Chronique de l'abbaye de Saint-André
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m DU MEMDRU FONPATEDES DE LA gOCIETS D'ÉHDLATION FODE i’hISTOIEE BT LU AKTIQDITÉS DE LA FLANDRE OCCIDENTALE , MEMBRE DD COMITi BIgTORIQDR SB PAUR, DE l'académie des LINCÉENS DE ROME ETC.
Smprtnurit bt UancbccastccU-Wcrbrouk, 18S9.
ArjoüRB*Hti ,que la Belgique sous un gouvemement et une constitution de son choix, commence à Touloir une histoire fidèle et complète de ses ayeux, un de ses premiers soins devait être et a été de secouer la poussière d’une foule de documents inédits, afin de ressaisir le passé, sous sfu véritable couleur, dans les écrits des contemporains.
Aussi une commission royale a-t-elle été instituée dans ce but , et déjà de savants professeurs et de graves érudits ont mis en lumière quclques-tmes de ces sources précieuses. Dans les bidletins publiées par cette commission on a souvent parlé d’une chronique inédite d’un moino de la fameuse abbaye de St-André, écrite au xv® siècle et fournissant des détails curieux, tant sur la vie intérieure des couvents que sur les événements publics de répoque.
Cette chronique dont je crois qu’il n’existe que quatre ou cinq copies et dont les archives de la ville de Bruges possèdent un exemplaire des plus complets, est en latin et d’une écriture du xvi® siècle. Il est probable que l’original est perdu, du moins aucun des manuscrits no pourrait passer pour tel.
La commission royale d’histoire a annoncée dans sa séance du 6 décembre 1 83-i que le texte de cette chronique serait publié dans la collection des chroniques de Flandres.
Ce manuscrit, jusqu’aujourd’hui inédit, est très-curieux. L’auteur raconte avec beaucoup de détails l’insurrection des moines de St-André, alors soumis à l’abbaye d’Afllighem, et leur affranchissement de cette derniere.
11 y a en outre plusieurs chartes des comtes de Flandre du xiii“ siècle insérées dans le récit historique, et qui n’existent plus:
Par exemple, une sur les échevins de Flandre, institution qui n’est mentionnée chez aucun auteur, et que M. Warnkœnig a expliquée dans son histoire politique et législative de la Flandre au moyen âge , qtii vient d’être publiée.
Les abbayes de Bénédictins dans la Flandre-Occidentale c’est-à-dire dans le diocèse de Bruges tel que le pape Grégoire XVI l’a formé, n’étaient qu’au nombre de trois: Oudenbourg, St-André -lèz- Bruges et St-Jean à Ypres.
L’abbaye de St-André -lèz -Bruges fut établie, comme on le verra , par le pieux zèle du comte de Flandre Robertle-Jeune , ou de Jérusalem , à la On du xi® siècle.
En nos il donna le monastère à l’abbé d’Afflighem qui y plaça un prieur avec quelques moines Bénédictins. Le tout fut approuvé par Baudry , évêque de Tournay et de Noyon (1). Ce prieuré devint florissant en peu d’années,
(1) Gall. Chriit. , t. v, p. 555, inler instrumenta.
et mérita , par son importance , d’étre séparé d'Afflighcm et d’occuper le rang d’abbaye: le premier qu’on trouve désigné par le titre d’abbé est Hugues, dont on voit le nom dans une pièce de l’année 1187. L’un des principaux abbés est Baudouin Vilain, Franciscain, docteur en Sorbonne et évêque de Sarepte in partibus, suffragant de Tournay. Elu abbé en 1509, il entra à l’abbaye , ‘portant son primitif habit de saint François et y reçut cinq jours après celui de saint Benoît des mains de l’abbé d’Oudenburg. Il travailla dès lors à porter ses religieux à une plus haute perfection et à l’accomplissement plus exact des constitutions de leur patriarche. Aussi eut-il le bonheur de réussir. Ayant appelé quelques Bénédictins de Gcmblours, il introduisit la réforme de Bursfeld. Il survécut trois ans à ce bel acte , et mourut, en odeur de sainteté, le 6 septembre 1519. Un siècle après sa mort, on trouva le corps entier sans aucune trace de corruption.
Le successeur de Vilain, d’un caractère tout opposé, détruisit tout ce que ce saint homme était parvenu à établir. Cité au chapitre général de Bursfeld, il refusa d’y paraître, et brisa de sa propre autorité les liens qui attachaient son monastère à la célèbre congrégation. L’abbé qui le suivit fut également opj)osé à l’esprit véritablement religieux : ce n’est qu’en 1553 que Gilbert-le-Bleu, alors coadjuteur et plus tard abbé en titre , rétablit les observances de Bursfeld , ayant de nouveau proscrit l’usage de la chair. L’abbaye fut en grande partie consumée par une incendie, durant sa prélature, en 1577; le reste fut détruit, peu .après, par les calvinistes. Les religieux, d’abord dispersés, se réunirent en 1585, dans leur refuge à la ville, et, plus tard, en 1682, dans leur abbaye, que l’abbé Jean Beurrier commença à res-
taurer. Ce prélat, qui dirigeait en même temps l’abbaye d’Oudenburg , s’est fait un nom par sa vigilance , son zèle et l’esprit de pauvreté qu’il conserva toujours. 11 mourut le 21 janvier 1680. Henri Yan den Zype, son successeur, se rendit également recommandable par son érudition et sa solide piété. 11 obtint du saint Siège , pour lui et ses successeurs, l’usage de la mitre et des rits pontificaux. Do nos jours , il ne reste rien de cette abbaye , tout a été démoli au commencement de ce siècle (1).
Ainsi que plusieurs amateurs de recherches historiques, ayant lu attentivement la chronique de l’abbaye de St-André, dont déjà M. Jules Van Praet avait donné un court extrait à la suite de son Examen de l’origine des communes flamandes, j’ai trouvé tant de charme dans cette lecture, que je me suis mis à traduire le manuscrit, espérant qu’un jour la publication de l’original, pourrait faire désirer qu’il en existât une traduction. Je hvre aujourd’hui au public le commencement de ce travail, s’il reçoit son approbation, il se pourrait que je le complétasse, avec les notes et éclaircissements que réclame nécessairement une chronique de cette nature et que j’ai dû retrancher dans le présent extrait.
Cette chronique s’étend jusqu’en 1304. Jean Asset auquel elle est dédiée fut abbé du monastère de St-André depuis 1334 jusqu’en 1334.
(1) Voir le Journal historique et littéraire , publié i Liège, S0« liiraiaon , 1 Décembre 1835.
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Bt-3lnl)rr prèe bf ôrugte , bt l'orbre br 6t-15cnoit , laquelle Chronique eet bébte’e ou réoerenb 3ean Sleeet, trts-btgne abbé bu bit tnana»tére.
Persokke ne niera qu’au nombre des consolations qui élè- Tent l’àme abattue et tombée dans une profonde mélancolie^ la fréquente lecture des chroniques ne soit une des plus agréables. Et quoique en général, l’on puisse appliquer cette opinion à toutes les chroniques, il est cependant vrai de dire qu’elle est plus particulièrement juste à l’égard de la lecture des faits qui , par leur nature , doivent affecter davantage l’âme du lecteur , c’est-à-dire ceux qui nous rappellent la patrie et sa gloire, le courage et les vertus de nos ancêtres.
Comme nous aimons à reconnaître , très-révérend abbé , qu’en votre qualité, vous avez rendu les plus grands services <à notre abbaye, que d’ailleurs la pureté de vos mœurs, votre science, et votre intégrité sont dignes de toute considération, nous nous sommes décidés à écrire tm abrégé aussi véridique que nos moyens nous le permettent, de ce qui s’est passé dans notre monastère. Nous désirons par-là fournir un nouvel aliment à ce qui' a toujours fait l’objet do vos études particulières-.
Faire connaître comment fut fondé notre monastère, par quels moyens sa prospérité grandit, de quelle manière il fut gouverné , quels furent les éloges que méritèrent les vertus des abbés vos prédécesseurs et les vices qui quelquefois souillèrent cette vie pure, tel est notre but; par-là, vous pourrez voir plus facilement d’un coup-d’œil les choses que vous avez dû fuir, ou celles que vous a^ez pu prendre pour modèle dans la conduite que vous avez tenue.
Les exemples de vertu de ceux qui nous ont précédés
édifient bien plus, et excitent à de plus grandes entreprises, qu’une éloquence trop verbeuse.
Ce que je me propose d’écrire , étant puisé , après un long travail, non dans des manuscrits purs et irréprochables mais dans des pièces oblitérées et des chroniques d autres monastères, ainsi que dans des inscriptions tumulaires rongees par le temps, il y a beaucoup de choses sur lesquelles je n’ai pu donner que fort peu de détails.
Très-révérend seigneur abbé, comme vous surpasses plusieurs de vos prédécesseurs par votre érudition, votre sollicitude pour nous et vos longues études, j’ai résolu de vous dédier cet écrit quelqu’il soit, et de le mettre sous votre protection paternelle. Personne mieux que vous n’est en état de suppléer à ce qui y manque et de le rendre meilleur. Je sais que mon style, par sa rudesse et son incorrection, est bien loin de mériter 1 attention d’une personne aussi élevée en dignité et aussi éloquente que vous. Mais je n’ai jamais eu l’avantage d'étudier dans quelque université célèbre. Ce que je sais, je l’ai appris laborieusement et avec ennui , chez ces bons frères de Gand qui se nomment Hiéronimites.
Je supplie en conséquence votre bonté paternelle que l’incorrection de mon stylo ne hisse pas repousser cet écrit, quelqu’insipide qu’en soit la lecture. Mon respect et mon amour pour vous, sont la cause que je vous l’offre. De plus on ne peut rien trouver sous le soleil de si absurde et de si informe , qui ne puisse tourner au profit des per-» sonnes éclairées et qui craignent Dieu.
Il est connu que ceux qui ne se nourrissent que d’ambroisie, sont parfois très-charmés de manger du pain ordinaire, de même le gosier qui ne s’est humecté qua de nectar, est souvent des plus avides de se désaltérPP avec une eau limpide,
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