‹ Chronique de J. de LalainChapitre 8 sur 133 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

SoufBe, Triton , en ta bucee argentine, Muse en musant en ta doulce musette > Donne louange et gloire célestine.

Au dieu Phébus à la barbe roussette, Quand du vergier où croist mainte noisette, Oà fleurs àf^ lys yssent par millions, Acompaigné de mes petits lyons, Ay combattu l'universal Eraigne Qui m'a trouvé, par ses rébellions, Lyon rampant en croppe de montaigne.

Le cerf volant qui nous fait eest actine Fut recueilly en nostre maisonnette, Souëf nourry sans poison serpentine, Par nous porte sa noble coronnette; Et maintenant nous poinet de sa cornette. Ce sont poures rémunéracions !

Mais Dieu, voyant mes opérations.

M'a fait avoir victoire en la Champaigne, Et veult que soit sur François mencions, Lyon rampant en croppe de montaigne.

Louange à toy, glorieuse virgine, ^'

Dame Palas, qui régis mon aubette Quand de Vestoc où je prins origine Ay extirpé la venimeuse herbette;

xviii NOTICE

Tant qu'il n'y a homme qui plus barbette^ Sans excepter royne, roc ne pyons; Comme un Hector ou ung des Scypions, Ou comme Arthus en la grande Bretaigne Lui demeuré entre les champyons Lyon rampant en croppe de montaigne

Tremblez, Liégeois, tremblez par légions Car vous verrez, si je veulx ou je daigne, Comme je suis, es basses régions, Lyon rampant en croppe de montaigne

Cette ballade d'un homme aussi célèbre que G. Chastellain paraît avoir vivement piqué les Français, et une foule de poètes s'empressèrent d'y répondre. La meilleure des réponses est la suivant te de Gilles des Ormes.

Changez propos, cerf volant, nosti^e chef; Disposez vous à guerre et à bataille ; Vestez armet en lieu de couvre chef, Et en vos mains glaive qui poigne et taille \ Faictescryer le ban, etquelout aille Sur ce lyon qui vostre honneur entame, Qui prent voz biens et dit qu'il ne craint âmo Neroy ne roc, n'en ville n'en Champaigne ; Lors le ferez, au plaisir Nostre-Dame, Lyon couchant au pied de la montaigne.

N'actendez plus, courez lui sus et brief; Ne le doubtez, je vous supply pas maille^ Car, si Dieu plaist-jà ne vous fera grief, S'il a gi ant gens, le plus n'est que canaille Qui n'ont harnois ne conduicte qui vaille

SUR GEORGES CHASTELLÀlN. xi%

Et ont le cuer failly comme une femmie. En l'assaillant requevrezloz et famé»

Et vous tiendront un second Charlemaigne. Itors le ferez, au plaisir Nostre-Dame , Lyon couchant au pied de la montaigne

Je vous requiers, évitez ce meschef; Ne souffrez plus qu'il vous rançonne et taille ^ Or sans hurter n en viendrez jà à chef, Car il est fier comme est un rat en paille. N'ayez jà peur que gendarme vous faille^ Ne le commun qui tant vous craint et ame. Adventurez à ce coup corps et ân^e ^ 11 en est temps, ou à pette ou à gaigne. Lors le ferez, au plaisir Nostre-Dame, Lyon couchant au pied de la montaigne

Prince puissant que Téglise réclamé, Très chrestïen, si vous pouvez sans blâme. Tirez à vous Thermyne de Bretaigne.

Lors le ferez, au plaisir Nostre-Damé, Lyon couchant au pied de la montaigne

Le N"*. 7686 renferme un grand nonibre de vers de G. Chastellain et de Mplinet. Parmi les meil-r leures pièces de mon auteur je citerai les suivan-'

tes.

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