‹ Chronique de J. de Lalain (volume 3)Chapitre 32 sur 110 · TOUCHA A SON EMPRISE POUR FAIRE ARMES BE CHEVAL ET DE PIED · texte numérisé non relu

TOUCHA A SON EMPRISE POUR FAIRE ARMES BE CHEVAL ET DE PIED

Assez tôt après, lé duc de Bourgogne relourâa de ion pèlerinage et vint en la ville d^Anvers. Jacques dé Lalain sachant la venue du duc, lui alla au devant Si entra le duc dedans la ville d'Anvei's où il fut reçu à grand' joie et liesse des nobles et commun peuple de la ville. Puis quand ce vint le lende^ inain, Jacques de Lalain asseïnbla grand' foison de Seigneurs ses parents et amis, pour l'accompagner Jwr devers le duc; où il viilt, et lui fit sa requête^ laquelle par le duc lui fut béâignement accordée. Et d'autre part, messire Jean de Bonifàce envoya fequérir au duc que ce fût son bon plaisir qu'il lui allât faire la révérence, ainsi comme il appartenoiti

go CHRONIQUE DU BON CHEVALIER

le duc lui accorda, et bailla jour fk)ur y venir, ainsi comme requis Favoit. Le jour venu, ]e dit chevalier, en tel état comme il avoit accoutumé à aller au moûtier et par la ville, portant son emprise, vint dçvers le duc, duquel il fut reçu très honorablement. A cette heure Jacques de Lalain, sachant la venue du chevalier, vint en la présence du duc devant lequel il renouvela son congé; puis marcha avant et s'approcha de messire Jean de Boniface, et lui dit ainsi: « Messire Jean de Boniface, je vois que vous portez emprise pour faire armes j parquoi j'ai pris congé de mon très redouté seigneur et prince, que vous voyez ci présent, de touchera celle, s'il vous plaît; et de vous accomplir à l'aide de Dieu, les armes, telles qu'en vos chapitres sont contenues; lesquelles je crois être telles que nobles hommes doivent faire, et de ce ne fais nulle doute.» Alors celui messire Jean de Boniface répondit : (( Jacques de Lalain, je vous mercie de Phonneur par vous à moi fait, et suis très joyeux et content que vous y touchiez, par ainsi que vous m^accomplirezles armes contenues en mes chapitres, lesquels je vous offre bailler par écrit » Lors Jacques de La* lain a (avec) chère joyeuse répondit qu'il étoit con^* tent, et marcha avant, et toucha à l'emprise d'iceluî chevalier, en la présence du duc, qui alors ao« ccpta aux dessus dits de Boniface et de Lalain, d'être leur juge; et leur dit qu'il aviseroit le lieu, et leur feroit sçavoir le jour qu'ils pourroient faire leurs armes. Lors, tantôt après ces choses dites et proférées , celui de Boniface prit congé du duc et

MESSIRE JACQUES DE LALAIN. Qi

relourna en son hôtel, oii il ne demeura guères qu'il envoyât à celui Jacques^ de Lalain les chapitres de ses armes, qui sont tels que ci-dessus s'ensuivent.

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CHAPIRE XXYI.

Les chapitres des armes a cheval de messire Jean de

Boni FACE.

Al Ii'honneuk et louange de notre Seigneur Jésuschrist et de sa très glorieuse Vierge mère^etde mon<* ieur Saint Georges, Je, Jean de Boniface, chevaier, natif du royaume de Sicile^ fais sçavoir à tous irinces, barons, chevaliers et gentils-hommes sans eproche, que pour servir ma belle dame et pour larvenir au titre de prouesse, du bon congé etlience de très excellent^ très puissant, et très victoîeux prince le roi d'Arragon et de Sicile, deçà et lelàle Phare j'de Valence, de Jérusalem , de Hongrie, le Maïorque, de Minorque, de Corsego (Corse) t de Sardaigne, comte de Barcelonne, duc d'A thèmes, comte de Roussillon et de Pulsardin; je porte me emprise, sous laquelle se contient faire armes à heval et à pied^par ainsi et par telle condition que elui qui premier touchera a ma dite emprise fera rmes avec moi, selon le contenu de mes chapitres i-dessous écrits.

Le premier, que nous ferons armes à cheval; et elui qui premier de nous deux aura rompu six lan-

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ces par le fust (fois), de droite encontre sur %gcj compagnon, acquerra un joyel tel et de tel prix que bon semblera à celui qui n'aura point rompu les dites six lances^lequel jojel sera porlé et présenté par celui même qui l'aura perdu, aune dame ou damoiselle, que celui qui l'aura acquis lui ordonnera et nommera en la cour de très haute et très redoutée princesse la duchesse de Bourgogne et de Brabant^ toutes fois, si aucunes des dites lances se rompoient ]>ar le fer, elles tie seroient point tenues pour rompues.

Le second chapitre est, que s'il avenoit que l'un de nous deux fût porté par terre de coup de lance et de droite atteinte sur Je harnas, celui à qui le cas en adviendra, sera tenu de soi rendre prisonnier à celui qui l'aura porté par terre^ et pour sou acquit et délivrance, sera tenu de donnera la dame ou damoisclle, devers laquelle il sera envoyé^ l'armure de tête qu'il portera à faire les dites armes.

Le troisième chapitre est, que nous serons armés de tels harnas qu^il nous plaira^ à faire armes à cheval, doubles ou sainglcs (seuls), et tout sans mal engin; et n'y aura avantage en Parrêt, que ainsi le porte qu'on en la guerre.

Le quatrième chapitre est ^ que chacun de nous deux portera lances de telle grosseur qu'il lui plaira; sauf qu'elles seront de mesure et de longueur, et à mesurer depuis l'arrêt jusques au bout de la pointe de la lance; desquelles lances je baillerai la mesure: et pourra chacun porter garnison de fer et de rondelles (écus) telles que bon lui semblera.

MESSIRE JACQUES DE LALAIN. qS

]Le cinquième chapitre est, que nous ferons les ^ites armes à la toile, laquelle sera de cinq pieds de ^auteur et non plus.

Le sixième chapitre est, que s'il ayenoit que les dites armes de cheval ne se pussent accomplir à 1^ première journée , qous serons tenus de les parfaire au jour après ensuivant; au cas toutes fois que 30US, ou l'un de nous deux, n'ait essoine (empêchenent) de son corps par maladie ou blessure, tellenent qu'il ne put chevauver ou porter harnas.

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