‹ Chronique de J. de Lalain (volume 2)Chapitre 105 sur 109 · L'AUCTEUR · texte numérisé non relu

L'AUCTEUR

c( Ainsi comme la povre désolée jectoit ses regrets et amére complaincte endivers lieux voulant esmouvoir les cieulx, les élémcns ('t toutes choses crées a pitié et compassion, Espaigne et Angleterre' toutes effrayées d'ouyr si douloureuse lamentation sans approche quelconque la confortèrent de loing par doulces et consolati ves paroUes dont Espaigne qui bien le sçavoitfaireseprintadire.

« Notre chère cl bien ayméc seur qui tant de nobles et glorieux enfans as porté en ton ventre et tant de hautz ses clercs philosophes a alaicté de tes mammelles que tous

le mondes'en lient aajourd*baî trèssuHEsammeiit enlmiiiiié. As ta ores le cueur failly^ cuyde-tu que la puissance de ton créateur nesoit grande assez pour toi resooldre. Ne te vient-il en mémoire que tu çie ayes veu si desnuée de membres et de chef, que apeine me osoye nommer ne mettre en fronc. Ne me voye tu maintenant toute ressus» citée et fleurir, L archeduc mon beau fils en pro^iérile rit, ciel et terre et mer favorisent et administrent tous biens. 0 povre dame de f resse et féminin courage. Mire toi donc en ma face et reprend vi{][ueur, confie toi en la mi~ séricorde de Dieu et donne lieu a espoir. Tu as tant apprins par augmentation, tu as tant sceu par expérience que tu lisoies, Es tu maintenant si aveugle que tu ne cougnois cours de planette parquoi tu puisses recueillir enloj quelque fruit de bonne espérance. As-tu oublié la tréspîtoyable chanson qui sescrîpt sur toi par lesperit de pro> phetie ce monstre les muances haultaines et basses. Ne voys-lu maintenant celle horrible beste qui maine si piteux service que toute la terre en est* épouvantée quand elle dit: ( en't autem bestia horribilis). Il sera une besle venant dorient dequoi le rugissement sera ouï delà gent punique. Elle aura sept testes, sceptres innumérablcs, six cent soixante et trois pieds, elle contredira a Taigneau ea blasphémant son testament. Les rois et les meilleurs princes seront ensueur terrible et se esleveront contre elle deux estoilles. 0 grece ô ma chère amie qui sera celle horrible beste n'est ce point ce furieux dragon le turc infidélie, leprince des ténèbres, le patron de tyrannie, Ie|iere des mescréans sathalites le fils de perdition^ le disciple de Mahommet, le messager de antechrist,lespouvantal»le dessimples brebisettes, le flayaudes chrestiens, le hcrauh d enfer et la dure verge de Dieu poiudant et criminelle Je qui tu es persécutée: nest-ce celui qui de ses menaces vouloit épouvanter tout le monde, qui comme tonnoire soubdaine espart sa voix jusques en affrique: nest ce le très-

difforme monstre a sept testes serpentines qui sur ses es* paulles porte les sept péchez mortels, Presumption, Détrac* tion, Ingratidode, Ambition, Prévarication , OI>stinaitioay Infidélité, Inhumanité^ Tyrannie et Arrogance, Jactance Désespérance, et mainte autre branche vicieuse jusqncs au nombre de cinq cent et dix sept, qui comme pieds fermes et stables le soubstiennent ensa cruauté. N'est-ce celui qui soubz sa bannière tyrannicque ensanglantée de sang humain a faict fleschir infînis roys: n'est«ce celui qui semc sa mauldite zizanie en tes jardins injuriant notre foi catholique, blasphémant Tangelet de Dieu? n'est ce cellui qui loup ravissant se fiert est ouailles du sainct pasteur, et qui dessoubz sa bannière mahom^icque par volupté chamelle les abreuve de son veninf n'est ce cellui dragon tout envenymé contre nostre mère saincte église^ dont fl est escript en lappocalipse (exurget dracho ).Nest ce cellui qui en sueur terrible met les rois et les meiUeurs princes de la terre, voulant recouvrer les brebis perdues et ne lui peult on diminuer ses pieds. N'est ce mye Mercure le dieu deloquencé nbstremére saincte Eglise qui par dévotes oraisons procure à Dieu ta délivrance. N'est ce mye Marc le dieudes batailles noblesseencueur, lenoble roy des Rommains lui achevé remettra sesarmcs sus. N'est ce point ce noble seigneur leduc des airf et autres capitaines. Et comme planettes illuminanses basses régions sont pour secourir les glorieux Throsnes de Bonrgongne en enlx arrestant au tresrespledissant soleil notre sainct père le pape. Ne sont-ce point lesétoilles semblablement qui se esleveront contre icelle beste ettejecteront de ton tene« breux umbrage et réduiront a clarté. Ne seront ce point ces courageiix lyons de qui Sibille dit: (porro kojbrtissimus ab accidente rugiet ). G>nséquemment iceulx lions d'Occident rugiront de couleur céleste macule d'or et auront sept testes cinq cent pieds. Et envoyeront labeste et lui restraindront ses forces et lui dévoreront sa qneue«

O Grèce qui tant as randy de désert pour iaTeetiguer les natures et proprietei dçs besles, as tu Teu e& les forsti orientalles^ ly on pareilz à cenlx y tqz réparateurs rugissait en Occident ! le très victorieux roi des Bommains qui par commune renommée et par Siècles univers est appeBé en fort lyon. N'est ce le Iresredoutéroidetoales bestesmacs a qui estranges^ saulvages, lointaines, prochaine atluyeat a refuge et a garant comme a leur souverain justicier* N'est ce çellui qui en son palais peult rescbauJfer toas les nobles du monde chrétien? ii*est ce cellay qui a attendu et attent toutes les manières des grosses ballaines^et tontesfois il a été couronné roi des regnans. Et si on veult oongnoistres ses qualitez. N'est ce point cestuy mesmes revestu de la couleur du Ciel? Or et azar^divines vertus richesses mondaines. Et en son filz monseigneur l'archiduc d'Austriche redondent en chef comme naturel seigneur des sept lyons de Brabant, L^embourg, Flandres, Bourgongnes, Haynau» Hollande et Zellaude. N'est ce myelelyon a sept lestes qui se veult armer de foy, charité, espérance, justice > force, prudence et attrempance qui sont sept vertus capitalles. Car lui qui vit en l'amour de Dieu croit en soi tous les jours nouvelle force et parfaite bonté, et si Dieu plait envahiront le dragon en&embe et lui rebouterqpt s«^ cornes et avec ce se couvrira d'ung fort et vallereux escu de foy. N'est ce point cellui qui ose de prudent conseil et dit qu^il veult lirer et mettre a?ant sa trèsnoble et tranchant espée de justicef N'est ce cellui aussi qui soubstient sur dnq pieds qui sont cinq perftx> tiens comme hardiesse^ prouesse, honneur, pureté, piûé, nobilité, qui le mèneront amiablement a la fin de son désir.

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