‹ Chronique de J. de Lalain (volume 2)Chapitre 47 sur 109 · CHAPITRE XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII

COMMBNT MEflSIRE JaCQUBS DE LUAIH EaTBà DKDàHS LE» LICES POUR FAIHB ET ACCOMPLIR 8£i ARMES, lELOS LB

CONTEIfU EN SE5 CHAPITRES.

A.PICÈS ce que les rois d'armes et hérauts eurent fait leur record au roi, il fut ordonné aux connétables et aux maréchaux, que les lices fussent faites et ordonnées; et ainsi le firent en la place des frères prédicateurs; et là furent les lices faites et dressées, et aussi plusieurs échaffauds: car plusieurs chevaliers, et grands seigneurs, tant du royaume de Castille, comme de Portugal, de Navarre, et d'Arragon et ambassadeurs de France, là furent à celui jour, pour la grand'renommée qui en couroit par tout, que chacun avoit désir et affection de les voir: et pour ce furent ordonnés plusieurséchaffands défaire, afin que chacun les pût voira son aises. Et entre les autres en y avoit quatre principaux tenants aux lices ^ lesquels étoient enchâssés l'uni l'autre, c'est à sçavoir celui du roi, et de la reine devers orient, et celui des juges devers occident Et le pavillon de Diego de Gusman étoit dressé et posé vers la partie de midi, et celui de messire Jao ques à l'opposite.

Or vint le jour que les deux champions dévoient faire leurs armes, qui fut le troisième jour de Février, qu'environ étoit neuf heures du matin; ils eu-

trerent au champ seize hommes armes de plein ha rnas, lesquels tous de pied se mirent et posèrent entre deux lices, comme chacun doit sçavoir que les lices sont doubles^ et se départirent os ({uatre cornes des lices pour garder le champ de toutes oppressions; et étoienticeuxembâtonnés(armt'S)dehaches» gîiisarmes^ et autres bâtons deffcusables; et bien peu après yint la reine et son état, et monta sur son échafiaud, non point à manière d'échaffaud j mais éloit une belle maison dressée, couverte et bien tendue de riche tapisserie. Cette maison étoit close entre deux , c'est à sçavoir, de la partie du roi étoit la montée du coté de messire Jacques;; et a*Ue de la reine, du côté de Gusman. ^'^ Et tantôt après arriva le roi accompagné de Âlvaro de Lune grand maître de Saint Jacques, ^'^ de FEvêque de Valence, du comte de 6ene\ ente, et de plusieurs autres chevaliers et écuj'ers, et monta en son échaf- Ciud: puis quand ce vint environ dix heures du matin^ messire Jacques de Lalain eut licence, et coQ^ du roi de soi venir armer dedans son pavillon. Sise paltit de son hôtel tout de pied, armé de hari^de jaune, vêtu d'une robbe d'écarlate fourrée àt martres zébelines, et toute chargée d'ortevrerie, longue jusc]uesaux pieds. Si chevauchoient devant l*i les gentils-hommes qu'il avoit amenés avec lui, HKHilt richement vêtus et habillés. Et étoit addextré

(i)^ tournoj est ainsi que le prëcédcut cop'ë litt^raJcineat par ^"^wiges CbastelUin sur (e procës verbal dressé par Saint Remj dit ^^'io^X)r et rapporté dans le manuscrit 34 ■ 7* J • A. 6.

MUottAhrarde Luna farori da roi, éloit connétable de Castill«i

1 56 CHkONIQtJÈ DÛ BOiï CHEVALIER

de deux notables chevaliers; c'est à sçavoir dé Jean de Lune, qui toute la journée le conseilla, et d'un autre chevalier de Phôtel du roi; et avec ce étoit accompagné de plusieurs gentils-hommes de l'ambassade qui étoient venus de France par devers le roi de Castiile, et d'aucuns de ses gentils^ hommes de sou hôtel, qui étoient de pied, tenants son cheval après lui par les rênes, et les autres entour de lui. Si fessoit amener après lui un moult bel destrier, lequel son armOyeur amenoit; et étoit celui destrier chargé de deux paniers, èsquels étoit le harnas de messire Jacques. Si étoient iceux paniers couverts d'un riche drap d'or. Et en cette manière vint jusques dedans les lices ^ et entra dedans son pavillon, où il s^arma tout à son aise. Puis après qu'il fut armé^ il vint faire la révérence au roi et à la reine^ et à tous les autres qu'il véoit être aux échaffauds. Si s'en vint premièrement mettre à un genouil devant l'échaffaud du roi en lui disant: « Très haut, très excellent, très puissant prince, plaise sçavoir à votre royale majesté, que véez moi ci prêt et appareillé de faire, fournir et accomplir le contenu en mes chapitres^ à l'aide de Dieu et de monseigneur Saint Georges , en vous requérant, très haut, très excellent et très puissant prince qu'il vous plaise à moi entretenir en toute bonne justice, ainsi comme j'ai ma parfaite fiance. » Lors le roi lui dit en la présence de ceux qui là étoient: « Messire Jacques de Lalain, vous soyez le très bien venu, et je le ferai volontiers. » Après cette réponse faite messire Jacques de Lalain se partit, retourna en son pavillon,

qui étoit de soie blanche moult richement armojé de ses annes. Si se fit armer, et illec (là) attendit son champion , prêt pour accomplir le contenu en ses chapitres. Lors lui armé en son pavillon, ceux qui accompagné l'avotent, c'est à sçavoir plusieurs gentilshommes de l'ambassade de France, s'en partirent et allèrent monter sur les échaffaqds qui pour eux étoîent ordonnés.

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