‹ Chronique de Mathieu d'EscouchyChapitre 23 sur 90 · Lettre de Dunois, Brezé et Beauvau à Mathew Goug|ir · texte numérisé non relu

Lettre de Dunois, Brezé et Beauvau à Mathew Goug|ir

et Fouques Eyton.

Très chiers et honnorez escuiers, nous avons receu ^

les lettres que, par Jehannequin Baquier et Cristofihl'«. Hansson, escripte6 nous avez. Sur le contenu ès^ quelles et aussi sur ce que lesdiz Baquier et Hansson nous ont dit de par vous , touchant le delay que demandiez de faire la délivrance du Mans et des autres places qui sont en Tobeissaoce de vûstre priqce ou conté du Maine j jusques à ce que aiez responsse de vostre dit prince sur ce que lui avez escript touchant

176 CHRONIQUE DE MATHIEU D^ESCOUCHT. [ikkiè]

ladicte matière, avons parlé au Roy bien au long, lequel se merveille fort, et aussi font tous ceulx de son conseil, des termes que vous tenez en ceste partie, attendu les promesses que savez qui ont esté faictes par vostredit prince touchant ceste matière, et que congnoissez que son vouloir est entièrement que la chose se face et acomplisse, et mesmement encores que oultre la faulte qui avoit esté faicte depuis le premier jour de novembre derrenier passé jusques à It venue de vous, Mathieu Go , en ceste ville de Tours, de faire ladicte délivrance , ainsi qu'il avoit esté promis^ le Roy, en faveur de vostredit prince son nepveu, et pour la requeste que si expressément lui en aviez faicte, avoit esté content du delay que aviez demandé de faire ladicte délivrance jusques au xv** jour de ce présent moys de janvier. Et pour plus en* cores se mettre en son devoir, pour ce que vous, Heton, demandiez plus grant terme que dudit %y^ de cedit moys, et requériez au Roy que son plaisir feust que eussiez delay jusques à la Chandeleur ; et à ceste cause, aviez envoyé par deçà ung seellé de vous deux, bien ambigu et où y pouvoit cheoir beaucop de difficultez, qui n'est pas chose qui deust entrevenir en telles matières, se estoit neantmoins condescendu le Roy, en aiant seellé bon et convenable toudbant ladicte matière, donner delay jusques au xx* de cedit moys, ainsi que , par Havart et Meny Peny , quant derrenièrement ilz ont esté par delà, vous a esté fait Bavoir^ Ausquelz, comme d'une chose de quoy ne teniez pas grant compte, n'avez fait aucune responsse, et les a convenu retourner sans riens faire; et avez seulemeiit envoyé avecques eulz lesdiz Baquier et HanssoDi

[i448] PIECES JUSTIFICATIVES. i77

garniz des lettres dessusdicteSi avecques la créance que leur aviez chargé nous dire, comme ilz disoient, sans autre povoir pour besongner; qui sont choses si estranges à tous ceulx qui en oyent parler qu'il n'est nul qui sur ce sceust ymaginer ne prendre aucun fondement. Toutesvoyes, pour honneur et révérence de Dieu nostre créateur principalement, et monstrer par eflect la bonne amour et affection que le Roy a tousjours eu et a à la personne de vostre prince sondit nepveu, en faveur aussi et contemplacion de la requeste que les gens d'église, bourgois, manans et habitans de ladicte ville du Mans lui ont faicte pour obtenir aucun delay en la matière dessusdicte, lui suppliant et requérant qu'il luy pleust avoir pitié et compassion d'icelle et des habitans et pouvre peuple dupais duMaine, et qu'ils se confioient que aucun delay en ceste partie pourroit estre cause de faire ladicte délivrance amiablement et sans aucune voye de fait, et à ce que chascun congnoisse par effect le devoir en quoy le Roy nostre dit seigneur se veult tousjours mettre de sa part, a esté et est content ledit seigneur que le terme par avant requis par vous, Heton, de faire ladicte délivrance, c'est assavoir jusques à ladicte feste de Chandeleur, vous soit baillé, et que les trêves, d'une part et d'autre/%oient entretenues jusques audit temps; pendant lequel temps povez aler seurement, se bon vous semble, prendre la possession des autres places qui vous doivent estre baillées audit conté, se jà fait ne l'avez, et au fprplus faire tout ce qu'il vous est chargé touchant la matière dessusdicte. Et surtout par Partenay le poursuivant, porteur de cesteSy nous faites savoir' vostre vouloir et entencion; m 12

J78 CHRONIQUE DE MATHIEU D^ESœUCHT. [ilM]

avecques se chose voulez que faire puissions, pour nous y emploier, aidant le saint Esperit, lequel vous vueille avoir et tenir, très chiers et honnorez escuiers, en sa saine te et benoite garde. Escript à Tours le xiiii® jour de janvier.

Comme dit est dessus, nous envoyons Partenay par devers vous pour avoir vostre responsse sur les choses dessusdictes ; si la nous vueillez par lui fera telle et si seure que le Roy en doive estre content. Escript ainsi que dessus, et signé au dessoubz : le bastard d'Qrleans, Breszé et Beau veau. Et dessus estoit escript : A très chiers et honnorez escuiers Mathieu Go et Foulkes Eton , et à chascun d'eulx.

Collation est faicte à l'original.

Signé: Cloteacx.

(Copie collationnée da temps, Ms. fr. 4054, f. 66>)

20 janvier.

Page 1