NOTICE SUR COUSINOT
teiians d'une part au chemin de Haubervillier, et d'autre part à Maistre Guillaume Ripault; aboutissant d'un bout ausdits Célestins de Paris et d'autre bout au chemin de Dampmartin, pour en joyr par iceulx Célestins à tousjours par les moyens dessusdits, et aussi qu'ils nous seront tenus paier par chascun an ou à nostre procureur... nichil ' En tesmoing de ce, nous avons scellé
ces présentes du scel de noz armes le xxvj^ jour de novembre , l'an mil cccc soixante et treize.
Signé sous le repli, en autographe : ^, ŒO^inOt*
Sceau de cire rouge pendant à une double queue de parchemin. On y voit une femme au milieu d'un parc ou clayonnage, portant l'écu et le heaume. Légende : [Sceau &c (Siitllûume Couôjtnot , r Ijcoûlitr , seiguntr ie
Direction générale des Archives : S, 3773, n» 27. Original sur parchemin, provenant du fonds des Célestins 2.
Rôle joué par Cousinoi de Moritreidl, lors des deux conspirations de Jean^ duc d'Aleîiçon.
Vers la fin d'avril 1456 , Pierre Fortin , dit le Tort^
f lieux, laboureur des environs de Domfront et messager
du duc d' Alençon , fut envoyé par ce duc à Calais, où il
devait se mettre en rapport avec les correspondants du
prince. Il était porteur d'une dépêche contenue dans
' Ici un blanc d'une demi-ligne au milieu duquel une main un peu plus récente que l'acte a ajouté nichil : néant.
^ Je dois la connaissance et la communication de ce document ainsi que de plusieurs autres, aux bonnes grâces et à l'érudition de l'un de mes élèves les plus distingués de l'Ecole des chartes . M. Edg. Boutaric , lauréat de l'Institut (prix Bordin) , archiviste attaché à la direction générale.
un bâton creux et adressée au roi d'Angleterre^. D'autres instructions verbales, qu'il devait transmettre oralement, étaient destinées au capitaine de Calais et à Jean Haye, ancien capitaine d'Alençon, du temps que cette place était occupée par les Anglais. Ces diverses communications avaient pour but de provoquer de la part des Anglais une nouvelle invasion de la France.
Pierre Fortin, homm.e simple et ignorant, se mit en route. Il fit, à Lisieux, la rencontre d'un gentilhomme à qui il s'ouvrit de la périlleuse mission dont il était chargé , mais dont lui-même ne comprenait pas toute la portée. Le gentilhomme , consulté par son compagnon, le mena avec lui à Rouen, sans lui expliquer toute sa pensée.
Deux heures après leur arrivée dans cette ville, le gentilhomme conduisit P. Fortin à la demeure de M. de Narbonne 2, où se trouvait le bailli de Rouen. En présence de ces deux personnages, P. Fortin exposa de nouveau ce dont il était chargé. Le bailli, pour tout entretien, l'invita à continuer son chemin, à bien se pénétrer des réponses qui lui seraient faites, et à repasser par Rouen. P. Fortin accomplit de point en point ce programme. Après qu'il eut écliangé ses communications verbales avec les officiers de Calais, ces derniers lui recommandèrent expressément de ne pas s'en retourner par Rouen. Néanmoins, P. Fortin repassa, comme il l'avait promis, par cette ville.
Là, il trouva le grand sénéchal de Xormandie Pierre de
' Continuateur de Cagny, ms. Duchénc, n° 48.
- Louis d'Harcourt, archevêque cîo Narbonne. Des liens de parenté l'unissaient au cardinal d'Estouteville , archevêque de Ilcnen, fils de Marie d'Harcourt. Louis était fils naturel et légitimé de Jean VIII d'Harcourt , comte d'Aumale. En 1461 , il était gouverneur de Normandie pour Charles VII, Voyez mon édition de Jean Chartier, in-16, t III, p. 115.
NOTICE SUR COUSIKOT. 85
Brézé, premier ministre du roi Charles VII, et l'archevêque de Rouen. II leur révéla de nouveau tout ce qu'il savait, y compris le résultat de la mission qu'il venait d'accomplir.
Pierre Fortin, congédié , poursuivit sa route de retour jusqu'à Domfront, où il devait rendre compte. Le duc ne s'y trouvait pas. D'après le plan même de son entreprise, il avait dû s'éloigner pour laisser le champ libre à l'invasion, sur laquelle il comptait et qu'il croyait être, déjà à cette heure même, un fait accompli. C'est pourquoi il s'était rendu à Paris, où Fortin alla le rejoindre vers la fm de mai.
En arrivant dans cette ville, il trouva le duc arrêté. P. de Brézé et le bailli de Rouen avaient été chargés avec d'autres, par ordre du roi, de procéder à cette arrestation. Le continuateur de Gagny, chroniqueur intime de la maison d'Alençon , raconte que la lettre contenue dans le bâton creux, et destinée au roi d'Angleterre, fut portée au roi de France ^.
Jean, duc d'Alençon, comme on sait, condamné à mort par Charles VII , le 10 octobre 1458 , fut détenu
^ Ces notions sont tirées des deux ourrages ci-après indiqués. 1° Continuateur de Cagny, ou suite de la Chronique des comtes et ducs d'Alençon , ms. Duchesne , n^^S ; 2" Procès criminel fait à Messire Jean, duc d'Alençon, prince du sang , etc., en 1-456, ms. Dupuy, n° 552, folios 22 à 27 — Cousinot de Montreuil contribua donc pour une part notable à découvrir la conspiration et à saisir les fils de cette intrigue. Quelques particularités relatives, à la chronologie des faits éclaireront et faciliteront l'intelligence des extraits ci-dessus. Du 1" au 5 mai environ, P. Fortin arrive de Lisieux à Rouen; le 8 mai, à Calais. Le 11, il s'abouche avec Hongreville , capitaine de Calais, puis s'en retourne. Le 14 mai, ordre du roi d'arrêter le duc; ordre daté du Chaiellicr, près Ebreuille , en Bourbonnais (arrondissement de Gannat, Allier). Du 11 au 15, Fortin retourna à Rouen : Cousinot n'y est plus. 16 mai, retour de Fortin à
à Loches jusqu'à la mort de ce prince, en 1461 , puis gracié par Louis XL Ayant de nouveau conspiré contre Louis XI, il fut arrêté une seconde fois et jugé comme atteint des crimes de lèse-majesté , de haute trahison et de fausse monnaie. Au mois de février 1473, n. s., Cousinot de Montreuil, chambellan du roi, fut commis pour interroger le duc d'AIençon*.
Domfront. Du 26 au 30, Fortin à Paris; le duc est arrêté par Cousinot de Montreuil. Ces détails peuvent servir à fixer la chronologie des faits relatifs à Touverture du procès intenté au duc d'Alençon ; chronologie qui manque de précision et d'accord dans les divers chroniqueurs ou historiens du règne.
' Ms. Harlay, no47, f» 117.
Les détails qui précèdent m'ont été connus trop tard pour que j'aie pu en faire usage dans la biographie de Cousinot.
DE LA