‹ Chronique de l'abbaye de Saint-AndréChapitre 15 sur 36 · PLAQUE DE PLOMB · texte numérisé non relu

PLAQUE DE PLOMB

novvtl DAKS U TOnSAD DE GCIfILDS , PBIRGESSK ASGLO-SAXOnSE , QDI SX BXTIBA A BXCGES ET Y aOGKDT EK 1087.

Pater noster. Credo in Deutn patrem et cetera quœ in eymholo apoêtolorum sunt scripta.

Gunildù nobilissimis orta parentibue, genere angla, pâtre Goduino comité , eub cujua dominio maxima para militabat Angliœ, matre Githa, illuatri proaapiâ Dacorum oriunda. Hoc dùm voveret adhùc puella virginalem caatitatem, deaiderana apirituale conjugium , aprevit connubia non nullorum nobUium principum : hæcque dùm jam ad nubilem œtatem perveniaaet, Angliâ devictâ à fViüelmo Normannorum comite et abeodem interfecto frvUre auo rege Anghrum Haroldo, relictâ pcùrià apud aanctum Audomarum aliquot annoa exulana in Flandriâ, Cbriatum quem piè amabat in pectore ecilicet, aemper colebat in opéré : circà aibi famulantea hilaria et modeata, ergà extraneoa benevola et juata, pauperibua larga, auo corpori admodùm pana. Quid dicam? Adeb ut, omnibua illecebria ae abatinendo, per multoa annoa antè aui diem obitâa non veaceretur camibua, neque quicquam quod aibi dulce viaum eat guatando , aed vix neceaaaria vitœ capiendo, cilicio induta, ut nec etiam quibuadam pateret famiiiaribua, conflictando eum vitiia, vicitin virtutibua. De hino tranaiena Bruggaa, et trana volutia quibuadam annia , et indè pertranaiena in Daexâ, hùo rever aavirgo tranamigravit

(1) Nous donnoni ici la copia moi ancane abréTiatioa.

les

in Domino anno incamationt» Domini MLXXXYII, nono

kalendas septembris f lunâ XXII.

Lors de cette découverte en 1786, monseigneur Brenart, évéque de Bruges , fit recueiller les restes de la princesse Gunilde, les fit enfermer dans un petit coffret avec la plaque de plomb , et ayant scellé le tout du sceau de ses armes, on referma la sépulcre.

Les nivelenrs français vendirent l’ancienne cathédrale de St-Donat vers la fin du siècle dernier, et cet antique monument subit le sort de tant d’autres; on le démolit en 1804.

Quelques soldats employés à cette démolition retrouvèrent le petit coffret contenant les restes de la princesse Gunüde, et, après l’avoir ouvert, ils le vendirent & un tapissier, qui céda la plaque de plomb à M. Van Huerne, seigneur de Schiervelde, Puyenbeke, etc. Celui-ci la donna aux archives de la cathédrale de St-Sauveur à Bruges, où elle existe actuellement.

Dans la notice du savant M. Sconrion, insérée an Messager des Arts, sur cette Gunilde sœur de Harold , il est parlé d’une autre princesse d’Angleterre , aussi du nom de Gunilde qui aurait eu, à une époque un peu antérieure, sa sépulture dans le cloître dépendant de l’église de St-Donat, sur le Bourg. Son épitaphe, ajoute-t-on, qui était gravée sur une pierre de taille bleuâtre, enchâssée dans le mur du dit cloître , a été détruite ou perdue lors de la démolition de l’église.

M. Scourion dit que, tout bien examiné, il ne peut s’empêcher de considérer comme dénaturée l’épitaphe (1)

(1) nie est rapportée dans Sanderuf, Flandria iUustrata, tome I, p. 915,lWr. iijchap. l,et daos le Compendium ohronotogicum episcoporum Brugeniium, p. 236.

où il est parlé d’une Gunilde impératrice , femme de Henrile-Noir, qui aurait vécu religieusement hoc in Cattello, c’est-à-dire dans le Bourg, où elle avait son habiution dans le palais des comtes de Flandre , à côté de l’église.

Nous avons été assez heureux pour découvrir cette pierre sépulcrale que M. W. Chantrell a trouvée dans un vieux mur de l’ancien couvent des Augustins , et qu’il a eu l’obligeance de nous faire voir. C’est une pierre bleue , carrée, d’environ dix-huit pouces de hauteur, très-bien conservée, et dont les côtés seulement sont légèrement ébréchés.

Elle prouve d’abord que les copies de l’épitaphe données dans les ouvrages imprimés, et celle du manuscrit cité par M. Scourion sont inexactes.

Cette inscription, en caractères romains majuscules, gravés à lignes égales, ‘dans toute la largeur de la pierre, porte ce qui suit :

Nobilissimæ xvgvstæ Dhæ GvniLDis ( ou Gunihild ou Gunigund, car la partie de la pierre où se trouvaient les quatre dernières lettres du nom, est brisée) (1) Caitfti Anou* , DxnxxAKCiJS, NoavcGix, kt Svitia, beois riuÆ, ihpbbatobis

AVfiVSTI. HeKKICI NiGHI LAVDATISSIHA CoKJVGI , POST ACCEPTAH OBAVlSSIKAil A «ABITO IKJVBIAX , HOC IR CaSTBLLO, BILIGIOSH TIVXRTI XT ARRO DrI MXLII , XII KaL. SEPT. DEPVRCTA , HOC ■ORVKBRTVH ECCLXSIA ( CVI PHBQVAX EBAT HVRIPICA ) EBEXIT. QVOO DERVÔ IRSTITVTV* EST PEB M. RICOIAVX HeIE®' . . . . .

(un morceau de la pierre est enlevée ).

- (l) Comme on le voit dan» U notioe de M. Soourion, l’autoup de» Annale» éTHildeiheim à Tannée 1036, qui est celle du mariage d'Henri III dit le Noir, avec Gunilde, fille de Canut -le -Grand, roi d’Angleterre, dit qu’elle vint épouser Henri, fils de l’empereur, à

n parait qne cette pierre, après la démolition de St-Donat , anra été transportée au couvent des Augustins , oà on Tanra provisoirement placée dans un mur. Ce mur devint ensuite dépendance des maisons privées qn’on éleva sur quelques parties du terrain dudit couvent , et ce fut-là que N. ChantrelIIa découvrit, et eut l’heureuse idée de la soustraire à la destruction. Il parait que Ttn/urs grav dont il est parlé dans cette inscription serait l’accnsation d’adultère dont quelques historiens chargent Gunilde et dont elle se disculpa.

La munificence de cette impératrice aurait consisté à donner entr’autres objets précieux, un psautier en latin, avec des explications en saxon, que Meyer dit que l’on conservait encore de son temps (1540 environ J ; en beaucoup d’autres livres , plus sa couronne impériale qu’elle donna au chapitre de St-Donat (1).

La courte mais savante notice de M. Scourion, tend à faire considérer l’épitaphe de l’impératrice, femme de Henri-le-Noir, comme apocryphe, et comme le résultat de l’ignorance d’un archéologue de l’époque qui Lura confondu Gunilde sœur de Harold II avec Gunilde , épouse de l’empereur Hcnri-le-Noir.

Cette opinion étant appuyée par la citation d’rne foule d’auteurs allemands, anglais, latins, il y aurait tout un volume à composer sur ces deux épitaphes , si l’on adoptait une opinion d fierente , quoique des arguments dans ce sens puissent être prises dans la notice même.

Nimègue, et que Ion de la bdoédicUon, sou nom fut changé en celui de Gunigonde ; yenitregina Cunihild.,.. et mutato nomitte in henedictione Cunigund dicta et/.

(I) Suivant Pontanus, Rerum Danicarum kûtoria , p. 158. Voyei au'ti Meyer à l'année 1389, où te trouvent plusieun détails curieux.

Qa'il nous suffise ici d’aToir signalé un monument archéologique qu’on croyait perdu, et qui pourra servir plus tard à fixer l’opinion sur une de ces nombreuses victimes des révolutions d’Angleterre , telles que la reine Emma épouse d’Éthelred , puis de Canut-le-Grand ; l’impératrice Gunilde dont nous venons de parler ; Githa , veuve du comte Godwin, et sa fille Gunilde, sœur de Harold, qui toutes se réfugièrent à Bruges (1).

(I) Voyei Pontanus, Hûtoria rerum Danicarum,f. 171.

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