CHAPITRE LVII
Comment vinrent nouvelles qu'un gentil-homme d'Angleterre étoit passé la mer en intention de
FAIRE armes a l'eNCONTRE DE MESSIRE JaCQUES DB L ALAIN.
JjE duc et les barons de sa cour, et meraernent messire Jacques de Lalain, furent moult jojeux de ce que celui écuyer anglois a voit récrit el mandé, que son vouloir étoit de faire et accomplir les armes devant le duc, ainsi et par la manière comme il étoit contenu es chapitres d'icelui messire Jacques^ c'est à sçavoir qu'un chacun sera armé de tels harnas qu'il est accoutumé de porter en lices, et de combattre dehacbe etd'épée, tant et si longuement que l'un des deux soit porté par terre, comme plus a plein est déclaré es dits chapitres. Si vint, et arriva celui écuyer ^nglois dans la ville de Bruges, et vint descendre au logis qui pour lui étoit ordonné. Pour laquelle venue messire Jacques de Lalain fut jojeux de tout son cœur, désirant de tant faire, qu^il fût mémoire de lui et de ses hauts et vertueux faits, et afin que tous nobles l'ensuivissent, et prissent exemples à lui et à ses œuvres. Si pria et requit au duc son seigneur, en lui demandant licence et congé, que son bon plaisir fût qu'il pût faire et accomplir ses armes à l'encontre de l'écuyer anglois, se^
2ia CHRONIQUE DU BON CHEVALIER
liaclie lui demeurât et le duc, qui étoit leur juge ne le vouloit accorder sans le consentement de sa partie. Lors quand messire Jacques de Lalain vit qu'icelui Anglois prioit si fort de combattre de sa hache qu'il avoit apportée de son pays d'Angleterre comme il disoit, messire Jacques de Lalain, qui étoit courtois sur tous hommes par sa débonnai-i reté lui accorda qu'il en combattît^ de quoi il fit fo- Ue, comme ci après orrez (entendrez).
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