‹ Chronique de J. de Lalain (volume 3)Chapitre 91 sur 110 · CHAPITRE LXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXV

Comment le duc de BotiRGOGUE se partit de Grakd-

MONT EN TRÈS GRAND* HATE^ POUR AIXER ApRÈS LES

Gantois 9 lesquels s'étoIent levés de leur sxégs

POUR RETOURNER A GaND A SAUVETt.

Or pour retourner à parler du duc de Bourgogne; quand il fut averti du partement des Gantois, comme dit est ci-dessus, lui et ses gens montèrent à cheval, et se bâtèrent fort de chevaucher polir les pouvoir r'atteindre: mais ils ne purent, que premièrement ils ne fussent auprès de la ville de Gand. Messire Jean de Croy qui très désirant étoit de les r^atteindre, chevaucha tant, lui et sa compagnie^ qu'il en trouva un très grand nombre, lesquels se reposoient cuidant ; (croyant) être hors de tous dangers et étoit )à la grosse puissance rentrée dedans la dite ville de Gand. Et quand ceux Qantois qui se reposoient, virent venir messire Jean de Croy, ils se mirent en bataille en une belle place assez près d'un moulin à vent et avoient une bannière et deux penons: et quand messire Jean de Croy vit leur ordonnance, il envoya devers le duc de Boulogne lui dire les nouvelles de ses ennemis, afin qu^il se hâtât

Alors le duc de Bourgogne, moult joyeux de ces nouvelles, férit le cheval des éperons, et tant covamé

chevaux purent aller, se tira devers ses ennemifi: mais quand ils virent la grand' puissance qui s'approchoit d'eux, ils se mirent en fuite et en déconfiture, et s'enfuirent en bois, en marais et en la rivière. Leurs bannières et penons furent pris, et y furent morts et noyés bien de cent à six vingts de ceux qui s'étoient mis en bataille, dont le duc fut moult courroucé de ce que si tôt s'étoient mis en fuite, pour ce qu'en sa compagnie y avoit plusieurs jeunes ëcuyers, qui fort désiroient avoir l'ordre de chevalerie, ayants doute d'y faillir: mais depuis ils trouvèrent bien lieu et place de l'être Après cette déconfiture et chasse, le duc de Bourgogne se vint cette nuit retraire (retirer) et loger dedans la ville de Gaures, où ceux du châlel lui firent bonne guerre, et le lendemain au matin se délogea, et vint loger dedans la ville de Grandmont: et pour parler et sçavoir la vérité des morts et noyés qui furent au lever du siège d'Âudenarde, la vérité n'en fut point sçue, fors ce qu'on disoit, que des villages, que de la ville de Gand, ils perdirent bien deux mille hommes; et qui bien s'y fût conduit^ tout y fût demeuré, et la guerre faillie (terminée), qui depuis coûta la vie de maints vaillants hommes. Depuis ces choses avenues, fureut faites maintes courses devant Gand et autre part,dont je me passe en hrefi mais je yeux procéder et parler des lieux et courses où se trouva ce vaillant chevalier messire Jacques de Lalain duquel ye jvenx parler jusques à sa fin, laquelle fort commençoit à approcher, qui fut^ pitié et dommage, comme ci après pouvez assez ouïr

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