LA VILLE DE BRUGES
Bicr.is renfermait dans son enceinte, comme noug l’avons déjà dit ailleurs, le eentrc d’une administration puissante eonnue sous le nom de Franc. Brufres et le Franc ayant ehacun une magistrature, des droits et des privilèges distincts, il en résultait qu’ils avaient aussi des dépôts d'archives à part et tandisque celles de la ville reposaient dans une salle voûtée sous la tour de la Halle, celles du Franc étaient conservées sur le Bourg (1).
Plus tard les événements politiques changèrent cet état de choses. Toutes ces archives, ou du moins ce qui en restait, après des incendies, des dévastations, et des accidents de tout genre , fut transféré plus d’une fois d’un
(I) C’est-à-dire le Bourg actuel, oar très-anciennement il y avait eu un Vieux-Bourg dont le nom est resté à une rue. Il parait que ce fut sur le Vieux Bourg que se trouvait la forteresse, origine de Bruges, etquela bourg actuel iie date que du neuvième siècle au plus tût. Voici â ce sujet les paroles do Vredius : Burgum reUu cujtta parti nunc super impositum est diei Basilii sacellum, têtus ideo dictum fuit, quim pnstea, sub Baldmno Ferreo (865) domus castellani, carcer site Lapis, domus scabinalis, domus comitis, ubi nunc caméra major Franconatensium, templo vicina, ipsumque diti Doiiatiani templum, cum ambitu mûris inclusiim est, ac Burquin do noco rKUnciipatum , cctoi iqus Burqo, eusiri iiomen remansil.
liea en un autre , bouleversé , mêlé , sans que jamais il en fut fait un inventaire complet. Aujourd’hui enfin ce qu’on désigne sous le nom d’archives de la ville, se • trouve déposé à l’hôtel-de-ville , et celles dont la province est en possesion sont classées dans des salles du bâtiment connue sous le nom de palais de justice.
On est occupé en ce moment de la confection de registres analytiques de ces deux dépôts. Déjà M. Gachard avait indiqué sommairement dans sa Collection de document» inédits, ce que les archives de Bruges renferment de plus important, sans compter une quantité asses considérable de chartes originales.
Bruges possédait encore plusieurs autres collections d’archives, entr’autres celle de l’église de St-Sauveur, de l’église de Notre-Dame, de l’hùpital St -Jean, de l’hôpital de la Poterie etc. Aucun de ces dépôts, que nous sacliions, n’ont d’inventaire régulier.
Les plus anciennes chartes originales de la ville sont de la fin du xm® siècle , celles antérieures ayant été consumées lors de l’incendie de la Halle, en 1281. Dans le recueil de pièces en vingt volumes, sur parchemin, connu sous les noms de Roeden Bœk, tVitte-Boek, Groene Boek, Zwaerte Boek etc. d’après la couleur de la couverture primitive de ces registres, il se rencontre des copies de pièces antérieures au xin® siècle. Telle est , par exemple, une charte du comte Robert 1 de l’année 1088, qui , outre divers privilèges octroyés au chapitre de St-Donat, créa le prévôt de ce chapitre, chancelier perpétuel de Flandre. Mais eette transcription en flamand n’est qu’une traduction du xiv® ou du xv* siècle, car l’original était certainement en latin, le flamand n’ayant guère été employé dans des actes semblables que vers le milieu du xiii' siècle.
Le plus ancien compte de la ville est de 1284; malheureusement il en manque de temps en temps quelquesuns. Les renseignements qu’ils fournissent ne sont pas moins important que ceux que l’on trouve dans les chartes. Le savant M. Scourion avait eu la patience de les parcourir tous, et d’en tirer de nombreux extraits qu’il a laissés en portefeuille à son décès , et dont il serait trèsimportant que la ville fit l’acquisition.
L’hôpital St-Jean a beaucoup de chartes de donation du XII* siècle et des suivants , outre plusieurs documents curieux.
Un des plus intéressants dépôts d’anciennes pièces historiques de tous genres , est celui de l’église de St-Sauveur. 11 est fâcheux qu’il soit difficile d’y avoir l’accès nécessaire pour pouvoir mettre à profit, dans l’intérêt de l’histoire du pays, cette mine féconde.
Lors de la suppression des couvents et corporations religieuses , il y a lieu de croire que les membres de celles qui existaient en grand nombre, en cette ville, ont emporté les archives de leurs maisons respectives et probablement ce ne sera que le hasard qui pourra remettre sur les traces de ce qui en existe encore.
Quoiqu’il en soit, voici la liste de ceux de ces établissements qui devaient avoir des archives.
1” L’abbaye d’Eeckhoute, entièrement démolie.
2” Le couvent des Dominicains , dont il n’existe plus qu’une partie de la porte d’entrée de l’église.
3“ Le couvent des Augustins, tout-à-fait détruit.
4” Le couvent des grands Carmes , détruit.^
8® Le couvent des Recolicts , détruit.
6® Le couvent des Alexicns ou Frères Cellites, transformé en magasin de fournitures militaires.
7* L’abbaye des Dunes. Nous avons parlé ailleurs de cet ancien monastère et de ses archives.
8“ Le couvent des Carmes déchaussés, qm a encore quelques manuscrits , mais peu ou point de chartes. ,
9“ Le couvent des Chartreux dont la provinee possédé un beau cartulaire sur parchemin, du temps que ce couvent n’était encore que l’hospice de St-Aubert. Aujourd’hui ce couvent sert de caserne de cavalerie.
Nous croyons inutile d’cnumérer les couvents de femmes, aussi fort nombreux dans la ville de Bruges, car ces religieuses n’avaient guère d’archives, et le peu qui en existait a sans doute été dispersé par les malheurs du temps.