Assemblée des Roches Tranchelion. Délibération sur
la rupture avec TAngleterre.
Le derrenier jour de juillet, Tan de grâce mil cccc XLix, le Roy estant au Rochestrenchelyon fisl assembler eD sa présence les gens de son conseil, c'est assavoir messires les contes du Mayne et de Clermont, son chancelier, les evesques de Magalonne, de Maillezais et de Carcassonne, le conte de Tancarville, le mareschal de la Fayete, etc., ausquelz ainsi assemblez, le Roy dit et exposa comment, après plusieurs grans attemptaz et excès faizet commis par les Angloiz à rencontre delà trêve, tant en faisant les emparemens de Sainl-Jame de Beuvron, Saint>Guillaume de Mortaing, et nouvellement à la prinse des ville et chastel de Fongières^ comme plusieurs autres attemptaz faîz et perpétrez par lesdis Angloiz , le Roy avoit fait plusieurs diligences envers lesdis Angloiz, pour cuider avoir la reparacion d'iceulx ; laquelle ilz n'ont faicte en aucune manière. Et derrenièrement encores de rechef, le Roy envoya le sire de Culant et maistre Guillaume Cousinot, ses conseillers, à Loviers, pour sentir
et savoir se reparacion a voit esté faicte desdis atemptas et mesmement de celui de Fougières. Lesdis de Culant et Cousiiiot firent plusieurs offres de la part du Roy nostre sire, grandes et raisonnables, lesquelles ne feurent par eulx acceptées, [de reparer tout ce qui se trouveroit avoir esté fait et commis par ses gens durant ladicte trêve. Et ce neantmoins lesdis Ânglois n'y ont voulu aulcunement entendre ne procéder à ladicte réparacion^] Parquoy les dessusdis ambaxadeurs du Roy protestèrent à l'encontre desdis Ângloiz, et en la présence des gens et ambaxadeurs du duc de Sommerset qui s'appelle gouvernant en Normandie, que le Roy s'estoit mis en son devoir et plus que devoir, et que lesdis Angloiz ne faisant les reparacions ainsi que faire dévoient, et par ce [ainsi] c|ue le Roy estoit deuement et justement deschargé et deslyé de toute promesse en quoy il povoit avoir esté tenu à cause de ladicte trêve, et que ce ilz notiilièrent ausdis ambaxadeurs dudit duc de Sommercet pour le faire savoir ou bon luy semUèroit. Disoit oultre le Roy (|ue lesdis de Culant etCousinot avoient naguères fait leur relacion bien amplement des choses dessusdicf es et autres touchant ceDe matière, en la présence des gens de son conseil qui là estoient presens, ou de la pluspart d*iceulz; et avec œ ']u'ilz avoient monstre et enseigne des oITres desus iictes par escriptures auttentiques et procès-verbal sur ce fait, signé de deux notaires. [Après] laquelle relacion oye, le Roy avoit autresfoiz voulu avoir les oppinions des gens de sondit conseil, lesquels furent tous d'une deliberacion [ensemble]: c'est assavoirque,