‹ Chronique de J. de LalainChapitre 9 sur 133 · DIALOGUE · texte numérisé non relu

DIALOGUE

Voulant amer là où point ne m'asseure N'ose esloigner ce quaucueur n^i'est contraire ^ ilinsi, sans tost vers nul lez me rctraire> Front entre deux convient que je demeure.

XX NOTICE

Lyon, les bras n'as pas siaadesseurè Qu'à parttoy seul puisses ung monde faii*e. Branle où tu veulx , mais pense à ton afTaire. Cent ans, creu atout se paye en une heure.

Akgleterrs.

Peu de vous d'eux m'est-il qui rie ou pleure; Vers nul ne suis fort en grand de complaire ; Mais pour vous veoir ensemble entre defiFaire , Me joindre à Tun pour l'autre courre seure.

BOURGOGVE.

S'amour tenoit la voie de son eure, Là où bon sang lui monstre son repaire, llng cueur, ung corps demourrpit l'une paire Auquel le tiers ne par roit une meure

France.

Boute où tu veulx feu, en paille ou en feure^ Bien peu je crains ton fier bras sagittaire , Car je vivrai roy régnant solitaire •, S*il platt à Dieu qu*en vain je ne labeure.

Angleterre.

Secrette envie ensemble vous desveure; Grant gloire àVun, à l'autre est traversaire. Par quoy moy neutre, à tous deux adversaire, Toujours m'attends d'y ravoir ma demeure.

(N*. 7686 et tuppJéntent ao8')

SUR GEORGES CHASTELLÀIN. »xî

Le même volume renferme un petit traîté intitulé :jte^ épitaphes de Hector fils dePriam roi de Trojre et de Achilesfils de Peleus roi des Mjrmjrdons. Et est contenu au procès de cestujf traicté les complaintes diceux chevaliers^ pré^ sent Alexandre le grand ^'^.

PROLOGIE.

Après ce prologue, composé de loo vers de lo syllabes à rimes masculines et féminines qui se suivent indistinctement, vient le poème. Je me contenterai de donner les titres des chapitres.

Comment Alexandre, le grand conquérant pasça par Troye la grant cité destraile oà il visita les sépultures de Hector et Achiles. Comment il leut leurs épitaphes dont la teneur s'ensuyt.

Gomment Alexandre 9 soy émerveillant de la glorieuse ëpilaphe de Hector^ vint à la tombe de Achiles et commença à lire son tiltre.

Exclamation d'Alexandre sur la gloire d'Hector et de Achiles désirant le demy tiltre du dit Achiles pour la victoire qu'il avoit obtenue sur le dit Hector. -- ( Ce morceau est en prose. )

La glorification que Alexandre donne au vaillant Grégeois Achiles comme victorieux sur Hector.

Le complainte que fait Hector le fils ainsné de Troye, sa mort vilainement procurée par Achiles, et comment il Bémond les princes du moûde à garder sou droit et honneur touchant sa mort glorieuse.

Comment Hector parlant à Alexandre l'incite de non domier si grand'faveur au titre de la tombe d' Achiles mais

(i) Cet OBTrage a été imprimé h Paris ea iS^S par Jean ISt. Denis.

toii NOTICE

que souverainement il vueille avoir regard à raison et honneur. — (Ce morceau est en prose.)

Comment Hector continuant son pro jios fait remontrance à Alexandre que Achiles le tua par aguet et non par Vaillance.

La forme de Thônneste excuse d'Alexandre envers Hector touchant l'honneur par luy exhibé à son întermineur Achiles.

Comment Hector content de l'excuse d'Alexandre l'ad- Vertit de la mode de son interminement précipité par son ennemy Achiles.

Gomment Hector > par exemple d'Antipater montre à Alexandre que Achiles ne doibt avoir gloire sur luy non plus que icelluy Antipaler sur Alexandre, et que, si Antipaler a esté traistre à Alexandre > Achiles a esté meurtrier d'Hector.— (Ce morceau est en prose.)

Comment Alexandre continuant son excuse vers Hector luy impétre que Achiles vieigne par devant etilx soy justifier de son crime^- — (En prose.)

La complainte qUe fait Achiles pour ton reprochahle exploit, priant auxroys et'aux princes qu'il leur plaise de le supporter.

Comment Alexandi'e incite Achiles à soy excuser vers Hector et comment Achiles aprèâ plusieurs difficultés s*y accorde. — (En prose.)

Comment Achiles devant le siège deà preux, présent Alexandre, fait ses excuses à Hector en condamnant sa faute; et comment Hector réconciliant Achiles le ren- Toye à paix — (En prose.)

La conclusion de l'auteur est en vers et me semble assez bien écrite pour mériter d'être citée : la voici.

Seigneurs royaulx, et vous tous nobles hommes A qui les loz et les gloires sont prosmes,

SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxiii

Par les records escripts en cestuy livre,

A ung chacun selon son estre et vivre^

Vous êsibiallé en petite matière

Cas de naultpris etdetrèsgrantmistère;

Lequel>qui veuille bien en soy comprendre,

Grant bien, grant fruit^. en peull tirer et prendre.

Si le doibt bien savourer et luy plaire.

C'est ung mirouer de nobles exemplaires.

Pour en hoimeur vivre et vert» tenir

Chascun de vous mette peine à r'tenir^

Car plus sera Hiomm^ de hault est iage

Plus digneen terre, de phis grant parenlagc,

Plus fortuné et plus noble en nature,

PFus enrichi de grâce ou d'aventure.

Tant plus tuy peult servir en advertence

Et plus donner d'effort et de sentence.

Entendez bien te chose si est telle

Que quand estât de noble paTButelle

Qui de ses droits devoirs, noblesse abuse^

Ge n'est pas cas dont se doibt prendre excuse^

Ains, d'autant plus se rabaisse en sa faulte

Quand plus appert sa gloire estre haulte.

Et n'est si hault glorieux nom ne tiltre

Que, par le ray d'un vicieux écliptre,

FouUé ne soit et à terre abattu,

Et retiré du siège de vertu

Sur quoy honneur couronne les parfaifs.

Vueille ou non, il en sera cy faicts.

Seigneurs, pensez à ce quecy expose,

Car vrai- honneur est une digne rose

Qui si petit neprent de vitupère

Qu'incontinent la tache n'y appert-,

Par quoi plus est précieuse en couleur.

Quant orde elle est plus doibt cslre douleur.

M^ iOVKZ

Pf^mittmffréi C<!9rgi»(f) tous en «be.

0n y f f^f« iMii*i une balkiie asie? médiocre qui com-

l/yoïi mmpAiit en oroppe de montaigne etc. |«M Ninipha Nttiv»nlo m'a paru assez bien.

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tyoïii LyoUi veuille fortune ou daigne, %\\\\m Nou oHurl mourrez resplendissant MmU U u'otit ItHi que par eau ne s'esteign^ \a\\\% {\w (du» t>il e»iM>ia et flamboyant. VikW Ï^Ww m fuit lunume nul si puissant^ N^ tvy m duis qu'il ne soit transitmre m M^^Wi »^ wtiiu (Ht tmil exécutoire i ^^i \\A |4^Wl'» «uisi h fault entendre. MaW Mét^ v^Wmu 9«^^Mt mis en liy^iùie 8^"^ HiK^MT <H 4iW¥t)iitt Akxi^^

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SUR GEORGES C2IASTELLÀIN. x%r

gogne, celujr qui se nomme le grand duc et le grand Ijon par messire Georges Chasteïlain son indiciaire. Je le donnerai à la tête de ses chroniques de Bourgogne.

Le morceau en vers a pour titre : Le Lyon bandé: œuvre poétique adressée à la personne de Philippe le bon^ duc de Bourgogne. Ce sont des louanges rimées en assez mauvais vers arrangés en 6i octaves de 8 syllabes.

Le N** 76552 ne contient qu'une seule pièce de G. Chasteïlain depuis le feuillet Sai jusqu'au feuillet 358. C'est une espèce de poème en quatre parties inûXvXé: Le nouveau chevalier délibéré j . contenant la mort du duc Philippe de Bourgogne qui trépassa devant Nancy en Lorraine^

Les. premières strophes sont élégamment versifiées.

Ainsi qu*à rarrière saison Tant de nos jours que de Tannée, Je partis hors de ma maison Par une aouldaine achoison.

Seul à part moy., plein de pensée Qui m'acompaigna la journée.

Et me vint en remambrance Le premier temps de mon en&nce.

Celle qui moult estoit m'amye Preist ung propos de vérité Et me dîst; u Celui qui s'obUe FuithonneuT) et si Tame mie, Je le tiens pour deshérité Soit d'ayoir, ou soit de santé»

xxvi NOTICE

Ou d'espoir de gprâce divine

Que chascun n*ésf pas d'avoir digne.

^ « Tu vois sur la saison passée Herbes y terres et tout hcrbaige, L'un tout mort, Tautre csans ramée.

Fleur et odeur tost est cassée»

Plus n'est fleur, ne fruit ne umbraige; Tout tend à froideur et à neige^ Tout est mort sans nulle vigueur Et n*a plus force ne challeur.

a Ainsi est de toy clèrement Qui le printemps de ton enfance As despendu entièrement.

Et jeunesse pai'eiUement, Mis tes œuvres en défaillance:

Et si, tu n*as telle espérance Qu'ont les arbres pour reverdir.

Car jamais ne peux revenir.

c( Dois-je oublier où que je soie Ce traicté qui tant poinct et mord Que feit Aymé de Mont Gesoye ,^ Plus riche que d'or ny de soie Au merveilleux pas de la mort.

Savoir fault qui est le plus fort De toy Accident ou Pébille Chascun d'eux en a tué mille.

et Ces deux chevaliers très crueulx*, . En la grand forest d'Atropos, Tinrent le pas trop périlleux Trop horrible, trop merveilleux,

SUR GEORGES CHASTELLAIN. nxy'ii

Sans avoir pour un nuyt repos i En continuant leurs propos De tant combattre et de férir Qu'ils firent tout homme mèurir.

« Messire Accident le terrible Pornist les jeunes et les jors, Et Débille le très horrible y Mect à fin par coups invisibles Ceulx dont la vigueur en est hors Terribles sont les leurs efforts !

Leurs membres sont si à doubler Que nul ne les peut éviter.

u Sçais tu pas bien que le hérault.

T'a pieçà porté leurs espistres?

Tu sçais bien que poise et que vault.

Accident t'a livré l'assault; Tu as oy de ses chappitres; Il est temps que tu te chappitresy Car tu as marché à l'emprise Depuis ta première chemise.

(( Es tu plus fort que n'est Samso»

Ou à craindre que Hercules, Plus saigeque n'est Salomon, Plus beau que le grand Absalon, Plus subtil que Diomedès?

N'as tu peur, quand tu passe Adcs, Cils qui n'ont peu les coups rabattre De ceulx quil te convient combattre?

«Plus vis, et plus le temps s approclM?

Qu'il te convient en champ entrer. ,

«viii NOTICE

Tu sens déjà un fer qui hoche.

Maladie sonne, la cloche^ Au lieu de trompette sonner.

Qui te sémond de toy armer Et de défendre ta querelle Contre la bataille mortelle. » •

Ainsi pensif se m'enhortoit De ce que m'estôit nécessaire, Dont la merciai.bien estroit, Et lui dis: a Puis qu'il faut qu'il soit Je ferai ce que je dois faire. »

Lors mon harnoiz jefeis trousser Et comme un chevalier vaillant M*armay et Montay tout errant.

Une fois armé il se met en chemin pour arrîver au pas de la mort défendu par Débile (faiblesse) et Accident. Tandis qu'il passait dans une prairie agréable il rencontre Lutin (désordre) avec lequel il est forcé de jouter, mais grâce à Jeunesse il échappe aux coups de son ennemi et se réfugie chez Entendement qui vit en hermite et se décrit ainsi lui même :

Mon pain est molu de sobresse ,

Mon vin trempé de bonne vie^

Mon repos se fait en liesse,

Et suffisance est ma maîtresse; J'ai repos sans mélancolie ,

Céans ne peut entrer ennuis,

Et s'appelle cette maison

La demourance de liaison.

Entendement enseigne au chevalier errant la manière dont il doit s'y prendre pour triompher de Débile et d'Accident, et lui montre des reliques

SUR GEORGES CIIASTELLAIN. xxïx

parmi les quelles se trouvent : Le soc de la charrue avec lequel Caïn tua son frère j la cheioiise donnée par Déjanire à Hercule j la lance avec laquelle Achille tua Hector^ l'arc avec lequel Achille fut tué par Paris j l'épée dont le roi d'Egypte Ptolémée se servit pour tuer Pompée^ le glaive avec lequel le roi Marc de Comouailles tua Lancelot; le badelaire de Judith^ le clou de Sisara; la fronde de David 5 etc.

L'auteur quitte l'hermite et continue sa route. Il combat à l'encontre d'Age, duquel il se rend prisonnier; celui ci le tient en prison courtoise, en lui prescrivant certaines limites; telles que de ne p^s mettre le pied en terres amoureuses, de ne pas traverser le bal de mariage, de ne pas se rendre aux tournois. L'auteur promet ^ la vue du palais de l'Amour l'égaré cependant un instant, mais il retrouve son chemin et arrive tout doucement à Vieillesse. Mémoire l'accueille et le console. L'auleur lui demande si jamais personne n'a triomphé des deux chevaliers, Débile et Accident, qui gardent le pas d'Atropos.

Quand Franche Mémoire entendit A quel fin tendre je vouloye Moult doucement me respondit:

a J'ay ouy ce que tu m'as dîst.

Ou volontiers conseil donroye De parler je t'abuseroye^ Mais à Vœil je te montreray Ce que j'entends et que je sais

Franche Mémoire lui montrealors les sépulchres des anciens trépassés et lui fait voir par écriture ceux qui ont été déconfits par Débile et Accident.

XX NOTICE

Lyon, les bras n'as pas siaudesseurê Qu'à part toy seul puisses ung monde faii*e. Branle où tu veulx , mais pense à ton afTaire. Cent ans, creu atout se paye en une heure.

Akgleterrs.

Peu de vous d eux m'est-il qui rie ou pleure; Vers nul ne suis fort en grand de complaire ; Mais pour vous veoir ensemble entre deffaire , Me joindre à Tun pour Vautre courre seure.

BOURGOGVE.

S'amour tenoit la voie de. son eure, Là où bon sang lui monstre son repaire, Vng cueur, ung corps demourrpit l'une paire Auquel le tiers ne parroit une meure

France.

Boute où tu veulx feu, en paille ou en feure» Bien peu je crains ton fier bras sagittaire , Car je vivrai roy régnant solitaire \ S*il platt à Dieu qu*en vain je ne labeure.

Angleterre.

Secrette envie ensemble vous desveure; Grant gloire àVun, à Vautre est Iraversaire, Par quoy moy neutre, à tous deux adversaire, Toujours m'attends d'y ravoir ma demeuré.

(N*. 7686 et tuppJéntent ao8')

SUR GEORGES CHASTELLÀIN. »xî

Le même volume renferme un petit traité intitulé :jte^ épitaphes de Hector fils dePriam roi de Trojre et de Achilesfils de Peleus roi des Mjrmjrdons. Et est contenu au procès de cestuf traicté les complaintes d^iceux ches^alicrs, présent Alexandre le grand ^^\

PROLOGtE.

Après ce prologue, composé de loo vers de lo syllabes à rimes masculines et féminines qui se suivent indistinctement, vient le poème. Je me contenterai de donner les titres des chapitres.

Comment Alexandre, le grand conquérant pasça par Troye la grant cité destraile oà il visita les sépultures de Hector et Acliiles. Comment il leut leurs épitaphes dont la teneur s'ensuyt.

Gomment Alexandre 9 soy émerveillant de la glorieuse épitaphe de Hector, vint à la tombe de Achiles et commença à lire son tiltre.

Exclamation d'Alexandre sur la gloire d'Hector et de Achiles désirant le demy tiltre du dit Achiles pour la victoire qu'il avoit obtenue sur le dit Hector. <- ( Ce morceau est en prose. )

La glorification que Alexandre donne au vaillant Grégeois Achiles comme victorieux sur Hector.

Le complainte que fait Hector le fils ainsné de Troye, sa mort vilainement procurée par Achiles, et comment il sémond les princes du monde à garder sou droit et honneur touchant sa mort glorieuse.

Comment Hector parlant à Alexandre l'incite de non donner si grand'faveur au titre de la tombe d'Achiles mais

(i) Cet OBTrage a iié imprimé h Paris ea iS^S par Jean ISt. Denis.

*xii NOTICE

que souverainement il vueille avoir regard à raison et honneur. — (Ce morceau est en prose.)

Comment Hector continuant son pro^ fait remontrance à Alexandre que Achiles le tua par aguet et non par Vaillance.

La forme de l^honneste excuse d'Alexandre envers Hector touchant Vhonneur par luy exhibé à son intermineur Achiles.

Comment Hector content de Fexcuse d'Alexandre Vad- Vertit de la mode de son interminement précipité par son ennemyAchUes.

Gomment Hector > par exemple d'Antipater montre à Alexandre que Achiles ne doiht avoir gloire sur luy non plusqueicelluyAntipater sur Alexandre, et que> si Antipaler a esté traistre à Alexandre > Achiles a esté meurtrier d*Hector.— (Ce morceau est en prose.)

Comment Alexandre continuant son excuse verâ Hector luy impétre que Achiles vieigne par devant etilx soy justifier de son crime^- — (En prose.)

La complainte que fait Achiles pour ton reprochahle exploit, priant auxroys et'aux princes qu'illeur plaise de le supporter.

Comment Alexandi^e incite Achiles à soy excuser vers Hector et comment Achiles aprèâ plusieurs difficultés s*y accorde. — (En prose.)

Comment Achiles devant le siège des preux, présent Alexandre, fait ses excuses à Hector en condamnant sa faute; et comment Hector réconciliant Achiles le ren- Toye à paix— (En prose.)

La conclusion de l'auteur est en vers et me semble assez bien écrite pour mériter d*ètre citée: la voici.

Seigneurs royaulx, et vous tous nobles hommes A qui les loz et les gloires sont prosmes^

SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxiii

Par les records escripts en cestuy livre ,

A ung chacun selon son estre et vivre ,

Vous ê^biallé en petite matière

Cas de haultpns etdetrèsgrantmistère;

Le quel> qui veull le bien en soy comprendre,

Grant bien, grant fruit^. en peult tirer et prendre.

Si le doibt bien savourer et luy plaire.

C'est ung mirouer de nobles exemplaires.

Pour en hoimeur vivre et verluf tenir

Chascun de vous mette peine à r'tenir-

Car plus sera rhomm^ de hault estage

Plus digneen terre, de phis grant parentage,

Plus fortuné et plus noble en nature,

PFus enrichi de grâce ou d'aventure.

Tant plus tuy peult semr en advertence

Et plus donner d effort et de sentence.

Entendez bien là chose si est telle

Que quand estât de nobib pa»rBntelle

Qui de ses droits devoirs, noblesse abuse^

Ge n'est pas cas dont se doibt prendre excuse^

Ains, d'autant plus se rabaisse en sa faulte

Quand plus appert sa gloire estre haulte.

Et n'est si hault glorieux nom ne tiltre

Que, par le ray d'un vicieux écliptre,

FouUé ne soit et à terre abattu,

Et retiré du siège de vertu

Sur quoy honneur couronne les parfaifs.

Vueille ou non, il en sera cy faicts.

Seigneurs, pensez à ce quecy expose,

Car vrai honneur est une digue rose

Qui si petit neprent de vitupère

Qu'incontinent la tache n'y appert;

Par quoi plus est précieuse en couleur.

Quant onîe elle est plus doibt cslre douleur.

xnir NOTICE

Vous en avez exemple de mémoire Pour à jamais en la présente histoire.

Si prie à Dieu qu'elle soit bien vou^e Prenez en gré, Georges (i) vous en salue.

On y trouve aussi une ballade assez médiocre qui com- , menée ainsi:

Lyon rampant en oroppe de montaigne ete^

La strophe suivante m'a paru assez hien^

Lyon, Lyon, veuille fortune ou daigne, Soùbz son effort mourrez resplendissant.

Mais il n'est feu que par eau ne s'esteignç^ Lors que plus est eapois et flamboyant. Car Dieu ne fait homme nul si puissant j^ Ne rpy ne duc, qu'il ne soit transitoire Et soubs sa main en bail exécutoire A qui lui plaist; ainsi le fault entendre. Mais par raison serez mis en hystoire Second Hector et derrain Alexandre

Le N" 800 5, i3 est un hymne à la Vierge Mais comme je Vai déjà dît, tous les ouvrages où G* Chastellain cherche à se montrer homme d'esprit plutôt qu'écrivain simple et naturel sont ceux où il réussit le moins.

Le N" 9887, i4 renferme un ouvrage jen prose et un autre ouvrage en vers de G, Chastellain, L'ouvrage en prose est intitulé:

La déclaration de tous les hauts faits et glo-^ rieuses adventures du duc Philippe de Bour-

(i) Georges GhasteUain a T habitude de terminer ainsi presque tous ses ouvrages eu y plaçant sou nom.

SUR GEORGES CaïASTELLÀIN. wt

le, celujr gui se nomme le grand duc et le id lyonpar messire Georges Chastellain son oiaire. Je le donnerai à la tête de ses chroes de Bourgogne,

î morceau en vers a pour titre : Le Lyon îé: œus^re poétique adressée à la per- ,e de Philippe le bon, duc de Bourgogne. rat des louanges rimées en assez mauvais vers âgés en 6i octaves de 8 syllabes, î N° 76552 ne contient qu'une seule pièce . Chastellain depuis le feuillet Sa i jusqu'au let 358. C'est une espèce de poème en quatre Les intitulé: Le nouveau chevalier délibéré y enant la mort du duc Philippe de Bourgo^ qui trépassa devant Nancy en Lorraine.

?s. premières strophes sont élégamment versi-

Ainsi qu'à Tarrière saison Tant de nos jours que de Tannée, Je partis hors de ma maison Par une aouldaine achoison^ Seul à part moy, plein de pensée Qui m acompaigna la journée; Et me vint en remambrance Le premier temps de mon enfance.

Celle qui moult estoit m'amye Preist ung propos de vérité Et me dist; a Celui qui s'oblie Fuit honneur; et si Tame mie, Je le tiens pour deshérité Soit d'ayoir, ou soit de santé,

xxvi NOTICE

Ou d'espoir de g^àce divine

Que chascun n'est pas d'avoir digne*

^ « Tu vois sur la saison passée Herbes y terres et touf lîerbaîge, L'un tout mort, l'autre fiansr ramée.

Fleur et odeur tost est cassée^ Plus n'est fleur, ne fruit ne umbraige; Tout tend à froideur et à neige^ Tout est mort sans nulle vigueur Et n'a plus force ne challeut.

(( Ainsi est de toy clèrement Qui le printemps de ton enfance As despendu entièrement.

Et jeunesse pai'eiUement, Mis tes œuvres en défaillance:

Et si, tu n'as telle espérance Qu'ont les arbres pour reverdir.

Car jamais ne peux revenir.

« Dois-je oublier où que je soie Ce traicté qui tant poinct et mord Que feit Aymé de Mont Gesoye ,^ Plus riche que d'or ny de soie Au merveilleux pas de la mort.

Savoir fault qui est le plus fort De toy Accident ou Pébille Chascun d'eux en a tué mille.

« Ces deux chevaliers très crueulx*, . En îa grand forest d'Atropos, Tinrent le pas trop périlleux Trop horrible, trop merveilleux,

SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxvii

Sans avoir pour un nuyt reppg y En continuant leurs propos De tant combattre et de férir Qu'ils firent tout homme mburir.

« Messire Accident le terrible Pornist les jeunes et les jors, Et Débille le très horrible , Mect à fin par coups invisibles Ceulx dont la vigueur en est hors Terribles sont les leurs eiForts !

Leurs membres sont si à doubter Que nul ne les peut éviter.

u Sçais tu pas bien que le hérault.

T'a pieçà porté leurs espistres?

Tu sçais bien que poise et que vaulf.

Accident t'a livré l'assault; Tu as oy de ses chappitres*, Il est temps que tu te chappitresy Car tu as marché à l'emprise Depuis ta première chemise.

(( Estu plus fort que n'est Samsou Ou à craindre que Hercules, Plus saigeque n'est Salomon, Plus beau que le grand Absalon, Plus subtil que Diomedès?

N'as tu peur, quand tu passe Adès, Cils qtii n'ont peu les coups rabattre Dcc6ulxquil te convient combattre?

«Plus vis, et plus le temps s approche Qu'il te convient en champ entrer. .

xiviii NOTIOE

Tu sens déjà un fer qui hoche.

Maladie sonne, la cloche^ Au lieu de trompette sonner.

Qui te sémond de toy armer Et de défendre ta querelle Contre la bataille mortelle. » .

Ainsi pensif se m'enhortoit De ce que m'estôit nécessaire, Dont la merciai.bien estroit, Et lui dis: « Puis qu'il faut qu'il soit Je ferai ce que je dois faire. »

Lors mon harnoiz jefeis trousser Et comme un chevalier vaillant M'arniay et Montay tout errant.

Une fois armé il se met en chemin pour arriver au pas de la mort défendu par Débile (faiblesse) et Accident. Tandis qu'il passait dans une prairie agréable il rencontre Lutin (désordre) avec lequel il est forcé de jouter, mais grâce à Jeunesse il échappe aux coups de son ennemi et se réfugie chez . Entendement qui vit en hermite et se décrit ainsi lui même :

Mon pain est molu de sobresse ,

Mon vin trempé de bonne vie^

Mon repos se fait en liesse,

Et suffisance est ma maîtresse^ J'ai repos sans mélancolie 9

Céans ne peut entrer ennuis.

Et s'appelle cette maison

La demourance de raison.

Entendement enseigne au chevalier errant la manière dont il doit s'y prendre pour triompher de Débile et d'Accident, et lui montre des reliques

SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxix

parmi les quelles se trouvent : Le soc de la charrue avec lequel Caïn tua son frère j la chemise donnée par Déjanire à Hercule; la lance avec laquelle Achille tua Hector; l'arc avec lequel Achille Fut tué par Paris -, l'épée dont le roi d'Egypte Ptolémée se servit pour tuer Pompée; le glaive avec lequel le roi Marc de Comouailles tua Lancelot; le badelaire de Judith; le clou de Sisara; la fronde de David, etc.

L'auteur quitte l'hermite et continue sa route. Il combat à l'encontre d'Age, duquel il se rend prisonnier; celui ci le tient en prison courtoise, en lui prescrivant certaines limites; telles que de ne p^s mettre le pied en terres amoureuses, de ne pas traverser le bal de mariage, de ne pas se rendre aux tournois. L'auteur promet; la vue du palais de l'Amour l'égaré cependant un instant, mais il retrouve son chemin et arrive tout doucement h Vieillesse. Mémoire l'accueille et le consale. L'auteur lui demande si jamais personne n'a triomphé des deux chevaliers, Débile et Accident, qui gardent le pas d'Atropos.

Quand Franche Mémoire entendit A quel fin tendre je vouloye Moult doucement me respondit:

« J'ay ouyce que tu m*as dist.

Où volontiers conseil donroye De parler je t*abuseroye^ Mais à l'œil je te montreray Ce que j'entends et que je sais

Franche Mémoire lui montre alors les sépulchres des anciens trépassés et lui fait voir par écriture ceux qui ont été déconfits par Débile et Accident.

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