CHAPITRE XXXIII
Comment messire Jacques de LalAin se paktit de la COUR DE Frange, et vint en Navarre devers x.e
ROI, ou IL FUT bien REÇU ET FESTOYÉ DU ROI, DU PRINCE ET DE LA PRINCESSE DE NAVARRE^ LAQUELLE ÉTOIT SOEUR AU DUC DE ClÈVES.
J^Iessire Jacques de Lalain, qui étoit pour lors en l'âge de vingt trois ans, voyant qu'en là cour du roi de France, ne s'éloit apparu nul pour venir tou-
sera tenu d'envoyer son gantelet là où je lui ordonnerai, par un officier d'armes, lequel sera tenu de certifier les armes telles qu'elles auront été faites.
Le sixième chapitre est: Si en faisant les dites armes, il avenoit que l'un de nons deux fut dégarni de sa hache en combattant, celui à qui il a viendra le premier, sera tenu de donner à son compagnon un diamant.
Le septième chapitre est: Que nous combattrons de hache et d'épée telle que chacun de nous voudra porter selon la façon accoutumée à combattre à pied: sans croc, ou nul autre mal engin quelconque.
Le huitième chapitre est : Que les dites armes à pied dessus déclarées, faites et accomplies, au cas que le plaisir de mon compagnon sera de faire armes à cheval, et me voudra de ce requerre, je serai prêt le tiers jour après ensuivant, pour le délivrer ce jour autant de Icourses de lances qu'il lui plaira, et par la manière ci après déclarée, pourvu que je n'aie essoine(empêchement) de mon corps, telle que je ne puisse bonnement porter armes, ou autre excusation raisonnable.
Le neuvième chapitre est: Que nous serons armés de harnas accoutumés de porter à faire aroies à cheval, doubles ou saingles (simples), sans targe od écu, ainçois (mais) chacun de nous serons sans arrêt avantageux et sans attacher longe à la sella
Le dixième chapitre est: Que nous courrons à la toile, et de lances pareilles, et de chacune lancô tant et si longuement qu'elles seront rompues pat
le fust (bois), ou par le fer, soit esgrannie (brisée) d'un doigt ou du moins.
Le onzièméchapitre est: Pour faire les armes dessus dites et les accomplir de point en point selon le contenu de mes chapitres, j'ai élu le très excel* lent et très puissant prince le roi de Castille, auquel je supplie très humblement qu'il lui plaise de sa bénigne grâce moi faire honneur et moi accorder ma dite requête.
Le douzième chapitre est : Que, afin que chacun ait vraie connoissance que les choses dessus dites meuvent de ma propre volonté, et que je les veux faire et accomplir, Je, Jacques de Lalain dessus nommé, ai fait sceller ces présents chapitres, du scel de mes armes, et signé de ma main, le vingtième jour de Juillet, l'an mil quatre cents quarante six.