PROLOGUE
Après ce prologue, composé de loo vers de lo syllabes à rimes masculines* et féminines qui se suivent indistinctement, vient le poème. Je me contenterai de donner les titres des chapitres.
Comment AlexandrOf le grand conquérant paisa ]Mur Troye la grant cité destraite où il visita les sépultares de Hector et Acbiles. Comment il leut leurs épitapïies dont k teneur s'ensuyL
Gomment Alexandre^ soy émerveillant de la glaneuse épilaphe de Hector, vint à la tombe de Aehiles et oomnença à lire soû tiltre.
Exclamation d'Alexandre sur la gloire d'Heetor et de khiles désirant le demy tiltre du dit Acbiles pour la victoire qu'il avoit obtenue sur le dit %ctor • — ( Ce morceau Mt en prose. )
La glorification que Alexandre donne au taîHant Crëgeob Acbiles comme victorieux sur Hector.
Le complainte qne fait Hector le fik ainsné de Troye, ta mort vilainement procurée par Acbiles, et comment il lémond les princes du monde à garder son droit et honneur toucbant sa mort glerieuse.
Comment Hector parlant à Alexandre Tincite de non donner si grand'faveur au titre de la tombe d'Acbiles niait
(t) Cd osTraf* a M impiiiné k Parii ta 1 5a5 par Jean St. Dcnû.
±z NOTICE
que souverainement il vueille avoir regard à raison et honneur.— (Ce morceau est en prose.)
Comment Hector continuant son propos fait remontrance à Alexandre que Achiles le tua par aguet et non par Vaillance.
La forme de Thonneste excuse d'^Alexandre envers Hector touchant l'honneur par luy exhibé à sOn intermineur Achiles.
Comment Hector content de Texcuse d* Alexandre Tadtiertit de la mode de son interminement précipité par son ennemy Achtle^^
Gomment Hector , par exemple d'Antipater montre à Alexandre que Achiles ne doibt avoir gloire siir luy non pIusqueieelIuyAntipater sur Alexandre, et que^ si Anti- 'paler a esté traistre à Alexandre > Achiles aeslé meurtrier d*Etector. — (Ce morceau est en prose.)
Commcfnt Alexandre continuant soù exôtise vers Hector luy impétre que Achiles vieigne par devant eulx soy justifier de son crimes — (En prose.)
La complainte qtie fait Achiles pour son rcprochable exploit, priant auxroys et' aux princes qu'il leur plaise de le supporter»
Gemment Alexandre iucfîte Achiles à âoy excuser vers Hector et comment Achiles après plusieurs diCBcultés s*y accorde. — (En prose.)
Gomment Achiles devant le siège des preux, pré^nt Alexandre, fait ses excuses à Hector en condamnant sa faute; et comment Hector réconciliant Achiles le renvoyé à paix — (En prose.)
La conclusion de Fauteur est envers et me semble assez bien écrite pour mériter d'étJre citée: la voici.
Seigneurs royaulx, et vous tous nobles hommes A qui les loz et les gloires sont prosmes^
SUR GEQïlGES CHASTELLAIN. xxiii
Par les records escripts en cestuy livre ,
A ang ehacon selon son esire et vivre ,
Vous est biallé en petite matière
Cas*de baultfhs et de très garant mistère.
Le quel> qui veult le bien en soy comprendre ,
Grantbien, jurant fruits en peult tirer et prendre.
Si le doibt bien savourer et luy plaire.
C'est ung^ mirouer de nobles exemplaires.
Boar en honneur vivre et vertu tenir
Chascun de vous mette peine à retenir;
Car plus sera P homme de haultesta^
Plus digne^u terrer de plus grant parentage,
Plusfortuttéet plus nobU en nature^
Phn enriclii de grâce on d'aventurct
Tant phn luy peult servir en advertence
Et plus donner d'effort et de sentence.
Entendez bien la chose si est telle
Que quand estât de noble parenteUe
Qui de ses droits devoirs, noblesse abuse>
Ge n'est pas cas dont se doibt prendre excuse^
Ains, d'autant plus se rabaisse en sa faulte
Quand plus appert sa gloire estre haulte.
Et n'est si hault glorieux nom netiltre
Que, par le ray d'un vicieux éeliptrc,
Poulie ne soit et à terre abattu,
Et retiré du siège de vertu
Sur quoy honneur couronne l'es parfdis.
Vneille ou non, il en sera cy faicts.
Seigneurs, pensez à ce qnecy expose,
Car vrai honneur est une digne rose
Qui si petit ne prent de vitupère
Qu'incontinent la tache n'y appert-,
Par quoi plus est précieuse en couleur.
Quant orde elle est plus doibt estre douleur.
nW NOTICE
Vous «n ÉTtt èKtnip\e de Pour k jamaîs en la frésedie histoire.
Si prie à Dieu qn'elle SDÎt bien Tonlne Prenez en gté, Georges (i) vous en salue.
6n Y tronye auâsi ane ballade assez médiocre (|ai oonn menée ainsi:
Lyon rampant en oroppe de montaigne ele«
La strophe suivante m^a paru assez bien.
LyoUf LyoUf yeuiUe fortune ou daigne»
Soubz son eCfort mourrez resplendissant.
Hais il B*est feu que par eau ne s'esteigne Lors que plus est espois et flamboyant. Car Dieu ne fait homme nul si puissant^ Ne roy ne due^ qu'il ne soit transitoire Et sonbs sa main en bail exécutoire A qui lui plaist; ainsi le fault entendre. Mais par raison serez mis en hystoire Second Hector et derrain Alexandre
Le N* 8oo5, i3 est un hymne à la Vierge Mais comme je Vai déjà dit, tous les ouvrages où G. Ghastellain cherche à se montrer homme d^esprit plutôt qu'écrivain simple et natui^l sont ceux où il réussit le moins.
Le N° 9887, i4 renferme un ouvrage Jen prose et un autre ouvrage en vers de G. Ghastellain, L'ouvrage en prose est intitulé:
La déclaration de tous les hauts faits et glo^ rieuses adventures du duc Philippe de Bour^
(1) Ge<Nqg6« ChaiteUaio a Thabihido de terminer ainsi presque tooa %%% ouvrages eu j plaçant son nom.
SUR GEORGES GHASTELLAIN. uv
gagne, celujr qui se nomme le grand duc et le grand IjronparmessiteGeorgesChastellainson indiciaire. Je le donnerai à la tête de ses chro* niques de Boiii^ogne.
Le morceau en ytH a pour titre : lé Lyon bandé: œuvre poétique adressée à la per-^ sonne de Philippe lé boh, duc dé Bourgogne. Ce sont des lobatiigés rîmées en assèt Mauvais vers arrangés en 6i oietaves de 6 syllabes.
Le PT 7655ÎI ne contient qu'une seule pièce de G. Chastellain depuis le feuillet 3^1 jusqu'au feuillet 358.Cest une espèce de poème en quatre parties intitulé: Le nouveau chevalier délibéré y contenant la mort du duc Philippe de Bourgopie qui trépassa devant Nancf en Lorraine. Les premières strophes sont élégamment versi^ fiées.
Ainsi qu'à Farriëre saison Tant de nos jours que de Tannée, Je partis hors de ma maison Par une aouldaineacboisouy Seul à part moy * plein de penséo Qui m'acompaigna la journée^ Et me vint en remambrance Le premier temps de mon enfance.
Celle qui moult estoit m'amye Prebt nng propos de vérité Et me dist: « Celui qui s'oblie Fuit honneur*, et si Tame mie, Je le liens pour déshérité Soil d'avoiri oa smtde santé»
xxTÎ NOTICE
Ou d'espoir de g^oe dmne
Que chascun u'est pas d'avoir di{[ne.
K Tu vois sur la saison passée' Herbes, ferres et tout herliaiger L'un tout niort, Fautre sans ramée.
Fleur et odeur tost est cassée»
Plusn*est fleur, ne fruit ne umbraig;e; Tout tend à froideur et à neige; Tout est mort sans nulle vigueur Et n*a plus force ne challeur.
(( Ainsi est de toy clérement Qui le printemps de ton enfance As despêndu entièremenf , Et jeunesse pai*eiUement, Mis tes œuvres en défeillance:
£t si, tu n*as telle espérance Qu'ont les arbres pour reverdir , Car jamais ne peux revenir.
tt Dois>^je oublier où que je soie Ce traicf é qui tant poinct et mord Que feit Aymé de Mont Gesoye , Plus riche que d'or ny de soie Au merveilleux pas de la mort.
Savoir fault qui est le plus foi*t Detov Accident ou Débille Chascun d'eux en a tué mille.
(c Ces deux chevaliers très crueulx.
En la grand forest d'Atropos, Tinrent le pas trop périlleux Trop horrible, trop merveilleux^
SUR GEORGES GHASTELLAIN. xxvii
Sans avoir pour un nuy t repos , En continuant leurs propos De tant combattre et de fcrir Qu'ils firent tout homme mourir*
« Messire Acôdent le terrible
Fornist les jeunes et les jors,
El Débille le très horrible,
Mect à fin par coups invisibles
Ceulx dont la vigueur en est hors
Terribles sont les leurs efforts!
liPurs membres sont si à doubter
Que nul ne les peut éviter. ^
u Sçais tu pas bien que le héraulf > Ta pieçà porté leumespistres?
Tu scaisbien quepoiseet que vanité Accident t*a livré Fassault; Tu as oy de ses cbappitrcs; Il est temps que tu te chappitres; Car tu as marché à Tcmprise Depuis ta première chemise.
n Estu plus fort que n estSamson Ou à craindre que Hercules, Plus saigeque n*est Salomon^ Plus Iieau que le g^nd Absalon^ Plus subtil que Diomedès?
N as tu peur 9 quand tu passe Adès, Cils qui n'ont peu les coups rabattre Dcceulxquil te convient combattre?
« Plus vis, et plus le temps sapprociie Qu'il te convient en champ entrer.
xxTiîi Jfonds
Ta sens déjànti fer qui hoche.
Maladie sonne la cloche^ Au lieu de trompette sonner^ Qui te sémond de toy amier Et de défendre ta querelle Contre la bataille mortelle. y>
Ainsi pensif se m'enliortoit De ce que m'estoit nécessairet Dont la merciai bien estroit, Et lui dis: « Puisqu'il faut quil soit Je ferai ce que je dois faire. »
Lors mon hamoiz je feis trousser Et comme un chevalier vaillant M'amiay et Montay tout errant.
Une fois armé il se met en chemin pour arriver au pas de la mort défendu par Débile (faiblesse) et Accident. Tandis qu'il passait dans une prairie agréable il rencontre Lutin (désordre) avec lequel il est forcé de jouter, mais gnlce à Jeunesse il échappe aux coups de son ennemi et se réfugie chez Entendement qui vit en hermite et se décrit ainsi lui même :
Mon pain est molu de sobressCf
Mon vin trempé de bonne vie^
Mon repos se fait en liesse,
Et suffisance est ma maîtresse*, J'ai repos sans mélancolie y
Céans ne peut entrer ennuis,
Et s'appelle cette maison
La demourance de raison.
Entendement enseigne au chevalier errant la manière dont il doit s'y prendre pour triompher de Débile et d'Accident, et lui montre des reliques
SUR GEORGES CHASTELLÂIN. xxîil
parmi les qui^es se trouvent : Le soc de U charrue 9vec kquel Caïn tua son frère; U diexnise donnée par D^anlre k Hercule; la lance ayec/laq^eUe Achille tua Hector; l'arc avec lequel Achille fut tué par Paris-, répée dont le roi d'Egypte Ptolémée se servit pour tuer Pompée; le glaive avec lequel le roi Marc de Comouailles lua Lancelot; le badelaire de Judith; le clou de Sisara; la fronde de David , etc.
Uauleur quitte Therinite et continue sa route. Il combat à l'enconire d'Age, duquel il se rend prisonnier; celui ci le tient en prison courtoise, en lui prescrivant certaines limites; telles que de ne pas mettre le pied en terres amoureuses, de ne pas traverser le bal de mariage, de ne pas se rendre aux tournois. L'auteur promet; la vue du ]>alais de l'Amour l'égaré cependant un instant, mais il retrouve son chemin et arrive tout doucement a Vieillesse. Mémoire l'accueille et le console. L'au leur lui demande si jamais personne n'a triomphé des deu^x chevaliers, Débile et Accident, qui gardent le pas d'Atropos.
Quand Franche Mémoire enteadil A quel (in tendre je vouloyc Moult doucement me respondit:
« J*ay ouy ce que tu m'as dist.
Où volontiers conseil donroye De parler je t'abuseroye; Mais à l'œil je te montremy Ce que j'entends et que je sais
Franche Mémoire lui mon ti^ealors (es sépulchi^s des anciens trépassés et lui fait voir par écriture ceux qui ont été déconfits ^ar Débile et Accident.
%xx NOTICE
Dans cette |iartiéde son poème, Georges Chas-r lellain passe en revue tous les personnages cités dans ses Remontrances à une reine à V imitation de Bocace.
Jacques de Lalain s'y trouve cité.
Là gissoit soubt sepulcbre hault Ung chevalier mort en ce plain Natif du pays de Hénault Dont le los retint qui moult vault, C'est messire Jacques de Lalain.
Vingt et deux fois fistde sa main Arme 9 aima trente ans accomply^ Et l'a Accidenta mort mie.
Jl n'oublie pas non plus Jacques-Cœur,
Là furent en la terre mis
Deux hommes de grand apparence
L'ung fui Cosme de Médieis
Et Jacques Cœur. Ceux ont acquis
^t mis ensemble grand* iinance^
Mais riens n'y vaull or ne chevance,
J)ébile qui tout vainc et tue
Les assomma de sa massue.
La 4"'. et dernière partie du poème est la des rription de la lutte entre Débile et le duc Pliîlippe de Bourgogne ^^\
(i]Un manu&ciit delà bibliothéqi-e de Monsieur que je Tiens de consulter, contient le poème avec plusieurs strophes supplémentaires, et quelques miniatures et il se trouve attribue à Olivier de la Marche. •S^il est de lui il est bien extraordinaire qu'on y retrouve presque iet mêmes personnages que dans la consolation à la reine d^ Angleterre .et qu* ils y soif nt décrits à peu près de la même manière.
SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxxi
Ce même manuscrit 7655 contient Tépître de G. Chaslellain à Castel Âerin religieux de Tordre de S. Benoit.
Le N* 607 qui renferme Fouvr^c de Seyssel sur la loi salique et quelques autres ouvrages étrangers à mon sujet ne contient qu'une seule pièce de G. Chastellain ; c'est cetteballade que j'ai déjà mentionnée au N"* 7686.
Le N* 739a a élé décrit par M'. Réralio, tome 5 des Notices des manuscrits. C'est un in 4"" sur parchemin orné de i4 fort belles miniatures. Le litre est: Les douze dames de Rhétorique. Ces douze dames sont: Science, Éloquence, Profonditét Gravité-de-sens, Vieille-Acquisition, Multiforme, Richesse-Fleurie-Mémoire, ClaireJnvenlion, Précieuse-Possession, Séduction-Louable, Glorieusc- Achevissance et Noble-Nature ^*^* Ce volume coivtieot une correspondance entre Jean Robertet secrétaire du duc de Bourbon, le seigneur de Mont- Ferrant, gouverneur de Jacques de Bourbon, et Geoi^esCiiastellain.Les mêmes lettres remplissent les 37 premières pages du manuscrit N*. a 08 Supplément. L'objet de ces lettres est de fournir à Jean Robertet Foccasion de rendre son hommage au talent de Georges Chastellain ; et G. Chastellain se montre fort reconnoissant en vantant dans sa correspondance le talent de J. Robertet avec toute l'emphase et la recherche usitée alors dans les ouvrages qu'on regardait comme dignes d'un bel esprit. Heureusement pour l'histoire qu'elle était
'1) Une de ces miuiatures et U page qui cq contient la detcription iffiimt dans le maauiciit de la bibliothèque du roi <pt}e décris.
XtXJl
NOTICE
alors en sous œuvre et qu'on négligeait d'y déployer toutes les ressources de son intelligence. On croyait que cela n e méritait pas qu'(m y mtt autre chose que du naturel.
lies derniers manuscrits dont il nous reste à parler renferment les manuscrits historiques. CesonI les W 8348. 6349. « >8 et 8417.
Les deux premiers contiennent une partie de la Chronique de Philippe le bon qui n'a jamais été imprimée jusqu'ici et sur l'existence de laquelle on avait conçu des doutes. Jule Chifflet lui même ne croyait pas que G. Chastellain eut écrit autre chose sur Philipjie-le-Bon que l'éloge en prose dont j'ai parlé au Di° 9837, i4.
Le K 8348 porte à tort le titre de Ducs de Bre^ iagne. Il n'y est question d'un duc de Bretagne que dansla première page, et cela tout à fait accidentellement. Il contient en effet les 6 dernières années de Philippe4e-Bon, de 1 46 1 à 1 467 époque de sa mort: il est terminépar la table générale des 6. volumes in-folio que comprenaient les chroniques de Bourgogne.De ces 6 volumes je n'en puis retrouver que deux. Le marquis Levert qui s'occupe avec fniitde notre histoiredu moyen âge m'a assuréavoir vu les autres volumes dans labibliothèquedeStVast k Arras, mais on ne peut plus les retrouver; et tous mes efforts pour les découvrir en France et en Belgique ont jusqu'ici été vains Je publierai toutefois la partie de cette chronique comprise dans les N* 8348 el 8349;eUe est d'autant plus curieuse que G- Chastellain a pris lui même une part active à tous les évènients qu'il raconte et qu'il s'y montre toujours (écrivain naturel et quelquefois historien distingué.
SUR GEORGES CUàSTELLAIN. xxxiii
Le ir i iB est un beau manuscrit sur vélin, d'une écriture gothique allongée, de la fin du i5^a« siècle et semblable à ceux qui étaient des^ fines k 1a bibliothèque des ducs de Bourgogne. Il €9t orné d'un grand nombre de miniatures et coii<r tient la chronique ducha^alier Jacques de JLalain telle que je la publie dans ce volume. Je n'ai pi| retrouver les deux autres manuscrits indiqués par Jules Ghi£Bet dans l'édition qu'il en a donnée; mais j'ai lieu de croire qu'il a pris pour guide le même manuscrit que moi, les' lacunes de ce manuscrit et celles de l'imprimé étant presques toujcNirs identiques.
Jacques de Lalain, dit ie bon chevalier, fut un
des chevaliers les plus renommés de l'ordre de la
Toiaon-d'or. Il n'est pa$ de joute où on ne le voie
ignrer avec avantage depuis Vannée i44o où
d^à, à l'âge de igans,il remporta leprix du mieua:
/owmr, jusqu'à la bataille de Poucques eqi 1 453 où
il mourut glorieusement, âgé seulement de 3a ans.
Si vie entière est une parfaite image de son temps.
Les instructions religieuses et amoureuses à la
fois que lui donne son pèi*e avant son départ {N)ur
la cour de Bourgogne rappellent assez bien les
décisions rendues trois cents ans auparavant, à
Vépoquedc la gloire des troubadours, par les ca-
saistes des cours d'amour provençales j et quant
i ses emprises j elles ne sont certainement pas in-
£gnes des plus illustres chevaliers de la table
ronde. La Chronique de Jacques de Lalain et le
Jouvencel de Jean de Beuil amiral de France, me
semblent les ouvrages qui nous représentent le
vxrlv WOTICE
jil us vivement Tëlat de la sociëlé au i5». siècle. G. Chastellain composa sa chroniquedede Lalain entre l'année i468 ^'^ et Tannée i474 ^'^ Le Jouvenccl paraît avoir été écrit à peu près à la même époqae, c^est-à-dîre entre l'année i46o x)ù JeandeBeuU, ayantétédestitué de sa place d^amiral,s^occupa dans ses loisirs à dicter h ses secrétaires, comme d'autres hommes d'état célèbres le firent depuis, les principaux événements de sa vie publique, et F année 1474 où il parait avoir aussi terminé sa vie, étant alors presque septuagénaire. En même temps queces deux ouvrages nous offrent de précieuses révélations sur l'élat social de celle époque, nous y trouvons encore des renseignements historiques assez curieux sur la cour de Bourgogne, de i44^ à ^453 dans 6. Chatellain , et dans le Jouvencel de Jean de Seuil sur les affaires de France depuis la batailk de Verneuil en i4îi3 jusqu'à la bataille deCastiilon en i4^3, intervalle de 3o ans qui offre le tableau
(0 n parle de PKiHppe comme étiut déj^ mort : a A« payi de Haioaut, pom* le temps qu^en étoit prince et seigneur le très glorieux Pkilippe due de Bourgogne. (Préface)
Or Phiippe mourut Je i5 juin i4C5.
Il parle aussi de Lefebrre de St. Bemjr auquel il succéda 'dana Pcmploi de roi d^ armes comme mort aussi.
«Le duc Philippe de Bourgogne, dit-il, (ch. 61} bailla k measire Jacques de Lalain, pour être son juge et tenant son lieu le noble roi d*armes de la Toison-d* or que chacun nommoit Toisoii-d*Or, le que fut tenu tout son viTant, le plus sachant et vertueux et voir (▼rai), disant que pour son temps ëtoit,et pour un roi dWmes le non pareil qui pour lors fut en We* »
Le Fclvrc de St. Reroy mourut Tan 146S.
(2) George Chastellain momiil le uo Mars 1471.
SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxxv
le plus affligeant de nos désastres, et presque ^u même temps Faspect le plus consolant de nos ressources et de nos succès ^'^ .
Jules Chîfllet avait, ainsi que je viensde le dire, publie à Bruxelles chez Vélpius, en i634, laChronique de Jacques deLalain. J'ai coUationné avec soin son édition avec le manuscrit. ii8 de la bibL du roi et je Voffre avec confiance au public comme Fouvrage d'un amusant historien trop long-temps négligé et comme une peinture animée et intéressante des moDurs du i5*. siècle.
Le N*84o7 parait renfermer les actes originaux du roi d'armes de la Toison^' or, aclts d'après les quek G. Oiastellain a composé sa Chronique de Jacques de Lalain. J^y ai retrouvé Fhis torique de presque toutes les emprises de Jacques de Lalain etikse retrouvent textuellement intercalés dans la narration de G. Chastellain. On lit d'ailleurs au chapitre LXXVIII , lors qu'il rend compte du |»ais de la Fontaine des Pleurs, la phrase suivante '-
« Et afin que ^cachiez et croyez cêttay traicté estre my. Toison d'Or, par Tordoimaiice de duc de Bourgs- {ne loo prince et sou souveraia seigneur, les fit et eseri* Tit au mieux qa*il put, non pas si authentiqueraent oomwt il eut bien voulu el que la matière le requéroit, car véritablement ce fat une noble et hante emprise 9 hononUement conduite du premier jusques en fin et bien ligne de mémoire^ si ne se devoit pas celer ni taire une ti notable emprise* »
Le Febvre de S. Remy éloit alors Toison-d^Or, ou roi d^ armes de cet ordre. En comparant \vs
[t) Le Jouiciioel (le Je«n<le fieuil ikit partie de oetle collectioiK
Kxvi NOTICE
différentes pièces insérées au N*. 8407 avec les mêmes écrits dans Georges Chastellain on voit évidemment qu^il les a insérées telles qu'elles lui avoient été données et comme des bulletins officiels auxquels il se seroit donné de garde de rien changer:
A la tête du même manuscrit se trouvent un grand nombre de lettres de défi envoyées à différents chevaliers francois et étrangers par le sénéchal du Hainaut, Jean de Werchin.
Voilà tous les manuscrits de Georges Chastellain qu'il m'a été possible de me procurer. Je publierai dans cette colleclion son éloge du duc Philippe et le fragment de sa chronique de Bourgogne. Quant à ses autres ouvrages en prose» il m'est impossible de les retrouver j je n'ai épargné jusqu'ici aucune recherche pour y parvenir ^ je continuerai encore mes recherches, et si je suis assez heureux pour les découvrir je me hâterai de faire jouir le public des ouvrages d'un historien si inconnu, et digne cependant d'être placé au rang des écrivains les pins distingués do l'aurore de notre littéralure. Je me contenterai maintenant de citer, d'après les chi*oniques manuscrites de Molinet, la lable des chapitres suivants d'un ouvrage de Georges Chastellain qui ne nous est pas parvenu.
Les principaux exploits en armes du duc Charles, écrits par mess ire Georges Chastellain ^ chevalier, son Indiciaire,
1. Le premier grand exploit en «u*nif» du due Charles fut sou voyage eu Fronce, dout sVusuivit la journée d(^ Monl-le-Héry.
SUR GEORGES CHÀSTELLAIN. ixxvii
il. Le voyage de Lîége^ où , en la vertu de son père encore vivant y il humilia les liégeois qui depuis s'éle- ?èrent contre lui nonobstant otages.
m. Comme son père le duc Philippe et lui allèrent à DinaDt
IV. Comme après le trépas de son pere^à causede Nuys ainëgé des Liégeois, il alla au pays et le conquit tout d'un bout à Tautre» villes et châteaux, et les prit par ûéges et par armes; gagna les dits Liégeois et les occit par bataflkrà Bruscan^ entra dedans Liège par les murs qu'il fit abattre, ensemble les portes^ et emporta leur perron à Bruges, et fit de grandes exécutions en la ville.
y. L*année qu'il mena à Péronne à l'encontre des François, là ou le roi en personne avec sou connétable lui Tint au devant pour rompre cette aigreur et emprise.
VL Le retour de Péronne à Liëge^ la dernière fois, dont h âté fat arse, démolie et mise à perpétuelle désertion, le roi même étant venu avec lui à cette piteuse ruine.
Vn. Le voyage d*Anvers et toutes les dépendances d'i- «hiy.
Vm. Le voyage deBeauvais et toutes les conditions.