‹ Chronique de J. de LalainChapitre 100 sur 133 · TRE LE SIÈGE DEVANT ÂUDENARDE · texte numérisé non relu

TRE LE SIÈGE DEVANT ÂUDENARDE

JLes nouvelles vinrent au duc de Bourgogne, qui pour lorsétoit en sa ville de Bruxelles, là ou les ambassadeurs des Gantois étoieht et besognoieni pour le bien de la paix, lesquels moult éaintement se gpuvernoient et conduisoient, et ne- sçavoient point la déloyale malice de kurs gens qui là les avoient envoyés et mis en tel danger que s'ils eussent eu affaire à prince furieux, il. les eût fait oc-^ cire et mettre à mort: mais tantôt le fit. sçavoir à ceux ambassadeurs, lesquels furent moult émer* veillés, et non sans cause: si ne sçurent qiie dire, fors tant seulement, qu'ils se mettoient du tout en la bonne grâce du duc de Bourgpgne,, en disant que c'étoit le plus grand déplaisir qui jamais leur put aveair, et que mauvaisement ils étoient trahis. Et lors fut le propos bien chaudement et soudainement changé. Mais le duc de Bourgogne sçavoit que les dits ambassadeurs n'étoient en rien consentants, ni sçachants la grand' déloyauté d'iceux G^nlois: car, comme dessus est touché, il y avoit en la dite ambassade des notables gens de la ville d'Audenarde, lesquels ne purent rentxer dedans pouj;

le siège des dits Gantois, qui, ainsi comme dessus est dit, les avoient assiégés les Guidants (croyant) prendre durant le temps qu'ils demandoient la paix. Et pour la vérité dire ^il y eut plusieurs des dits ambassadeurs, qui point ne retournèrent e» la dSte ville de Gand , pour la grand* fausseté et déloyauté qu'ils véoient être es dits Gantois. Alors le duc de Bourgogne, moult fort animé et courroucé sur l'es dits Gantois^ fit son mandement exprès pour secourir sa ville d'Audenarde,et lui même se partit de la ville de Bruxelles le quinzième jour du mois d'Avril après Pâques , Fan mil quatre cents ônqnante et un^ et vint au gîte à Notre-Dame de Haulx , et le lendemain à Ath en Uaînaut, et là fut jïusques aa vingt et unième jour du dit mois, en attendant ses gens de guerre; et d'icelle ville s'en alla à Grandmont, laquelle avoit été prise et mise au sacquemant (sac), pour ce qu'ils avoient fait lé serment aux Gantois, et avec ce^ âiKÛent pris et élu être leur capitaine l'un d'iceux de Gài>d^ et avoient été pris par messire Jean de Groy grand balily de Hai^ naut et par messire Jacquel» de Lalain. En cette ville de Grand mont étoient avec le duc de Bourgogne et en sa compagnie, le comte de Cbarroloîs son fils, Adolphe fils et frère du duc de Clèvès,mon-> seigneur Jean duc de Coimbre, cousin germaki du roi de Portugal, Cornille bâtard de Bourgogne, kr seigneur de Croy, le seigneur de Bocquem,le seigneur de Croquy , le seigneur de Montagu, le seigneur d'Aussy, le seigneur d'Auinont, le seigneur de Humières^ et plusieurs autres chevaliers et

écuyers ordinairement de la cour du duc de Bourgogne. Et avec eux y étoient le comie> de Saint Pol et deux de ses frères, c'est à sçavoir le seigneur de Fiennes, et Jacques seigneur de Saint Pol, et messire Jean de Croy lesquels avoieni charge de gens d'armes^ et avoient en leur compagnie bien deux mille combattants ^ sans les gens de la cour du duc de Bourgogne.

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