‹ Chronique de la PucelleChapitre 27 sur 66 · HOSTILITES · texte numérisé non relu

HOSTILITES

nant i, fut rencontré des Bourguignons à Ourouer le Dain 2 où il estoient neuf embuschez ; les quelz le prisdrent et le menèrent à Chartres, où il fut longuement prisonnier et ^ tant que a petit qu'il n'y morût et que la dicte ^ Marguerite l'avoit rençonné de neuf escuz d'or et ainsi demoura la dicte monnoie de grox au dit lieu de Marchesnoir.

Dient oultre que ou dit temps le dit feu Richart ala de vie à trespassement et que incontinant les gens de la justice, c'est assavoir Jehan Soiet, lieutenant, au dit lieu de Marchesnoir , de Monsieur le gouverneur de Bloys et de Dunois , feu Maistre Philippe Gaubert , procureur général de Monseigneur d'Orliens , firent mectre en la main de Monseigneur tous les biens du dit feu receveur; et sceurent bien que la dicte monnoie de grox estoit en une huche emprès le lit du dit feu receveur, laquelle il ovrirent et regardèrent qu'il avoit dedens 5, et y trouvèrent du linge, qu'ils myrent en inveutoire par compte et la dicte plaine poiche de grox , qui montoit par extimacion bien un boisseau; et y povoit bien avoir, à leur advis , deux cens francs de la dicte monnoye et plus ; les quelles choses ils remisdrent en la dicte huche et scellèrent la dicte poiche [et?] icelle huche fermèrent de la clef et misdrent un seel sur la sarreure et deffendirent à grosses paines que riens n'en feust ousté jusques ad ce que autrement en feust ordonné. Et dient que ad ce faire estoient ^Jehan?] (Barraust, substitut du procureur dessus dit) 6, Nicaise Rancian, prévost du dit lieu, Jehan

' De Châteaudun à Marchenoir.

2 Ouzouer-le-Doyen , arrondissement de Blois.

^ Et tant que peu s'en faut qu'il n'y mourût.

* La dite (voyez ci-dessus p. 472, note 3) indique sans doute que le présent interrogatoire a fait partie d'une enquête dans laquelle cette Marguerite était précédemment désignée.

^ Ce qu'il y avait dedans.

^ Les mots compris dans la parenthèse ont été rayés.

mars-avril, etc.] DES BOURGUIGNOXS. 475

Viriville (?) i et Phelipot de Masné [notaires?] et tabellions du tabellionné et de la prévosté du dit lieu et Jehanqui-chante, sergent de Monseigneur au dit lieu.

Dient oultre que environ la Sainct- André ^ après ensuivant, prisdrent le dit chastel de Marchesnoir les diz Bourguignons, qui encores le tiennent et occupent, et estoient ou dit chastel ; et après la dicte prise furent les logeis par les diz Bourguignons despartiz et scevent bien que le logeis du dit receveur fut baillié à un appelé Le Duat, et autres ses compaignons, qui tindrent le dit logeis, et tous les biens estans en iceluy, pour leurs et les avoir gangnez ; et scet bien que [la dicte?] Marguerite y perdit tous ses biens et eux [les leurs?] entièrement. Et tantost après [sceurent?] les dessus dits que le susdit Duat et un appelé Putel trouvèrent les dits grox et

les virent ^

envoyer à Chartres ^.

Dient oultre que au dit temps de la prise du dit chastel de Marchesnoir, la dicte Marguerite n'estoit pas à . . .

et estoit à Chasteaudun. Et quant elle sceut les nouvelles,

vint au dit lieu et parla au dit Duat et autres

au dit logeis, pour aucunes choses recouvrer de ses biens

[lesquels?]

lui respondirent que se elle vouloit demourer avecques

eulx au dit Marchesnoir et autres qui y estoient

que il lui gardcroient de ses bléz, avenue, et partie de ses autres biens. Laquelle n'en volst riens faire et riens n'en pot avoir ne recovrer. Mes pour ceste cause destindrent son dit fils que la dite Thomasse norissoit de sa mamelle, comme dit est 5, en disant qu'elle n'en auroit

• Ou Broicille?

2 Le 30 mars 1423.

■" Lacune : la pièce est ici mutilée, ' Chartres était aux Bourguignons.

^ Le fils de Marguerite el de Richard le Vrai, receveur. Voyez ci-dessus p. 472, note 3.

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