‹ Chronique de Mathieu d'EscouchyChapitre 22 sur 90 · Lettre de Henri VI à Charles VU · texte numérisé non relu

Lettre de Henri VI à Charles VU

À très hault et puissant prince uostre très chier

oncle de France, Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France et d'Angleterre, cordial affection d'amour avec entier vouloir et parfait désir à vraye paix, union et bonne concorde. Très hault et très puissant prince nostre très chier oncle, voz lettres escriptes à Bourges le XVII* jour d'octobre, à nous apportées par Gartier,

'^oy d^armes, avons à grant joie receues, par lesqueles, comme souvent par cy devant fait avez , nous declairiez le singulier amour et affection que vous avez vers nostre personne , ensemble l'entier vouloir et parfaicte inclinacion que avez au bien de paix, qui

.^nous est chose très plaisant et au cuer très agréable, supplians nostre benoist créateur que en icellui estât et propos vous vuelle perseveramment garder et augmenter de bien en mieulx ; car de nostre part samblablement ne desirons en ce monde riens si parfaicte tement que veoir entres nous deux et noz subgietz V^ponne paix ferme et estable , attendu que entre tous

'^autres princes vivans vous estes Tun de ceulx que plus amons et Testât duquel plus vouldrons prospérer en tout honneur et félicité. Très hault et puissant prince nostre très chier oncle y nous avons * fait

* délivrer audit Gartier noz lettres patentes ^ confirma- (cires de la prorogacion des. trêves darrenièrement

.«aocordées et prinses par no2 ambaxadeurs avec les VDstres, entre noz Royaumes, seignouri^ et pais, tant à'une part que d'autre, pour délivrer icelles noz lettres confirmatoifés à Paris ^ ainsi que pourparlé et «ppointié a esté. Toutesvoies, pour c^que avons esté •informez que contre la teneur et effect d'icajUies trêves et prorogacion, tant d^ vostre party ctomme du nostre, avoient esté faiz et commiz aucuns attemptaz et en-

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treprises, certaines journées ont esté ordonnées^ acceptées et prinses pour la reparacion d*iceulx ittemptas ; lesqueles journées n'ont esté observées, gardées ne tenues, ne savons dont ce procède. Toutes voies y nous voulons et desirons de tout oestre cuer icelles trêves et prorogacion de nostre part estre ^» entretenues et gardées, et ce que fait en a esté réparé^: et amendé, ainsi qu'il appartient , afin que à cause, soubz ombre ou couleur des entreprises jà advenues et commises, autres greigneurs ne se ensuient et moltiplient prochainement, en toute diligence nous envolerons par delà nostre très chier et très amé cousîd le marquiz et conte de Somerset , auquel avons donné commission, auctorité et povoir dé besongnier et faire besoigner, vacquer et effectuelment de par nous entendre à la reformacion, reparacion et amendement de tout ce qui sera trouvé avoir esté fait, perpétré et commiz contre la teneur et effect des trêves et prorogacion devant dictes, aians ferme espérance que de vostre part y sera pourveu et remédié sam* blablement, en tele manière que voz subgietz et les nostres, ou autres, par négligence, ne soient frustrez du bien universel espéré advenir par moyen desdictes trêves. Et encores se rapport vous estoit fait qdftt sembloit à aucuns que de nostre part y eust negli*gence, veulliez le nous signifier, et tousjoursen feroi|g faire si effectuel reparacion que par raison en devrâ^' estre content. Très bault et puissant prince nofltoe très chier oncle , se aucune chose pardeça , que fà^* puissions, vous vient à plaisir, signifiez le nous; feablement et de franc vouloir nous y emploierobs. Ce scet le benoist fils de Dieu, que vous ait en sa

sainte garde. Donné en nostre palais à Westmoustier le XI™* jour de décembre.

Signé : Henrt.

Et plus bas ; Gervais.

^a dos : Â très hault et puissant prince nostre très

obier onde de France.

*•* RecepU per Jarretière, xi* die februarii m^ cgoco xl^ii^. *^ (Original, Ma. fr. 4054, r. 63.)

30 déoembre.

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