‹ Chronique de J. de LalainChapitre 113 sur 133 · CHAPITRE XCIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIV

Pe Là ROMPTURE qui fut faite A.FIN QUE LE DUC W^ÀLy LAT A l'emprise Qu'iL AVOIT FAITE, jg'esT A SÇAVOIR SUR LE VILLAGE DE MoRBEÇqUE, DONT IL FUT MQ^LT

Courroucé.

Auprès du pays de Wast avoit un très be^u pays qu'on nommoitlcsQuatreMétiers auquel pays avoit un très beau village et grand, nommé Hulsl^ lequeji se tenoit pour le duc de Bourgogne. Ils étoient pei> de gens; si leur fut envoyé messire I^ouis de Mamir nés, atout (avec) environ soixante combattants lesquels confortèrent ceux de Hulst^ et là demeurèrenjt tant que le duc eût envoyé plus grand nombre ,de gens; durant lequel temps, le duc sachant que pa^son fils le comte Cliarrolois n'ayoit été faite ni achevée l'emprise qui lui étoit ordonnée, açseiubla son cour seil pour sçavoir que il avoit à faire touchant le village de Morbecque, lequel sur toutes choses suj? l'heure désiroit prendre par force; pourquoi furent députés et ordonnés ccrlains chevaliers à mettre par écrit la manière et la conduite de l'assaut d'iceluji Morbecque. Et en furent le seigneur dp Créquy, le

becque: mais pour la grand' chajeur qu^il fitce)oiir, le comte d'Étampes retourna à Wessemenstre; et à la vérité dire, il fit ce jour une si grand' et si tris âpre chaleur 9 qu'il mourut un gentil homme de chaud, et en furent cinq ou six grands seigneurs en danger de mort^àcause d'icelle chaleur; et disoient les aucuns, que oncques en leur vie n'avaient vu faire si très grand' chaleur pour un jour au pajs de Flandre. Puis quand ce vint le lendemain, que fut la nuit de Saint Jean, il fut ordonné que le comte de Charrolois iroit à puissance courre devant le dit village de Morhecque; et en sa compagnie avoit plusieurs grands seigneurs, et étoient en tout environ deux mille combattants. Ils firent leurs ordonnances, c'est à sçavoir avant-garde, bataille et arrière-garde, à demie lieue près du dit Morbecque entre une abbaye nommé Boudelo,et un gros village nommé Stecque. Et furent envoyésles coureurs, lesquels allèrent jusques entre la dite abbajre et celoi village de Morbecque qui étoit comme à un quart deUeue près, et là trouvèrent deux forts boulevards que les Gantois gardoient; ils retournèrent incontinent et firent leur rapport au comte de Gharrobis et aux seigneurs , qui avec lui étoient, et que si on les vouloit assaillir, il convenoit que l'avantrgarde s'approchât Toutes fois pour cette heure on n'y alla point : car ou doutoit (craignoit) la personne du comte de Charrolois qui faisoit fort à peser, et s'en retournèrent sans rien faire, de quoi le comte de Charrolois fut très déplaisant et courroucé à merveilles; et aussi fut le seigneur de Créquj, car il conseilloit

toujours, et étoit son opinion telle, qu'on devoit aller et approcher le dit village de Morbecque de plus près, et selon ce qu*on trouveroit, aller avant ou s'en retourner au logis de Wassemenslre, laquelle <:hose on fit; et ainsi s'en retournèrent au dit logis, sans aller plus avant pour cette fois.

Page 1