BALLADE
Soaflle, Triton , en ta buece argeoline» Mme en musant en ta doulce mosettey Donne louange et gloire célestine.
An diea Piiéba9 à la barbe roassette, Quand du vergier où croist mainte noisette, Où fleurs d^ lys yasent par millions, Acompaigné de mes petits lyons, Ay combattu Vuniversal Ëraigne Qui m'a tronvé, par ses rébellions, Lyon rampant en croppe de montaigne.
Le cerf volant qui nous fait cest actiue Fut recueilly en nostre maisonnette, Sooëf nourry sans poison serpentine.
Par nous porte sa noble coronnette^ Et maintenant nous poinet de sa cornette. t> sont poures rémunéracions!
Mais Dieu, voyant mes opéracions, M*a fait avoir victoire en la Cbampaigne, Et veult que soit sur François mencions, Lyon rampant en croppe de montaigne.
Louange à toy, glorieuse virgine, Dame Palas, qui r^is mon aubette Quand de Testoc où je prius origine Ay extirpe la venimeuse herbettej
xviii NOTICE
Tant qu^il n*y a homme qui plus barbette, Sans excepter royne, roc ne pyons; G)mmeun Hector ou ung des Scypions, Ou comme Artlius en la g;rande Bretaigne Lui demeuré entre les champyons Lyon rampant en croppe de montaigne
Tremblez 9 Liégeoia« tremblez par légions Car vous verrez, si je veulx oujedaigne^ G>mme je suis, es basses régions, Lyon rampant en croppe de montaigne
Cette ballade d^un homme aussi célèbre queO. Chastellain paraît avoir vivement piqué les Français, et une foule de poètes s'empressèrent d'y répondre. La meilleure des réponses est la suivaur \ te de Gilles des Ormes.
Changez propos, cerf volant, nostrechcf', Disposez vous à guerre et à bataille ^ Vestez armet en lieu de couvre chef, Kl en vos mains glaive qui poigne et taille ^ Faictescryer le ban, et que tout aille Sur ce lyon qui vostre honneur entame.
Qui prent voz biens et dit qu'il ne craint âme Ne roy ne roc, n'en ville n'en Ghampaigne ^ Lors le ferez, aiu plaisir Nostre-Dame, Lyon couchant au pied de la moiitaigne.
N'actendez plus, courez lui sus et brief; Ne le doublez, je vous snpply pas maiUe, Car, si Dieu plaist-jà ne vous fera grief, S'il a gi anl gens, le plus n'est que canaille Qui n'ont harnois ne conduicte qui vaille
SUR GEORGES CHASTELLàIN. xi^p
Et ont le caer faiUy comme une femme.
En Tassaillant irequevrezloz et famé.
Et vous tiendront un second Charlemaig^ne» Uan le ferez, au plaisir Kostre-Dame , Lyon couchant au pied de la montaîg^e
Je vous requiers y évit^cemeschef ; Ne souffrez plus qu*il vous rançonne et taille^ •
Or sans burter n'en viendrez jà à chef, Car il est fier comme est un rat en paille. N'ayez jà peur que gendarmé vous faille^ Ne le commun qui tant vous craint et ame: Adventurez à ce coup corps et &me ; Il en est temps^ ou à perte ou à gaigne. Lors le ferez, au plaisir Nostre-Dame, Lyon couchant au pied de la montaigne
Prince puissant que l'église réclamé, Très chrestïen, si vous pouvez sans blâme, Tirez à ^tius Thermyne de Bretaignc.
Lors le ferez, au pla isir Nostrc-Damé , Lyon couchant au pied de la montaigne
Le N". 7686 renferme un grand nombre Je vers it G. Châstellain et de Molinet. Parmi les meilr Ifures pièces de mon auteur je citerai les suivanr ifs.