie , Pui» que morg e&t celui qui tant l'ama Li preux, prendons Bertran qui en «a Les grans fais d'armes tous jours coni Et qui partout st-6 ennemis mata (i) Où il fut chef, c'est vérité prouvée , En mer, en mine , en champ combalu a , El par son fait Espaigne a couqucstée.

luu.

lia ! chevaliers , cscuiers qui envie Avez d'ounour , querre qui vous menia?

Qui fera mais à'povregens aye.

Ne qui chevaux ne harnois lor donra?

Qui dira bien des bons, qui le dira?

Puis que la char (a) est en terre bouti r l)u preu» Bertran qui Frauce recouvra , El par son fait Espaigne conquesttc.

fi) Vainquit. Eiprcskiou lircr du j<u d nhtr». (i} Chair.

hVR. DU GUtbCLlN. V> 1

11.1 ! iluuice France , que duri- di-pailit- Du vailUal (lonunc qui Uni vuu» Luiiiiuur.i . El qui gardé tous a to «igiiouric , Dus que- la |jri!>l , et que tenue la. 8'euvic uc fust, qui jamais ne uiorra , , lyAlebion l'urde (austic couTée

Vouë eust Tcngic , qui l'aigle noir porta ' i). Et par son fait Espaigne conqueïléc.

Prince je pri à Dieu , qui tout cna . Qu'en paradis soit l'ame couronnée Du preux Bertran qui d'armes tout pai.»a, Et par son fait Espaignc couquestec !

{») Voyez ti-aprts la ballade sur le» .irmwdc du Gucstliii.

BALLADE

Cy après ensuyvent les armes lesquelles portoit monseigneur Bertrand du GuesclinC;.

Lescu d'argent a i. aigle de Mbh

A. ij. lez {>) et à i. rouge baston

Portoit le preux, le vaillant connestable ,

Le bon Bertrand du Guesclin en sumon.

A Bron fut nu le cberalier breton ,

Fier et bardi . couraigeux comme i. tor (5),

Qui tant ama de loyal cuer et bon

L'escu d'azur a (rois fleurs de lis d'or.

(i) Cette ballade se trouve aussi, avec de notables dilferencr». dan» le manuscrit du fonds de Bigot n 5»8 , appartenant à la Bibliothèque royale , où il porte 1p n' II. BgS. Elle a f té imprimée pour la première fois, sur ce manuscrit , p. U Au Combat dei Trente. ( Paris, rrapeltl . J827, iii-S. )

(2) Tries.

(ô) Taureau.

A lu) ii'esloit cheTaller comparable.

En son TWant, pour ceitain ce dit-on.

Ne qiii tant fuM aux armes convenable . PourTaincrc gens ou abalre penon.

Or est iTmort : Dieo lui face pardon i Pleusl or à Dieu que il Tesquit encor! Si deflendist de ce liepar félon (i) L'escu d'atur a trois fleurs de lis d'or.

Pour ses grans fais soit escripl en la table Machabeus et des preux de renon , De Josué , David le raisonnable , D'Alisandre , d'Ector et Cesarou , Artus . Charles, Godefroy de Billon .

El soit nommé le dixième dès or Bertrand le preux qui serrit com prendoni L'escu d'azur a trois fleurs de lis d'or.

(i) Le poète parle ici de 1" Angleterre, dont les armes étaient alors de gueules aux trois léopards d'or passans l'un au-dessus de l'autie.

En l'an de l'IncarDaciou Mil trois cens quatre vins au»

Six, en grande confusion , Mardi , asseï près de Condaiit , Pastoureaux dont li plus dolant Disoit aux autres hautement :

riourong honneur et hardenn-.ii .

Fui , loiaulé et courtoisie , Et eur de chevalerie , L'amour, l'amant sans |)oiiit d^im' Le bon , li large pour donner , Qui desconfil maint grani assaut, l'iorez , ménestrel et heraui , Celui qui largement donnoit, El qui de loial cucr amoit Tout bonnour et toute Taillancr.

Toutes les vertus ci avoit Le bon conn«slable de Francf

iJc G.idifi'r, dv H.indiuii.

K!>l il luori lu noble Birlr.iiis Cil di- Gufsviiii, cuir de Ljon , Oui tant anioi» le roy des Fraii^ , (Jui si e»loii ealrcproiiiii»

Qu'il ne doiibdoit pluie ur veiii.

Qui IraTsilloil soiigneusenieni . Qui ue redoubloit mort ne »ie , A.»»aut , bataille n'ennoyc Faite sur terre ue sur lucr ; Qui tant faisoit ù redoubler; Qui tous jours avoit le cuer bout D'asÀiiillir, ardent et si cbaut Que les couars hardis faisoit ; Nulz hotns ne savoit que c'esloit De son bien et de sa poissancc ; Mais je necroi» point que mors soi i Le bon councblable de France.

Si est ce dit anuuarion , TrespaFïez est li bon Rolant.

l'crdu ont ung Trui efaaaipiuu Li puvre pa.»tourel des rhauip» ; (!ar ains Aliiandre le ;;raiit Ne régna plus hardieiuent i (!ar eu toute hardie );ent Fu adez s'enseigne délie

466 CHAJîTS ROYAUX

Adpï centre forte partie

Voloit sabanipre lever,

Et s"il aloit pour conquester

Un<ç cbaKtel fort , puissant et haut ,

Il didoit : C'est quan qu'il me f;iult,

El qu"a la nuit si logeroit ,

Et tout cilz qui lent une roir

Pour prendre oiseaux à sa plaisaiir-p

Eusement disoil et faisoit

Le bon eonnestable de France.

Princes, dieux qui tout scet et Toit Du connesiablc nous envoit Si bon et de tel ordenance Oue il soit au proffît de France.

siin nu GUEscLiN. /|G7

BALLADE

riourer , piincts , ducs cl barons .

Touh clteraliers , excuitr» et bourjoi»!

Plourez, Xormaiis. Angevins et Breion»

La mort du preux counebtable françois ,

Le bon Bertran du Guesclin !

Pleurons tresluit , soyons à Dieu enclin Pour son unie prier, c*egt bien raison : Car loialmcnt defcndi de cuer fin Les fleurs de lis du Icupart félon.

Hardis csioit et tiei' comme l;ons,

Li valereux cheTalieret courtois

Sa baniere et «es nobles penons

Très fièrement demonslroit sur En^lois ;

Il les mettoit à déclin Par sa valeur. Or li soit Dieu à lin. Et nous ottroit avoir tel champion Qui garder puist par proesce et i-ngin Les fleuis de lis du lieuparl félon:

l^GS CHANTS ROYAUX.

Soit ciVcries entre les roiauls bon»

Son vaillant corps par hcnnour, c'est bien drois ; Car pais le taïups des neuf preux, plus preudons En fait d'arme» ne fu , »î con je croi» Tout dis vray et enleriu.

A son seigneur esloit le palazio ,

Bien y apert à ses fais de renom.

Or Teille Dieux garder le très begnin les fleurs de lis rlu Iipn|iiirt félon :

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