‹ Chronique de l'abbaye de Saint-AndréChapitre 24 sur 36 · BIBLIOTHÈQUE MANUSCRITE · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE MANUSCRITE

Ctt Uillf if Bruges.

En 1830 le savant Gustave Hœnel publia à Leipsig un catalogue des livres manuscrits des bibliotlièques de France, de Suisse, de Belgique, d’Angleterre, d’Espagne et de Portugal.

Dans cet ouvrage, fruit d’immenses recherches, la bibliothèque publique de Bruges y est portée comme renfermant 2700 imprimés et 480 manuscrits dont il donne les titres.

Le travail de M. Hœnel jouissant d’une réputation méritée sous bien des rapports et faisant autorité , je crois qu’il est nécessaire de rectifier les erreurs dans lesquelles il est tombé pour ce qui concerne Bruges.

Sa bibliothèque publique renferme passé les 8000 volumes , formant plus de trois mille articles , dont , en co moment, se refait 1e catalogue, dans un nouvel ordre.

Dans les 480 articles manuscrits (nombre d’ailleurs inexact et qui doit être porté à 830 ) cités par Hœnel , sont oubliés la plus grande partie des ouvrages historiques proprement dits, que je vais indiquer en entrant dans quelques détails puisés en partie dans des notes laissées par M. Scourion, ancien bibliothécaire, notes dont j’ai eu l’occasion de vérifier toute l’exactitude.

Le plus grand nombre des manuscrits proviennent de la ci-devant abbaye des Dunes , aussi traitent-ils pour la

plupart de matières théologiques. Les écritures en général en sont belles. Les plus^ anciennes sont du XII* siècle.

1“ Un des plus précieux, quoiqu’il soit écrit sur papier, est le recueil des comptes de la confrérie dite de St-Jcan-l’Évangeliste à Bruges, dont les membres étaient des écrivains, des copistes de livres, des enlumineurs, des imprimeurs etc. Le premier de ces comptes est de 1434 et le dernier de 1323. On voit par celui de 14o6 a 37 , au folio 13 verso, qu’avant la publication du fameux Psalmorum codex de Mayence, le premier livre imprimé qui ait paru avec date certaine; il y avait déjà à Bruges et parmi les membres de la dite confrérie, une famille dont le nom pratrimonique était De Pnntere, c’est-à-dire l’imprimeur. Il est à présumer que c était la profession d’imprimeur avec des planches gravées sur bois, qui avait fait donner à Bruges le nom de De Printere, à une famille.

L’abbé Ghesquière a tenté do prouver, dans un article d« 1/ esprit lies Journaux J juin 1779, p. 2o7 que dès 1443, doui« ans avant les premières éditions de Mayence avec date, on vendait à Bruges des livres imprimés, et qu’on en faisait même commerce.

Les autres articles qui méritent le plus d’attention parmi les manuscrits de notre bibliothèque sont les suivants :

2” Liber de naturis rerum, sur velin, de la fin du xv* siècle, et orné d’un grand nombre de miniatures curieuses.

3* CronicoH Monasterii SH-Bertini, sur papier , écriture du XV® siècle.

> Cette chronique a été publiée par B. Marlene, an tome lli du

Thésaurus anecdotoruip , mais l’éditeur Bénédictin passe sous

sileuce quelques faits qui se trouvent dans notre chronique inauusci'itu.

4“ Vincentii Bellovacensis spéculum doctrinale, superbe écriture du x^^ siècle, sur veliu.

Ce livre est orné de miniatures dont plusieurs sont de nature à paratlre au moins singulicics dans la copie d’un ouvraj;e tliéologique du chapelain de St-Louis.

8“ Un cahier en papier, d’und loterie tirée à Bruges en 1443 et dans laquelle a rais la veuve de Jean Van E yck , ce qui j)eut servir à fixer la date du décès de cet illustre artiste Brugeois, et prouve d’ailleurs combien les loteries sont anciennes en Flandre.

h'Encycloj)édie méthodique, dictionnaire des jeux, qui fait suite au tome ni des mathématiques, prétend, page 148, que l'usage des loteries nous est venu d’itulie. On y avance que c’est sous le doge Erizxo qu’elles ont commencées. Hais ce doge n’est entré en foiictious qu’en 164G. Donc notre registre de la loterie tirée à Bruges et au profit de la ville eul445, prouve l'inexactitude de l’assertion des encyclopédistes. D’après celle antériorité de deux siècles, il paraît que c’est dans la Belgique que les loteries auraient pris naissance, et que de là elles seraient passées en Italie, en France et en Angleterre.

H. Noël, dans son Nouveau dictionnaire des inventions, admet aussi que les loteries seraient venues de l’Italie. Hais les mots lot et lotçrie qui appartiennent à la langue teutoiiique n’ont élu introduits que fort tard dans les langues italienne et française. Ce qui semblerait prouver que c’est d’ici que sont parties les loteries, c’est que déjà avant la fin du xv= siècle, celle da Bruges fut l’occasion d’un cas de conscience sur la licitité de ces moyens que les villes et ensuite les états employèrent pour se procurer des bénéfices. Dans la dernière des questions quodlibitiques du docteur en théologie Jean Briard , vice-chancelier de l’université de Louvain, dont l’ouvrage a été imprimé en 15^7, longtemps après sa mort, l’on peut voir la solution de cette question soulevée à l'occasion de ce qui se pratiquait ù Bruges.

6“ Un missel sûr Velin, d’une très-belle écriture du XV*’ siècle, dans lequel sont posées diverses propositions théologiques.

7° Summa pauperum in legibus à magistro Uacario, On sait que ce légiste anglais vivait au milieu du XII® siècle.

Ce manuscrit est sur velin et d’une écritilre du xiii” siècle. On ne connaît que cinq copies de cet ouvrage, qu'ou a fait imprimer depuis à Leipsig.

8® Ordonnance de la Toison d’or, beau manuscrit du xv® siècle, sur velin.

0" Plusieurs anciens livres de prières en latin en français et en flamand, écrits sur velin et ornés de belles miniatures, d’encadrements et d’arabesques. Quelques-uns remontent au xm® siècle. Ce sont des dons faits à la bibliotlièque par M. De Schietere de Lophem^

10“ jdnnalcs de la tille de Bruges et du Franc, jusqu’à l’année 1763, un volume in-folio de 1009 pages, d’une écriture très-lisible.

Cet ouvrage est à-peu-prèa en français celui qui a été imprimé en flamand en cette ville, d’abord en deuÿ vol. petit in-8<> sans nom d’auteur en 1738 , et depuis en 5 vol. en 1705, avec le nom de l’auteur Charles Custis, ancien cchevin de la ville. Les deux éditions sont intitulées; Jaerboeken der slad Brugije. La première finit è l'année 1700, et la seconde va Jusqu'à l'année 1705, qui est celle de l’impression par Joseph van Pract, imprimeur du territoire du Franc.

11® Chronycke van den Lande en graefschap van Flaenderen gemaeht door Jo’ Niclaeys Despaers (sic) poorter en inboorlijnck der stede ran Bnigghe, bacclier in de rechien. 2 vol. in-folio, écrits sur papier et d’une

lecture difficile. Le tome premier a 709 pages et une table des noms propres.

Le tome second a 572 pages et une table. Cette chronique commence à l’an 485 et finit au 12 octobre 1492. Le deuxième volume s’ouvre par le règne de Jean de Bourgogne, en 1405.

N. Despars fut bourgmestre des échevins de la ville de Bruges en 1578 et 1584. Il est décédé en 1507. Son épitaphe, dans la chapelle de l’hospice de la Poterie dont il était tuteur, porte qu’il était nobili» vir litterisj et orMss clarus .... neenon antiquitati» indefesau» indagator.

C’est abusivement que son nom est écrit Despners au titre de la copie que nous avons de sa chronique , et dans les Jaerboeken de Custis. Divers monuments irrécusables prouvent que son nom était Deapara.

M. De Jonghe, professeur à l’Athénée de Bruges, fait en ce moment imprimer cet le chronique. Il esté regretter qu’il n'ait pas accompagné cette publication de notes historiques, surtout comme elle contient des faits et des détails entièrement neufs qu'il eut été curieux de comparer à ce que rapportent les autres historiens. N. Goelhals, conservateur de la bibliothèque de Bruxelles, a donné une biographie do Despars dans ses lectures sur l’histoire littéraire de la Belgique.

12“ Chronyhe van Vlaenderen, commençant comme suit : Dit is de tafle van der Corniike (sic) van yiaenderen ende van der forestiers ende princhen te weten VI forestiers ende XXVII graeven van Vlaenderen etc.... suit la table de quatre feuillets à 2 colonnes, puis: Hier beghint de comycke van Vlaenderen.,.. Anno domini 621 tn dien tyd dat Deus Dédit was Paaus van Roome. 238 feuillets écrits à deux colonnes, finissant in Loutnaend LXV (1465). Ecriture du xv® siècle. In-folio assez grand.

L’auteur raconte à la page 79 verso, l’histoire d’après laquelle le comte Baudouin, empereur de Constantinople, qu'on croyait

«voir perdu la vie à la suite de la bataille d’Andrinople, avait été fuit prisonnier et envoyé comme esclave en Syrie, où on lui faisait labourer la terre; que des marchauds d’Allemagne étant venus à passer auprès du lui , il çnmprit leur langage et se fit connaître à cui; qu’ils le rachetèrent et l’emmenèrent jusqu’à Cologne; que de là il envoya un message à la comtesse Jeanne sa fille pour lui annoncer son retour-, et qiie dahs qtiatorxe jours il serait à Lille; que Ferrand, l'époux de Jeanne, le fit arrêter et le fit pendre à un arbre à un demi-mile de Lille, daer nU ’t Clootter van MarkeUe slael. Au fol. 70 verso, à l’année 1^34, il ést dit que Jeanne étant décédée, fut enterrée au couvent de Marquette qü’ellc avait fondé ou fait construire. Le texte ajoute ; Men wilte segghen dat in dat Clooaler daer den hooghen au/aer Haet, dat daer een boom stout van te vooren, dair de goede grave Boudin hegzer van Constantinople aen ghehangen tcas. Pas la moindre observation pour décharger Jean bu son mari Feirand de cette grave inculpation!

18“ Crtmicke van Flaienderen. Elle commence commé suit: Int jaèr ans Hceren 613 doe was paus te Hoeme Deus (ledit, en £ radius was keyser van Rome, en Lotharius de groote coninc Cilperich suene was cueninc van Vranckeryck. In desen tyde was een edel man in Bouryhonen geheeten Salvaert, en hy was princhen ran Dygon etc. Petit in-folio, papier de la grandeur d'un in-4" ordinaire. Ecriture en deux colonnes dû XVI® siècle. L’ouvrage finit den 23 dach van hoymaendt, anno lxxviii (1478).

Ce volume de 410 feuillets, contient surtout beaucoup dé détails sur ce qui se passa à Bruges, et renferme un assez graud nombre d’armoiries coloriées et plusieurs grandes miniatures peintes à l’aquarelle.

14" Nauwkeurige beschryving van het land van den Vryen (c’est-.à-dire du Franc ou du Franconat de Bruges)

inhoudende een kort verhael ran aile de privilegien,

octroyen, transactien , appointe menten etc. etc. yan de jaere 863 tôt den jacre 1!531, te saemen vergaderd

34iS

vyl vertckeyde en autenticque regiatrea etc. by 4’keer en meester Adriaen Baltyn, licentiaet in beide de rechten, greffier van de eamer, ende pensionnares ’slands voornompt anno 1604. In-folio de 135 feuillets, écriture du xvii* siècle sur papier.

Cet ouvrage, dont noua avoua inaéré un abrégé dana lo ^feê~ tager des arts de Gand, année 1858, eat un eipoaé biatorique onneis de t’etat politique du Franc de Briigea. Il acmble mériter la confiance parceqiic l'auteur a travaillé aur lea chartca et autres .documents qu’il avait aoua lea ycui. Il indique presque toujours* à la fin de chaque article, les chartes sqr Iqaci^çllpa lise fonde, e^ les cartulaires où elles ac trouvent transcrite^.

IS" et der stede van Brugghe beghinnende van den jaere 1391 en vervolgkende tœ den jaere 1767 en voQrder,

Après .'énoncé nominal et par année do tous les membres du magistrat do cette ville depuis 1331 jusqu'au 1771* suit une petite chronique intitulée : Ghedenckweerdighe gkcsçkiedenissen binnen en omirent Brugghe eooren gherallen, en golghene (Ip jneren tlat de selve ghebeurt syn aengoleekcnt.

Ce cnMpiis dq chronique commence à l’année 565 et finit le 3 août 1773. Papier îa-fotio. La chronique comprend 45 feuillets.

16“ Nauheurighe beschryvinghe van de oude ende hedendagsche ghestaethede van de edele ende vermaerde etadt Brugghe in Vlaenderen door heer ende meester J. P. F an Male.

Ce volume, format in-4“, écrit sur papier, ne traite que des particulnrilés de la ville do Bruges. L'auteur est mort curé de la commune de Vladsloo, en 1735.

17” Levons der graven van Vlaenderen , ofte kort begryp der zelce wanneer sy aen de regeering syn gekomen^ hunne huwelycke en kinders , hunne dood en begraefplaetsen, met hunne grafschriften en epitaphicn, by een versamelt door Petrus Ledoulx, konslschilder , ton jaere 1808, tôt Brugghe, in Vlaenderen.

Piivrage de peu de mérite pour le style, mais orné des dessins de toutes les statues un pierre des comtes de Flandre qui déco-

raient autrefois la façade de l'hôtel-de-villc, et dont il ne reste plus qoe les niches. Nous avons reproduit ces statues par la lithq* graphie, d’après les dessins de M. De Vigne , dans nos Annales de Bruges.

Le texte du manuscrit que nous venons de citer, comprend 274 pages, petit in-folio, d’une écriture très-lisible. Il finit a l'année 1705.

1 8" Chronica monasterii St-Andreœ apostoli , juxta Brugas^ ordinis Benedicti, acripta ab Arnuljpho Goetkalsio ejuadem monasterii. L’ouvrage est dédié à Jean As$e^ abbé de ce monastère, depuis 1584 jusqu’en 1554. 11 ne s’étend que jusqu’en 1504.

Nous avons publié la plus grande partie de celte chronique curieuse et jusqu’aujourd’hui inédite, dont M. Jules Van Praet, actuellement secrétaire du roi, avait traduit deux ou trois chapitres à la suite de son travail sur l’origine dos contmunes. Gand, 1820. '

1 9® Un volume in-folio écrit sur parchemin , écriture dq XV® siècle , contenant les chroniques suivantes :

I. Chroniettm abbatum vituriensium, quarante-six pages, commençant à l’année 1147 et finissant en 1833.

II. Gesta virorum illustrium moHOSterii viturienais. 92 pages, finissant à l’année 1380.

III. De origine monasterii viridis vallis in Zoudef. 54 pages, finissant en l’an 1435.

IV. Primordiale monasterii canonicarum reguharium rubeævallis in Zoniâ. 86 pages, finissant en 1475.

Page 1