‹ Chronique de la PucelleChapitre 28 sur 66 · HOSTILITES DES BOURGUIGNONS · texte numérisé non relu

HOSTILITES DES BOURGUIGNONS

point se elle ne le rençonnoit et s'en ala à tant et fut longuement qu'elle ne povoit avoir son dit enffant. Et enfin covint qu'elle le rançonnast d'un muy d'avoine, qu'elle leur mena pour avoir son dit enffant.

Dient oultre les dessus diz que la dite Marguerite avoit audit logeis dudit lieu de Marchesnoir plusieurs grains, comme blez, advènes, orges, pois et fèves, qui se montoient bien, cest assavoir de la cueillète de la dicte Marguerite dix muis [à la?] mesure de Marchcsnoir ; trois muys et demi d'avène; et, des grains qui appartiennent à Monseigneur le duc à cause de sa recepte, y avoit bien des dismes deux muys de mestail, [d'avènes?] dixhuit [grands?] muys; et plusieurs poys et fèves. Et parce [témoignent?] les dits desposants que ils les aidèrent à porter et à mesurer les dits grains et les mettre ou gregnier du dit receveur, lesquels grains furent tous perdus à la dicte Marguerite avecques Jes choses dessus dites, sans ce que aucunes choses elle en peust riens recovrer.

Item, dient [oultre?] les [dits desposants?] que la dicte Marguerite avoit en son dit logeis trois [tonnes?] de vin et plusieurs autres mesnages, comme liz, pos d'arin [et de cuivre?], escuelles, plaz, trois liz, coestes , couvertures et autres ancillements et aisemens d'ostel, qui tous furent perdus, avecques trois chevaulx, une cherrette ferrée et tout l'abillement à labourer tarres ^ et ung harnois complet à ung homme et une arbalestre d'if; deux draps de blanchet, qui contenoient bien vingt ausnes, et trois ausnes violète, et demie ausne de vert brun.

' Terre [tarre pour terre, et cherrette pour charrette). — La pièce que nous venons de transcrire offre à la lecture de trèsnombreuses difficultés, à cause de l'altération de l'encre et du papier.

Page 1