‹ Chronique de J. de LalainChapitre 2 sur 133 · SUR GEORGES CHASTELLAIN · texte numérisé non relu

SUR GEORGES CHASTELLAIN

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X^ENDANT tout Ic sièclc quî s'écoula depuis la malheureuse bataille de Poitiers en 1336, jusqu'aux dix années qui précédèrent l'expulsion définitive des Anglais en 1 4^3, la France, déchirée à la fois, et par les attaques des ennemis du dehors et par les querelles intestines du souverain avec les grands vassaux qui l'abandonnaient au moment du besoin ou se joignaient même aux Anglais contre lui, sans agriculture, sans industrie , sans commerce, sans capitale qui put servir au moins de refuge aux arts et aux lettres naissantes, sanè trêve et sans repos, ne semblait plus conserver assez de vie pour pouvoir jamais se former en corps de nation forte et unie. Tandis que les Anglais occupaient ses plus belles provinces du sudouest et étendaient leur influence turbulente sur celles du nord, le roi de Navarre au midi s'avançait pour venger ses injures^ et fort de ses anciens droits sur la Champagne enlevée à sa famille et de ses nouveaux droits sur le comté d^Evreux, prince français, il entourait les souverains français de sa puissance et de ses intrigues. Au nordouest les ducs de Bretagne alliés constants des Anglais aspiraient à l'indépendance, et les ducs de

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Bourgogne, souverains d'un éfat opulent, n'étaient déjà plus dépendants que de nom. Il y avait en France des Bourguignons , des Bretons , des Provençaux , des Navarroîs, des Anglais j on se demandait où étaient les Français.

De tous les grands vassaux les ducs de Bourgogne du sang des Valois, furent ceux qui conservèrent le plus long-temps leur influence audedans de la France et leur prépondérance dans leurs propres états. « Je veulx bien que chacun sçaiche, disoit Philippe-le-Bon en i464 au chancelier de France^*\ que s'y j'euisse vouUu je feusse roi. »• C'est à lui surtout que l'empereur Constantin Paléologue, menacé de près par les Turcs, s'adressait pour réclamer des secours. Les nombreux vaisseaux des marchands flamands qui parcouraient les mers du Levant ^'^ l'avaient fait placer par les peuples de l'orient au rang des plus puissants souverains et on le connaissait sous le nom de Grand duc de Voccident.Si ce duché ne devint pas un royaume à la faveur des troubles qui désolaient les états du suzerain, il faut moins l'attribuer peut-être à la jolousie de l'empereur d'Allemagne et du roi de France qu'à l'esprit de résistance qui animait encore les villes opulentes de la Flandre. Malgré tous les efforts des ducs de

(i) Mémoires de J. daClercq L. 5 Ch. i5. J. A. B.

(3) VoycB un excellent mémoire de Mr. de Reififenberg wxr Tétit de la population ) des fabriques et manufactures et du commerce dans les proTÎnces des Pajs-Bas, pendant ie i5e. et le 16e. siècle. Ce mémoire, couronné par Tacadémie royale de Bruxelles , se troure dans la •oUection des Mémoires des prix pour 1820. J. À. B.

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Bourgogne pour anéantir les privilèges des Flamands, les villes de Gand, de Bruges, de Liège, de Malines, de Dordrecht, opposèrent constamment une digue puissante aux empiétements du despotisme ducal. « Ce nom de roi, disait dans le siècle suivant Guillaume de Nassau dans son apologie, en parlant de Philippe II, ce nom de roi m'est inconnu... Je ne connais en ce pays qu'un duc et un comte duquel la puissance est limitée selon nos privilèges , lesquels il a jurés à sa joyeuse entrée. » Souvent comprimées dans leurs révoltes par le secoui's que prêtaient les rois de France à leurs ducs, elles n'en conservaient pas moins toujours des habitudes de liberté qui donnaient une grande impulsion à tous les développements intellectuels de leurs habitants. Le commerce, presque dégagé de toutes entraves, avait élevé les villes manufacturières de Bruges, de LiUe et de Dinaut au plus haut degré de splendeur ^'\et malgré la prodigalité désordonnée dû

(i) Cette opuence entraiaait souvent lesducft de Bourgogne h des luctions aux qoeUes il n^ëtait pas toujours aisé de résister ; ou eu jugera par le fait suiyant raconté par J. du Clercq (L. 3 Ch. 27]

« En icelui temps (i4^7) ^^ Pelletier nommé Jean Pinte étant mort, le lendemain matin ^ ainsi que Jean Pinte fut mis en terre, sa femme, la quelle étoit jeune femme de trente-quatre ans ou enriron, fiança et épousa ce propre jour un nommé Willemet de Noeu ville, Pelletier aussi , de rage de vingt ans ou enyiron,et la nuit ensuivant ooQcIia avec son dit second mari. Je mets ce par écrit, pour tant que ttoune je crois, on a vu peu de femmes soi plust6t remarier; combien 91e en aucunes manières on la pourroit excuser, car en c:e temps , par tout le pays du due de Bourgogne, sit6t qu'il advenoit que aucuns marchands, labouriers, et aucune fois bourgeois d^une bonne vil'e, ou officier trépassoit de ce siècle , qui îdi riche , et il délaissât sa

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souverain et les pillages des gens de guerre, une industrie active réparait à mesure les sottises du gouvernement. Le despotisme n'était pas moins destructeur dans les autres pays voisins et on n'avait pas les mêmes ressources pour réparer ses ravages, k En Flandre, dit Meyer ^'\ Vopulence régnait partout et tous les genres de commerce avaient pris une grande extension. La France était au contraire si désolée que non-seulement on n'y ensemençait par les terres, mais que les bruyères et les mauvaises herbes croissant partout lui donnaient l'apparence d'une immense forêt d'où sortaient comme d'un sûr repaire les loups et d'autres bêtes féroces pour attaquer et emporter les hommes. l]n grand nombre de marchands de la ville même de Paris avaient suivi le duc de Bourgogne en Flandre. »

Pendant que l'industrie commerciale • des Flamands fournissait à Philippe-le-Bon les moyens de satisfaire son goût pour la magnificence, l'institution de l'ordre de la Towc/z-J'Or, fondé par lui

femme riche , tantôt te dit duc, sonfîls, ou autres de ses pays, ▼ouloicnt marier ces dites tcutcs k leurs archers ou autres leurs serviteurs; et falloit que les dites veuves, si elles se vouloîent marier, qu'aèdes épousassent ceux que leuirs seigufurs leur vouloieiit bailler, ou fissent tant par argent, au moins tant k ceux qui les vouloîent avoir comme k ceux qui gouvernoieot les seigneurs , et aucunes fois aux seigneurs mêmes, que ils souITrlssent que elles se mariassent k leiir gré; et encore étoient elles les plus heureuses qui par force d'amis et d^«rgent en pouvoient être délivrées, car le plus souvent, voulussent ou non, si elles se vouloient marier , il falioit quelles prissent ceux qu0 les seigneurs leur vou'oient bailler. Et pareillement, quand un homme étoit riche et il avoit une fille k marier, s^l ne la marioit bien jeune, il étoit travaillé (tourmenté), comme est dit ci-dessus. T. A. B.

( i) Annales Flandrioc Lib. XVI. fol. 273 verso , k rannce 14^9^ J* A. B.

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le 10 Janvier 14^9 à l'occasion de son mariage ayec Isabelle de Portugal, en donnant un lustre nouveau à la chevalerie faisait de sa cour le rendezvous de tous ceux qui cherchaient à retrouver dans ces jeux et l'image et la gloire des vérita- Mes feits de guerre. Dans toutes les fêtes, dans toutes les occasions solennelles , des joutes étaient proclamées, et les nouveaux chevaliers de laToison-d'Or , ainsi que leurs nombreux émules , se présentaient pour rompre quelque lance en l'honneur des belles. J. Duclercq raconte dans ses intéressants mémoires ^'^ un fait qui peint parlaitement les habitudes de cette cour galante et guerrière.

« La conttesse de Nevers, dit-il, après avoir été festoyée dix jours durant à Lille par des joutes et courses de lance se partit le 1 1 de la dite ville pour aller à Eaglemoustier où était la comtesse d'Etampes sa belle sœur; et la convoya Cconduisit) le duc Philippe, et Adolphe de Clèves avec lui sixième, armé au blanc, chacun ayant sa lance derrière; et comme ils la convoyoient, environ un quart de lieue près la dite ville, à un poncelet fpetit pont), vinrent à l'encontre des dites dames Charles comte de Charolois, fils du dit duc, et messire Anthoine, bâtard du dit duc , eux sîxiè- Bies armés tout au clair; lesquels vinrent au dit poncelet et demandèrent au dit Adolphe qui il ^toit et où il menoit ces dames; lequel leur répondit qu'il ne leur chaussit (importât), et qu'ils

(1) Livre 3. Cil. 36. Les mémoires de J. du CIcrcq formeront trois volâmes de cette série de ma colieclioii. J. A. B.

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les laissassent passer leur chemin, car ils ne demandoîent rien. Lors le dît Charles , comte de Charolois, lui et ses gens, avalèrent (abaissèrent) leurs lances, et le dit Adolphe pareillement » et férîrent ensemble; et rompitchacun sa lance; puis saisirent leurs épées, lesquelles étoientrabatuies et tournantes, et illecq (là), comme en un tournoi, traitèrent tant l'un l'autre que chacun se recrandesist (rendit); el quand fut recrant (rendu), ils ôtèrent leurs heaumes, et vinrent aux dames, et les mirent en un très bal hôtel assez près du dit pont, qui étoit au frère maître Betremy, à la Truye, jadis maître de la chambre des comptes du dit duc, auquel lieu le dit comte deGharoiois avoit fait appointer un moult riche manger; et après manger, chantèrent et dansèrent; et après tout ce, les dames remontèrent à cheval; et illecq (là) prit congé le duc aux dames et s'en retourna à Lille, et les dames et ledit comte de Neverset< comte d'Étampes à Englemoustier. »

PoTîr que ces beaux coups de lance ne restassent pas en oubli , parmi les quatre grands officiers de l'ordre de laToison-d'Or, deux, le'secrétaire ou gretTier et le roi d'armes, étaient spécialement chargés de les enregistrer et de les cAroniscr. Jean le Febvre seigneur de Saint-Remy i fut le premier roi d'armes de la Toison -d'Or, et il J nous a laissé des mémoires fort curieux sur soa i temps. ^'K Son successeur Georges Chastellain,att' teur de cette chronique du chevalier de Lalaiiif acquit une bien plus haute célébrité encore, tt

( i^Ces mémoires font partie de cette coUeiption* J. A* B.

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n'est pas un écrivain du temps qui n'en iasse les plus brillants éloges.

fc Hélas, mon prince, monseigneur et mon maître, dit Olivier de la Marche en s'adressant à l'arcbîduc Philippe ^*\ j e plains et regrette, pour mettre ces points jusqu'à votre connaissance, que je sais lai, non clerc, de petit entendement et nud langage et que je ne puis avoir le stile et le subtil parler de messîre Georges Chastellain , trépassé, chevalier de ma connaissance, natif Flamand, toutefois mettant par écrit en langage François, et qui tant a tait de belles et fructueuse choses de mon temps, que ses œuvres, ses faits, est la subtilité de son parler lui donneront plus de gloire et de recommandation à cent ans à venir que aujourd'hui. »

Le Febvrede Saint Remy^'\Molinet^^^Robertel, Geoffroy de Tory ^^\ Pierre Fabry ^^\ Guillaume Crétin ^^^^ Jean le Maire Belge ^'\ Etienne Pasquier ^'^Pontus Heuterus^^\ Aubert le Mire^"'^

(i) Introdaclion des mémoires d^Olivier de la Marche. J. A. B. (a) Dans ses mémoires. J. A. B.

(3) Dans sa chronique restée manuscrite mais dont M. de ReiHcnl>erg va donner une édition avec inexactitude et la saine critique qui U caractérisent. J. A. B.

(4) Vanp son liTre intitulé le Champ Fleury. J. A. B.

(5) Oaos son prologue sur tort de pleine rhétorique. J. A. B.

(6) Dans sa Défloration sur le trépas d^Oekegem ixésorier dt St. Martin deXonrs. J. A. B.

(7) Dans son traité intitulé La concorde des deux la^ga^es François OC 2'o«can, imprimé k Paris en i5a8. J. A. B.

(8) Recherches de la France^ Iît. 7^ cbap. 8. J. A. B.

(9) Res Burgundica lib. 4»^ Phijippo bono, subfinem. J. A. B. (10) In Elogiis Belgicis. J. A. B.

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les laissassent passer leur chemin, car ils ne demandoient rien. Lors le dît Charles , comte de Charolois, lui et ses gens, avalèrent (abaissèrent) leurs lances, et le dit Adolphe pareillement, et férîrent ensemble^ et rompit chacun sa lance; puis saisirent leurs épées, lesquelles étoientrabatues et tournantes, et illecq (là), comme en un tournoi, traitèrent tant l'un l'autre que chacun se recrandesist (rendit); et quand fut recrant (rendu), ils ôtèrent leurs heaumes, et vinrent aux dames, et les mirent en un très bal hôtel assez près du dit pont, qui étoit au frère maître Belrcmy, à la Truye, jadis maître de la chambre des comptes du dit duc, auquel lieu le dit comte de Charolois avoit fait appointer un moult riche manger jet après manger, chantèrent et dansèrent; et après tout ce, les dames remontèrent à cheval; et illecq (là) prit congé le duc aux dames et s'en retourna à Lille, et les dames et le dit comte de Neverset, comte d'Étampes à Englemoustier. »

Poîîr que ces beaux coups de lance ne restas* sent pas en oubli, parmi les quatre grands officiers de l'ordre de laToison-d'Or, deux, le secrétaire ou gretTier et le roi d'armes, étaient spécia*' lement chargés de les en registrer et de les chro^ niscr. Jean le Febvre seigneur de Saint-Remy fut le premier roi d'armes de la Toison-d'Or, et il nous a laissé des mémoires fort curieux sur soa temps. ^'\ Son successeur Georges Chastellain, auteur de cette chronique du chevalier de Lalain , acquit une bien plus haute célébrité encore. Il

( i^Ces mémoires font partie de cette collection. J. A. B.

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n*est pas un écrivain du temps qui n'en iasse les plus brillants éloges.

fc Hélas, mon prince, monseigneur et mon maître, dit Olivier de la Marche en s'adressant à l'archiduc Philippe ^*\ j e plains et regrette, pour mettre ces points jusqu'à votre connaissance, que je suis lai, non olerc, de petit entendement et nud langage et que je ne puis avoir le stile et le subtil parler de messîre Georges Chastellain, trépassé, chevalier de ma connaissance, natif Flamand, toutefois mettant par écrit en langage François, et qui tant a fait de belles et fructueuse choses de mon temps, que ses œuvres, ses faits, cit la subtilité de son parler lui donneront plus de gloire et de recommandation à cent ans à venir que aujourd'hui. »

Le Febvrede Saint Remy^'\Molinet^^^Roberlel, Geoffroy de Tory ^^\ Pierre Fabry ^^\ Guillaume Crétin ^^^^ Jean le Maire Belge ^'\ Etienne Pasquier ^'^Pontus Heuterus^^\ Aubert le Mire^"'^

(i) lotrodactûm des mémoires d^Olmer de la Marche. J. A. B. (a) Dans ses mémoires. J. A. B.

(3) Dans sa chronique restée manuscrite mais dont M. de ReiHenherg Ta donner une édition avec inexactitude et la saine critique qui le caractérisent. J. A. B.

(4) Vmnp son liTre intitulé le Champ Fieury. J. A. B.

(5) Oaos son prologue sur tort de pleine rhétorique, J. A. B.

(6) Dans sa Défloration sur le trépas cTOekegem trésorier de St. Martin deXonrs. J. A. B.

(7) Dans son traité intitulé La concorde des deux Ictriga^s François OC l'oscon, imprimé k Paris en i5a8. J. A. B.

(8) Recherches de la France ^ Iît. 7^ cbap. 8. J. A. B.

(9) Res Burgundica lib. 4»^ Phijippo lK>no, subfioem. J. A. B. (10) In Elogiis Belgicis. J. A. B.

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Viilère André ^'\ et en un mot tous les écrivains belges de son siècle et tous ceux qui ont écrit sur Vétat de la Belgique sous Philippe-le-Bon se sont empressés de placer Chastellain au premier rang des écrivains. Et cependant cet écrivain si célèbre de son temps est complètement inconnu, même de nom, aujourd'hui. En lisant ce qui nous restait de lui je me suis convaincu qu'il ne méritait pas un aussi complet oubli. Le public français va être à même d'en juger par La Chronique de Jacques de Za/a//2 et par une partie de la CArom^we de PhL lippe-le-Bon qui feront partie de cette collection- Georges Chastellain, dit l'Aventureux, naquit à Ganden i4o4. Il vécut dans la familiarité des plus illustres chevaliers de la cour de Bourgogne et ses mémoires sont remplis du récit des événements auxquels il s'est trouvé mêlé et dont il a reçu personnellement la confidence. Après avoir long-temps fait la guerre il entra au service du duc Philippe de Bourgogne en qualité de panetier et de conseiller intime. En 1 468 il succéda à Le Febvre de Saint-Remy dans la charge de premier roi d'armes de la Toison-d'Or. En i473, lors du chapitre général de l'ordre de la Toisond'Or célébré à Valenciennes, il reçut de Charlesle-Téméraire la dignité de chevalier et le titre d'Indiciaire ou historiographe de l'ordre. Il mourut pendant le siège delà ville de Bruges en i474 et fut enterré dans l'église de La Salle-le-Comte à Valenciennes où on lisait autrefois son épitaphe conçue ainsi qu'il suit et attachée dans un tableau

contre un pilier.

(i) InBibliolhecà Belgicâ. J. A. B.

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Ci dessous gist, d^excellente mémoire, George ChasteUaiii,cheTalier, lequel , après aroir circujr diverses régions et en ic elles exercé ses armes militaires, eneage florissant, au pouvoir de ses sens, s^est venu rendre au service du très victorieux Philippe duc de Bourgogne , en estât de panetier et priyé conseil; et au reste de vieillard a prins si. glorieuse occupation k réduire les gestes de ce feu tant triomphant prince par tel ordre et diligence, que à la récitation de ses escrits fleuriront en perpétuelle recordation es cœurs des uohles el clairs engins. Vive et règne son esprit en étemelle félicité ! Et au comble de LXX ans décéda de ce siècle le XX de Mars MCDLXXIV.

Priez Dieu pour son dme.

Jean le Maire, neveu de J. Molinet et secrétaire de Marguerite d'Autriche a composé sur Georges Chaslellain et sur J. Molinet son oncle répitaphe suivante.

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