Sou]i|;né dans la minute
[ 1 44»] PIÈCES JUSTIFfCATiVES. 247
attendu les excez et attemptaz faiz par les Ângloiz coDtre ladicte trêve, et les diligences faicte^<de par le Roy pour cuider obtenir la reparacion d'iceulx, et considéré tout le procès fait en ceste matière, dont il apparessoit par escript auttentique, comme dit est, il leur sembloit à tous que le Roy esloit deuement, juste» ment et honnorablement acquitè et deslié de ladicte*" trêve. Après toutes lesquelles choses ainsi narrées^oar le Roy, exposa de rechef que ceste matière estoit grande et de grant conséquence, et que il vouloit savoir de ses conseilliers dessus nommez qui là estoient presens, s'ilz demouroient et persistoient en leurs oppinions èsquelles ilz avoient autresfoiz esté touchant ceste matière, comme dit est, ou s'ilz y vouloient aucune chose changer^ muer ou adjouster. Et à celle fin voulu ledit sire oyr, en sa présence, de riechef, singulièrement et particulièrement, les oppinions d'un chascun des gens de sondit conseil là presens. Lesquelz furent tous d'une mesme oppinion que le Roy estoit deuement, justement et honnorablement deslyé et acquitè de ladicte trêve, ainsi que autresfoiz avoit esté protesté par lesdis de Culant et Cousinot en la présence des Anglois, et que après délibéré avoit esté par les gens de sondit conseil, ainsi que bien à plain est cy dessus dit et declairé.
. Et ce fait, Tevesque de Rennes et le sire de Quaemeni-Gingamp et Rolant de Carné, ambaxadeurs du duc de Bretagne, entrèrent devers le Roy et en conseil, et leur fu communiqué ladicte determinacion et deliberacion, laquelle leur sembla bonne, juste et raisonnable. Et tantost après le Roy, continuant sa conclusion sur toute ceste matière touchant ladicte trêve.
248 CHRONIQUE DE MATHIEU D'ESCOUCHY. [i4W]
voulut que sur ce responce feust faicte à maistres Jehan l'EnfPant et Jehan Cozin, ambaxadeurs envoyez devers le Roy par ledit gouvernant, pour occasion de ladicte trêve; et ordonna que lesdis ambaxadeurs feussent appeliez en la présence de lui et de sondit conseil, et que par mondit seigneur le chancelier feust feist ladicte responce. Si entrèrent dedensle conseil, et mondit seigneur le chancelier la leur fist en la présence du Roy et de sondit conseil, en la manière qui s'ensuit :
(Cest la réponse qui se trouve au fol. 86 du ms. kObkf et qui Bgan ici soua le n» 202.)
Après laquelle responce ainsi faicte par mondit seigneur le chancelier, lesdis ambaxadeurs dudit gouvernant' ditrent par manière de réplique comment, dès V ou VI ans, ladicte trêve avoit esté prinse en espérance de parvenir à paix entre le Roy et le Roy d'Angleterre son neveu, et que icelle trêve avoit esté bien entretenue par aucun temps, et puis y avoient esté commis attemptaz d'une part et d'autre , lesquelz attemptaz le Roy, de sa grâce, avoit fait bien reparer, et aussy avoit fait de sa part ledit Roy d'Angleterre. Et après ce vouldrent lesdiz ambaxadeurs dudil gouvernant entrer à parler de reprinse de ladicte trêve et toucher des offres dcssusdictes , à quoy autresfoiz lesdiz Ângloiz avoient fait certeinnes protes-w tacions , et encores le jour dessusdit avoient baillé certaine cedulle contenant lesdictes protestacions. Si leur fu dit par mondit seigneur le chancelier qu'il ne convenoit jà parler de ladicte reprinse, et que par œ
1 . Ce qui suit jusqu'à : et au regart est barré verticalemeiitt
que iceulx attemptaz n'avoient esté reparez de la part dudit Roy d'Angleterre après lesdicles sommacions et offres faicteSy comme dit est, lesquelles offres estoient grandes et recevables, icelle trêve estoit rompue et s'en devoit tenir le Roy grandement et honnorablement deslyé et deschargë, mesmement considéré l'article de ladicte trêve qui fait de ce mencion : Que chascune des parties estoient tenues faire reparer les at^ temptaz qui a^endroient en ladicte treize j si tost quilz vendraient à leur congnoissance ; maiz toutesfoiz quant
• le Roy apercevroit que ledit Roy d'Angleterre vouldroit entendre par effecl ou bien de paix, le Roy se acquitera si grandement que Dieu et le monde seront contens.
Et au regart desdictes protestacions, sembloit que par icelles lesdis Angloiz voiilsissent entendre estre contencieux entre le Roy et le Roy d'Angleterre les duc et duchié de Bretaigne , lequel duc de Bretagne est parent, vassal et subget du Roy et lui a fait hommage dudit duchié, et fu comprins en ladicte trêve, mesmement du consentement dudit Roy d'Angleterre; par quoy, de bonne raison, icellui Roy d'Angleterre deust avoir fait reparer l'outrageux attemptat qui avoit esté
♦ fait en l'emblée et prinse faictes de la ville de Fougières, appartenant audit duc de Bretaigne , par messire François de Surienne, dit TArragonnais, qi^t?'' est de l'ostely conseillier, chambellan et portant l'en-* seigne de jartière dudit Roy d'Angleterre.
Et à ce respondirent lesdis ambaxadeurs dudit gouvernant que ledit Roy d'Angleterre ne reclamoit aucun droit audit duchié de Bretaigne à cause du Royaume d'Angleterre, et que ledit duc de Bretaigne avoit fait
Î50 CHRONIQUE DE MATHIEU lyESœUCHY. [1449]
offrir bailler son frère Gilles et l°^ escus d'or, pour ravoir la ville de Fougières ; à quoy lesdis Ângloiz n*avoient voulu entendre, sans premièrement le notifier au Roy. Et quant ausdictes sommacions faictes de par le Roy de reparer lesdiz attemptaz, que se elles eussent esté faictes audit Royd'Angleterre, comme elles avoient ' esté audit gouvernant, ilz ne sceussent que dire qu'elles n'eussent esté bien et deuement faictes. Et en tant que toucboit ledit attemptat de Fougières, qu'îlz ne savoient point que les ambaxadeurs du Roy maistres
Guillaume Cousinot et ^ en eussent touché
audit gouvernant, mais bien en avoient parlé au conte de Faukenberge et à eulx.
Et après ces choses dictes par lesdis ambaxadeurs dudit gouvernant^ firent iceulx ambaxadeurs requeste au Roy de faire délivrer le conte de Faukenbei^e, qui avoit esté prins dedens la ville du Pont de rArcbe, lieu esleu par luy pour parlementer du fait de la reparacion desdis attemptaz. Â quoy fu dit par mondit seigneur le chancelier que le Roy n*avoit de sa part fait prendre ou eslire lieu pour parler desdiz attemptaz, et que se ledit conte de Faukenberge avoit esleu ledit lieu du Pont de T Arche, bien luy en convenist.
Et ce fait, Tevesque de Rennes et aultres DOtabki i personnes, ambaxadeurs dudit duc de Bretaigne, ror pondirent à ce que lesdis ambaxadeurs dudit gouvernant avoient dit que ledit duc de Bretaigne avoit fiât oflrir ausdis Angloiz la somme de l" escus, et leur rendre son frère Gilles, pour ravoir ladiôle ville de Fougières, et distrent iceulx ambaxadeurt dudit doc