CHAPITRE XCVI
.Comment jle duc de Bourgogne fit bouter l^s feux
DEDàNS MoRPECQUE ET AUTRES PI.USI6URS VILLAGES^
Le premier jour de juillet ensuivant, le duc de .Bourgogne envoya raessire Louis de U Viéville et messire Louis de Mamines en la ville de l'Écluse quérir des vivres: car le pain étoil tailU, (manqué)et .étoit très cUer en Tostdu duc; et leur fut comiBandé qu'ils amenassent leurs yivres à un village nommé Wacquebecque, qui est un beau village séant à deux lieues de Gand. Le duc de Bourgogne fut logé au dit lieu de Acqueselles trois jours jen tiers, et le quatrième jour, qui fut troisième joqr de juillet, se délogea et s'en alla loger au village de Wacquebeque. Mais avant son partement il envoja courre à puissance dedans un fort village nommé Morbecque lequel étoit de fortes avenues, là où on cuidoit (crojoit) moult grand nombre de gens. Et firent la course les gens de messire Jean de Cro^, et y furent le seigneur de Mingoval, messire Jean de Rubempré neveu du seigneur de Croy, et plusieurs autres .chevaliers et écuyers. Au dit village de Morbecque n'avoit nul, car tous s'en étoient fuis dedans la ville de Gand ou dedans les marais du dit Morbecque lesquels sont marais où on prend tourhes: lesquels sont tant périlleux, que nuls et r an-
306 CHROMQUE DU B05 CHEVALIER
gers nV peuvent ni ne savent comment entrer que ce ne soit en péril et danger de perdre la TÎe; el tels V entrèrent pour cuider ^croire) gagner yCpn oncques puis n'en revinrent: mais comme j*entaDds,iIs liV furent que deux ou trois.
Quand les dt^ux de Rubempré et de Miranral % iront que autre cbose ne se pouvoit faire èsdits marais lesquels on appelle Alounes, ils firent boatcr le feu au dit village de Morbecque : car on iev a voit commandé. Si fut ladite course faite lèpre* mier jour de juillet. Et pour revenir à notre nntière du délogement du bon duc, vérité est qu'il m délogea le troisième jour de Juillet de ce bel et gros -village d'Acqucselles que ceux du pays ne tencnait pas pour village, mais pour bonne ville, ayant armes, loi et maison de ville, et avec ce y avoit bien de deux à trois mille maisons lesquelles au déloger furent presque toutes arses (incendiées); et peu yen demeura, fors qu'une très belle église et la maisoQ de messire Gujr de Ghi telle laquelle étoit enclose d'eau et de fossés, et fut garantie du feu, pour ci que le chevalier tenoit le parti du duc son seigneur. Ainsi comme vous oyez se délogea le duc et loat son ost ; si chevaucha en la plus belle ordonnanee qui pour lors faire se pou voit: car on ne poavoit chevaucher que par les chemins, tant étoit le pays fossoyé. Et encore étoient tous les chemins bouleverqu(is(fortifiés)mais ceuxboulevards étoient ronpus, et les chemins refaits et alla celui jour loger le duc à Wallebecque^ dont dessus est faite menlioni et là fut deux jours^ et illec(là) lui vinrent vivreçjJe
FLcluse en grand' abondance quereessire Louis de la "Vie ville et jnessire Louis de Mamines conduisirent, ainsi que chargé Ipur avoit été, et bien le firent. En ces deux jours qoie le duc et son ost furen t logés en celui villagede Wallebecquc , coururent plusieurs gjens de guerre les pays J'entour le logis. Si furent les aucuns devant une petite place qui se tenoit, laquelle fut prjsede force et lous ceux 4e dedans mis à la mort. Làentour du dit Wall ebecque fut trouvé tant de bêtes à cornes qu'on n^en savoit que faire, et en gagnèrent si largement que celui qui avoit quatre écus avoit cent bêtes à cordes .qui acheter les vouloit.
Eiitourle dit village de Wallebecque avoitgrands marécages, et si y passoit la rivière de Drosne, et étoient les dits marais de très mauvais fond. Et pourtant iceux marais furent avisés par messire Daviot de Poix et par le seigneur de Contaj, et fit on refaire aucuns passages, espérant que tout Tpst du ducy passeroitj et défait fut l'entreprise faite pour y passer, et y passèrent plusieurs, tant à pied i^omme à cheval : mais les dits marais s'effondrèrent tellement, qu'il fallut cesser le passage; et qui pis fut, il convint repasser ceux qui étoient allés outre les dits marais, car si Gantois fussent venus sur eux , on ne les eût pu aider ni secourir. Si furent ceux qui étoient passés, au repasser tellement mouillés et brouillés, que c'étoit grand' pitié à les voir^ et pour cette cause fallut demeurer tout le jour à Wallebecque, et convint aller refaire les passages et ponts de Morbecque. Puis se déloge^ Je
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duc le sixième jour du mois de juillet lui et tput son osl, et au déloger on bouta les feax partout; et si av oient êtes boutés le jour de devant en plu^ sieurs villages, tant à Artevelle comme ailleari Ce sixième jour de juillet, le duc de Bourgogne passa la rivière de Drosne,à un passage à guet nommé Draghenen, et auprès (J'iceluî passage se logea le duc et tout son ost