J. DESNOYERS
RECUEIL DE PIECES
POUR SERVIR DE IjREtJVES
A LA
Documents survie mouvemeiiféMal de 1440-1442.
Les pièces qu'on Vb llf Muraièiitèté mieux à leur place à la suite
d'une édition de Monstretelf oii de Beiry, car çlles se rapportent
à des évcnemeiits antériétirs à la période embrassée par Mathieu
d'Escouchy. Lecrr importante excej^tionnelle , leur réunion, qui
form'è'Un cuHeûx eoiMMk, ni^nt engagé à les donner ici. On y
vei:ra, à cpte d'un t^uftm la Praguerie^ tracé par la cban-
ceHerie royale, le&'négociations qui suivirent cette révolte si
énergiqdéthent comprimée* On y trouvera ensuite la plupart des
. piétçes relatives à l'assemblée de Nevers^ second acte du drame
« féodal, tentativç de rébellion par les voies légales qui ne fut pas
'. plus doreuse qDè l'attaque à main armée. Monstrelet a donné dans
É^À *^S iofegrité l'habile et fière réponse de Charles VII aux remon-
l ' ijihces des pribces; je publie ici, avec plusieurs documents rela-
^ ^ nfe skuTt négociations préliminaires , les longues et importantes
. '* ^instructions remises aux ambassadeurs des princes, et auxquelles
Charles VII eut à répondre.
Le duc de Bourbon avait été le premier instigateur de la révolte aripée; le duc de Bourgogne se fit le chef de la révolte légale, m 1
Dès le moi! d^ novembre 1440, il accueillait avec empressement le duc d'ÇrtéanSE, l^ mariait à 4a nièce, Marie de Clèves, à laquelle il assurai) 1 00 000 saluts^d'or en dot, lui faisait jurer le traité d'Arras, le ûônimaît enfin, en même temps que les ducs de Bretagne et d'AUnçop, chevalier de son ordre «de la Toison d*or. Le 18 décembre 1 440^ il concluait avec lui une alliance offensive et défensive; le 19 déceml)re, une trêve de quarante ans était signée avec le duc de Bro^aghe. Pendant- le cours de l'année 1 441 , les intrigues des princes continuèrent. Le duc d'Orléans fut en quelque sorte le chargé d'affaires du duc de Bourgogne : il se rendit en juillet et août près des ducs da Bretagne et d' Alençon, et ce dernier se fit T intermédiaire de déloyales ouvertures des princes aux Anglais*. D*un aptre côté, le duc de^purbon envoyait au duc de Bourgogne son frère bâtard, pour lier des intelligences avec lui. En septembre , le bâtdr^ de,âpint-Pol était, à Rouen près du duc d'York, et cette mission se tatfachait sans doute aux cuvertures du duc d'Alençon. En octobre, le duc d^Orléans arrivait à Hcsdin, et là on jetait les ht|ses de la démonstration féodale de Ne vers. En même temps, -arrivaient à Hcsdin des ambassadeurs du roi pour négocier le tnaruge de C|^rles d'Anjou et de Marie de Gueldres. Le duc de Bourgogi^e eut une nouvelle conférence à Rethel avec le duc d'Orléans les S et 9 décembre. Dès le 1*' décembre, il entretenait près du daiiphi^.un envoyé qui y séjourna jusqu'au i 9 mai 1442. Après la conférmce de Rethel, — et nous De faisons guère maintenant quç placer à leur datejes notions four* nies par nos pièces^ — le bâtard d'Orléans fut etivoyé au roi^ à toute diligence ; il joignit à Saumur Charles Tu^ qui y était arrivé le 1 7 décembre. Le roi lui fit donner réponse , et envoya au 4uc d'Orléans son chancelier Renault de. Chartres et Louis de Beau- "* . mont; en même temps il faisait repartir, un envoyé du duc de Bretagne, Roland de Camé, chargé de prévenir son maître 9Cil '' se tint prêt à venir au premier signal; Dans qs inÉn^^q^ois ae^ décembre, le duc d'Orléans sollicitait le roi de hâter la venue ^u ** ^\ duc de Bretagne, et envoyait un messager au duc^/de Bourgogne;*^ ' Enfin le 24 décembre, le duc de Bourgogne donniit ses instruit tiens à Jean Geofiroy et à André, seigneur de Humières, envoyés *■ ~*. . au roi et au duc d^Orléans. / ^
f . Voir une curieuse lettre du héraut Garter, publiée par M. Stevenfon, Wars of Henry the sixth^ t. I, p. 189-93. Elle est datée k tort de Iii7.
La date de la réunion des princes ne tarda pas à être 4>f^* ^u commencement de janvier, le duc d'Orléans envoya un ambassadeur au duc de Bourgogne pour le prier de se firouver^ à Ncto^ le 28. Il y annonçait sa venue, en compagnie du dote d'^^ençoç, et du comte de Vendôme, et des ambassadeurs du nn, le'chancelier et Louis de Beaumont. Les envoyés du duc de Bourgogne étaient alors en route pour se rendre près du roi ; le duc d'Oi^ léans prévenait le duc qu'il les faisait revenir à Nevejj>, leûf ^.^yage étant devenu inutile. En même temps, le duc d^Orléans écrivait . au roi et au duc de Bourbon pour les aviser dii jour de la réi^iôn. * Le roi écrivit alors au duc de Bretagne la lettref^n cFate ifo i^ janvier, qu'on trouvera plus loin, et qui fut accompagnée a'i|Q sauf-conduit daté du 20. Assez embarrassé de Pinsisftnce du roi, craignant de ne pas entrer dans les vues des princes . le duc adressa au duc 4*0rléans la curieuse lettre du Î7 janvier. Le 29, le duc de Bourgogne est à Nevers, où Jetai GeofifVo]nest*dQhretoiir le même jour. Le 14 février, Jean de Vaudi'ey, J^n d'Etampes et Jean de la Faige sont envoyés secreiem^gft ^^ duc de Bret^glie,^ auquel le duc de Bourgogne récrivit le 2(t. Beu si^fès'l^ princes firent partir Dunois, qu'accompagnèrent le^ chancelier ^et Louis de
> Beaumont, avec ime mission pour le tt>i. C4e4Alors^euleod|uit que^ les princes mirent en délibération les gmve^ qu«stftnsqiîr avaient' motivé leur réunion, et dressèrent le long mémqîreoùwWnt exposés leurs griefs. Le 5 qaars, la répçnse du roi ^u message des'princes . fuit apportée '|>ar EKmois et par le sire dejGaucourt,' lequel reçut ùfie réponse partielle à transmettre^ au roi. Eiflin les piinces,'qui,
lë^O matH, avaient tous ratiM. solennellement le trafté d'Arri^^, firent partir Tambassajde Hiargeé de porter aux pieds du roi leurs ffmontrances ou plutôt lem* réquisitoire. Lé roi la réçn( à Limoges, ^ il était arjjvé le i''m'ai. C*est là qu^îl fit Ik réponse mémorable rapportée par Monstrelet, réponse singulièrement habile, répétonsle avec M. Mictelet, et d'autant '.plus accablante qn'eHe était plus douce et plus modérée*. Le duc d'Orléans arriva '^ur ces entrefaites à Limoges- avec sa femme et une suite brillante. Le faible duc eut bientôt Renoncé à toutes ses intrigues, et scellé avec la
' royauté une alliance qui ne se démentit pas. Le 24 mai, il recevait du roi un don de 168900 écus d'or, pour le payement de sa