‹ Chronique de la PucelleChapitre 4 sur 66 · I. GOUSLX^OT LE GHAMGELIER · texte numérisé non relu

I. GOUSLX^OT LE GHAMGELIER

1411-1412, n. s. février 28. Lettres données au bois de Vincennes par Louis duc de Guyenne , dauphin de Viennois , qui confisquent certains biens appartenant à Guillaume Cousinot comme adhérent et complice du duc d'Orléans *. (Extrait.)

Le roi, par lettres du 27 (la veille), a disposé : tt Comme pour les grands rebellions et désobéissances et autres énormes excez, crimes et déliz, commis et perpétrez contre nous et nostre royal majesté par Charles nostre nepveu d'Orléans, ses frères, et autres leurs adhérens, aliez et complices, nos ennemis, rebelles et désobéissants, nous les ayons abandonnez et déclarez avoir forfait envers nous, corps et biens, estas et offices: entre lesquels nous sommes acertenez que Maistre Guillaume Cousinot, naguères advocat en nostre court de parlement, oultre et par dessus nos commandcmens , prohibitions et défenses solennelment criées et publiées en nostre bonne ville de Paris et ailleurs, en nostre

' Voyez ci-dessus p. 18, note 1.

royaume, a tenu et tient le party des dicts d'Orléans et leurs complices; les a aidiez, conseilliez, soustenus et favorisez, s'est absente de nostre dite ville de Paris, retrait et tenu avec noz dits ennemis en soy rendant et démonstrant rebelle et ennemi de nous et de nostre royaume ; dont ^ il a encouru les peines sur ce introduites ; par quoy nous loist et appartient ordonner et disposer à nostre bon plaisir et voulenté de tous ses biens, meubles et héritages quelconques et par espécial d'une maison ou hostel et appartenance qu'il souloit tenir et occuper ou terrouer de Pcntin et des prez et bois qu'il avoit à Escliellc Sainte-Baudour, etc. »

Suivent la description et l'énumcration de ces biens. Il les déclare confisqués et les donne au Dauphin. Ce prince eïi donne la conciergerie et les revenus à Catherine de Villiers, dame du Qucsnoy 2, pour la récompenser des services rendus au Dauphin et à la Daupliine. — Le duc de Bourgogne , le duc de Bar, le sire de Rambouillet et autres, présents.

Direction générale des archives, J. n^ 369, pièce 17.

1421. Mentions de Guillaume Cousinot le chancelier, dans les comptes du Dauphin (Charles VII).

A Alaistrc Guillaume Cousinot, conseiller du roy et de mondit seigneur le régent, chancellier de Monseigneur d'Orléans et exécuteur de feu Monseigneur de Vertuz, pour un cheval cler bay acheté de lui iiij" liv. tournois.

A lui pour un autre cheval brun bay, vij" liv. t.

A lui pour un autre cheval morel, pour ce, Ixx liv. t.

A lui pour un autre , de poil roucn , c liv. t.

^ De tinde ; d'où.

- Voyez sar cette dame la BiblÏGthcqtie cVIsaheau de Bavière, etc., Paris, Techener, 1858, in-8<> , p. 5, 17, etc., et ci-dessus, p. 17, noie 3.

NOTICE SUR COUSIXOT. 75

A lui pour un autre, brun bay; une estoillc au front; ex liv, t.

A lui pour un chariot aveeques le harnoiz appartenant aux dits chevaulx et chariot, .1. liv. t.

Pour ces six parties, par quittances cludit ill° Guillaume faict le xxij<= jour du mois de novembre (1421) ci rendue, v^ .1, liv. t. (550 livres tournois).

Même dépôt, Coinptes de récurie du Daujjkin, KK, no 53 , fol. 75 v".

1441-2, janvier 14. Quittance d'une gratification de 200 liv. Signature autographe , original sur parchemin, sceau de cire rouge.

Je, Guillaume Cousinot, conseiller et maistre des rcquestes de l'ostel du roy nostre sire, confesse avoir eu et receu de Pierre Maudonier, receveur du bas païs d'Auxrergnc, de la porcion d'un aide de xxviij"^ fr. (28,000 fr.) pour le roy nostre sire et v"^ (5,000 fr.) pour Monseigneur le duc et madame la duchesse de Bourbonnois et d'Auvergne, octroiez par les gens des trois Estats du bas et hauît païs d'Auvergne, assemblez en la ville de Montferrant ou mois de novembre derrenier passé, la Somme de deux cens lixTcs tournois, laquelle les gens d'Esgiisc et nobles du bas païs ont ordonné à moy estre paiée, baillée et délivrée par ledit receveur, des deniers de sa rccepte, pour les causes et ainsi qu'il est contenu et déclairé es instruciions et ordonnances par eulx faictes sur le fait dudict aide. De laquelle somme de ij^ liv. t. je me tiens pour bien contant et paie et en ay quicté et quitte Icsdits Mandouier receveur dessus nommé et tous autres, à qui quittance en appartient ou appartiendra. Tesmoing mon scel et seing manuel cy mis à ceste

quittance le quatorziesme jour de janvier l'an mil quatre cens quarante et ung.

Signé : 03» CoU^inOt avec paraphe. Même dépôt, KK 648, fol. 112.

1455, juin 4. Ambassade et naufrage de Cousinot^. Lettres patentes j)ortant établissement d'une crue de taille sur le sel en Normandie j pour subvenir à sa rançon. (Vidimus.)

A tous ceux qui ces lettres verront ou orront, Jehan Gouel garde du scel des obligations de la vicomte de Rouen, salut. Savoir faisons que, l'an de grâce mil cccc cinquante cinq, le premier jour de juillet, par Pierre Alatrayme tabellion juré , en la compagnie de Guillaume du Val, tabellion juré en ladite viconté, nous a été tesmoigné avoir veu et leu, mot après mot, unes lettres royaulx scellées en simple queue et cire jaune, auxquelles était attaché ung mandement de Nosseigneurs les généraulx soubz l'un de leurs signets, le tout sain et entier en scel, signetz et escripture, desquels la teneur en suit. Et premièrement desdites lettres royaulx.

Charles, par la grâce de Dieu, roi de France, à nos amez et féaulx les généraulx conseillers, par nous ordonnez sur le fait et gouvernement de nos finances, salut et dillcction.

De la partie de notre amé et féal conseiller Guillaume Cousinot, chevalier, et notre bailli de Rouen, nous a esté humblement exposé que, l'an mil cccc cinquante et ung derrain passé, par grande et meure délibération de conseil et pour certaines matières qui grandement touchoient le bien de nous et de la chose publique de notre royaume, icellui et autres avec lui, avons envoie en ambaxade par devers notre très chier et très amé frère,

' Yoyea ci-dessus p. 27.

NOTICE SUR COUSmOT. 77

cousin et alyc, le roy d'Escosse, par devers lequel ilz furent et firent et accomplirent ce que leur avions chargié, au mieulx que possible leur fut. Et en eulx retournant dudit pays d'Escosse , eulx estant sur la mer, par grant orage de temps, force de vent et tourmente de mer, ilz furent contrains de donner à terre en la coste d'Angleterre : leur navire rompu, tous leurs biens perduz, eulx en dangier d'estre pérus et noiez; et finalement pris prisonniers par les Anglois nos anciens ennemis et adversaires : dont les aucuns d'eulx y sont mors, les autres délivrés et le dit suppliant, qui estoit le principal de ladite ambaxade , a esté détenu trois ans prisonnier ou dit pays, en très grande povreté et misère, et si très durement et [asprement traictié qu'il a esté en voie de y finer misérablement ses jours. Et par le moien d'icelles choses et pour éviter le péril de la mort et totalle perdicion et destruction de son corps, a esté contraint à soy mectre à grande et excessive raençon; laquelle lui est impossible de paier senon que ce soit par la grâce de Dieu et de notre aide et secours, nous suppliant que comme il soit ainsi qu'il ait esté prins en notre service , et à ceste cause, et pour les autres services qu'il nous a faiz le temps passé et à ladite chose publique de notre dit royaume , il ait souffert les choses dessusdites et ait esté mis à ladite raençon , il nous plaise sur ce lui subvenir et impartir notre grâce.

PouRQUOY nous, en considération aux choses dessusdites , ayans en mémoire les grans , bons et agréables services , que icellui notre conseiller nous a fait le temps passé et que espérons que encores nous face ou temps advenir, mesmement aussi qu'il a esté prins en notre dit service et pour le bien publique de notre dit royaume, ainsi que dit est, voulons ces choses recognoistre et lui aider au fait de sa délivrance, ainsi que raison est.

A ICELLUV, pour ces causes et autres à ce nous mouvans, pour ce que du principal de noz finances, pour les

grans charges que avons pour le fait de nos guerres et autrement, ne lui poxons aider ne secourir de telle somme conrnie bien faire le voudrions, avons oclroié et octroions par ces présentes que tout le sel qui sera vendu es greniers à sel de notre pays de Normendie , du duchié d'AIençon et conté du Perche, jusques à trois ans prouchaineraent venant, à compter de la date que l'impost cy après décléré sera mis sus, soit vendu à la crcue de douze deniers tournois sur chacun minot, oultre et pardessus le droit qui se liève pour la gabelle, et ceilui du marchant; pour les deniers qui vendront de la dite creue, laquelle nous lui avons donné et donnons par ces dites présentes, tourner et convertir au profit de notre dit conseiller et en l'acquit de sa finance "et raençon.

Si vous mandons, commandons et expressément enjoingnons par ces présentes que par les grenetiers et contreroulleurs des dits greniers à sel du dit pays de Normendie, duchié d'AIençon et conté du Perche et chacun d'euix, pour tant qu'il luy touche, vous faictes vendre d'ores en avant, par chacun an jusques à trois ans, à compter de l'exécution de ces dites présentes, tout le sel qui sera vendu et distribué es greniers desdits pays à la dite creue de douze deniers tournois sur minot, et le prouffit qui en vendra baillez et délivrez à notre dit conseiller, pour le tourner et convertir en l'acquit de sa dite finance et raençon. Et par raportant ces dites présentes ou vidimus d'icelles, auquel fait soubz scel royal voulions foi estre adjoustée comme à ce présent original , et quictance sur ce suffisante de notre dit conseiller, nous voulions les dits grenetiers et tous autres nos officiers à qui ce pourra toucher, et chacun d'euix estre de ce tenuz quictes et deschargiez et ce estre alloué en leurs comptes et rabatu de leurs receptes par nos amez et féaulx gens de nos comptes, auxquels mandons ainsi le faire sans difficulté.

NOTICE SUR GOLSINOT. 19

Donne au Bois-Sirc-Amé , le quatrième jour de juing, Fan de grâce mil cccc cinquante cinq et de notre règne le trente -troisième. Ainsi signé : Par le Roi en son conseil. — J. de la Loere.

Item ensuit la teneur du dit mandement :

Les généraulx conseillers du Roy notre sire sur le fait et gouvernement de toutes ses finances , xeues par nous les lettres patentes du dit seigneur auxquelles ces présentes sont atachécs soubz l'un de nos signetz , par lesquelles et pour les causes dedens contenues, icellui seigneur a voulu et ordonné que tout le sel qui sera vendu es greniers à sel du pays de IVormendie , duchié d'Alençon et conté du Perche, jusques à trois ans, à compter du jour de l'exécution des dites lettres, soit vendu à la creue de douze deniers tournois sur minot de sel , oultre le droit de gabelle du dit seigneur et du marchant ; pour, la dite creue, tourner et convertir en l'acquit de la finance et raençon que doibt Messire Guillaume Gousinot, chevalier, conseiller du dit seigneur et son bailli de Rouen , aux Anglois desquels il est prisonnier, consentons, en tant que à nous est, à l'entérinement et accomplissement des dites lettres, en mandant par ces dites présentes aux grenctiers et contreroulleurs des dits greniers à sel et chacun d'eux , que icekii sel , pour lesdits trois ans , ilz vendent à la dite creue de douze deniers tournois chacun minot , et icelle baillent et délivrent au dit Gousinot , pour la convertir en ce que dit est. Tout ainsi pour les causes et par la fourme et manière que le dit seigneur le veult et mande par ses dites lettres.

Donné soubz nos dits signetz le xiii"^ jour de juing l'an mil cccc cinquante cinq. Ainsi signé : Bourlier.

En tesmoing de ce, nous, à la relation du dit tabellion , avons mis à ce présent vidimus ou transcript le scel des dites obligacions. Ge fut fait l'an et jour premiers dessusdiz. — Alatrayme, Du Val.

Original en parchemin sans sceau. Archives de l'Eure, B 146. — Transcrit et communiqué par M. Lebcuricr, archiviste du département de l'Eure.

1455 septembre. Ceîit vingt écus d'or alloués à Guillaume Cousinot sur la cloison d'Angers , pour subvenir à sa rançon.

A Maître Pierre Chevallier, bailli de Saint-Aignen en Berry, commissaire du roy nostre seigneur, à prendre, lever et avoir la cinquiesme partie des cloaisons qui se tiennent en ladite ville d'Angers et en autres villes de ce royaume, oslé (excepté) le duché de Normandie; laquelle cinquiesme partie le roy nostre sire a donnée et octroyée à ]\Icssire Guill. Cousinot, chevallier et son bailly de Rouen, pour convertir et emploier en l'acquit de la finance dudit Cousinot , nagaires détenu prisonnier par les Anglois, anciens ennemis de ce royaume, la somme de 120 escuz d'or; à laquelle somme le sieur de Beauveau (sénéchal d'Anjou), en la présence et du consentement de plusieurs des bourgeois , manants et habitans de ladite ville assemblez pour ceste cause, a fine et composé avecques ledit Chevallier, commissaire, qui est venu en ladite ville d'Angers exécuter lesdites lettres de don et octroy. (Archives de la mairie d'Angers, CG. 3, folio 158 v°.) La cloison était un impôt ainsi nommé, parce que, dans le principe, il avait pour but de subvenir à la clôture ou fortifications de la ville. (Communiqué par M. Gélestin Port, archiviste de Maine-et- Loire.)

1456-1473. Co7ispirations du duc d'Alençon. Voyez ci-dessus p. 29, note 1, et ci-après p. 83.

AOTICE SUR COUSIXOT. 81

1469, août 4. Lettres données par Louis XI à Amboise, en faveur de Guillaume Cousinot , pour le dispenser de la résidence * .

Lors par la grâce de Dieu roy de France , à nos amez et féaulx les trésoriers de France, salut et dillection.

Savoir vous faisons que, pour considéracion de l'occupation continuelle en laquelle a esté et est, chacun jour, à Fentour de notre personne, nostre amé et féal conseiller et chambellan Guillaume Cousinot, chevalier, seigneur de Montercul, gouverneur de Montpellier, pour les grans affaires de nous et de notre royaulme , en manière que depuis le don que lui avons fait du dit office de gouverneur, ne lui a esté , ne lui seroit encore bonnement possible, faire sa résidence audit Montpellier, sans prêtermission de notre service ; à icellui nostre conseiller et chambellan, pour ces causes avons octroie et octroions de grâce espéciale, par ces présentes, qu'il soit payé de ses gaigcs dudit office de gouierneur de tout le temps passé et aussi des capitaineries et chastelleries de Lates et d'Omellas, comme s'il avoit résidé audit Montpellier, et d'ici en avant, tout ainsi et de pareille somme que estoit feu Remy de MarjTiiont^ au temps de son trespas, sans que , soubz ombre de noz ordonnances , lui soit donné aucun empeschement èsdits gaiges , pourvcu que icelluy nostre conseiller fera exercer son dit office de gouverneur et aussi lesdites cappitainerics et chastelleries de Lates et d'Ommellas, par personnes suffîsans, et à ses périls et fortunes.

Si, vous mandons et enjoignons expressément que de nostre présente grâce et octroy vpus faictes , souffrez et laissez nostre dit conseiller et chambellan jouir et user plainement et paisiblement , sans lui faire ne souffrir es-

' l'oyez ci-dessus p. 31, note 1.

^ Gouverneur, prédécesseur de Cousinot dans cette pla<;e.

tre fait aucun destourbier ou empeschement au contraire ; car ainsi nous plaist il estre faict sans aucun contredit ou difficulté ; nonobstant que nostre dit conseiller n'ait fait sa résidance audit Montpellier depuis qu'il tient ledit office de gouverneur, dont nous l'avons relevé et relevons par ces dites présentes, quelconques restrictions qui aient esté faictes par vous, trésoriers; ordonnances, mandements ou deffences à ce contraires.

Donné à Amboise, le iiije jour d'aoust l'an de grâce mil cccc soixante neuf et de nostre règne le neufviesme. — Par le roi, Maistre Pierre d'Oriole, général de France, et autres présens. — B. Meurin.

Cabinet des titres ; dossier Gousinot. Original sur parchemin ; le sceau manque.

1473, novembre 26. Doîiation et fondation pieuse faite aux Célestins de Paris , par G. Cousinot de Montreuil.

Nous, Guillaume Cousinot, chevalier, conseiller, chambellan du roy nostre sire , gouverneur de Montpellier et seigneur de Monstereul sur le bois de Vincennes , pour le graut amour et affection que nous avons à dévotes et religieuses personnes les Religieux, prieur et couvent des Célestins de Paris, et pour estre acompaigné et associé en toutes les messes , jeusncs , prières et oroisons qui, jour et nuit, se font en leur église et feront ou temps advenir, à iceulx Religieux et à leurs successeurs, à tousjours avons transporté et par ces présentes transportons cinq quartiers de terre ou environ, la pièce ainsi qu'elle se comporte , assis ou terrouer d'Eaubonne lès Baubigny, à nous appartenant de nostre propre *,

' Voyez ci-dessus la première de ces Pièces justificatives , p. 14. Ces diverses localités sont situées entre Saint-Denis et Montreuil-sous-Bois , près Vincennes.

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