‹ Chronique de Mathieu d'EscouchyChapitre 48 sur 90 · Bertrandon. — â. Monseigneur le Dauphin · texte numérisé non relu

Bertrandon. — â. Monseigneur le Dauphin

souventi et que je ne suis tenuz à autre qu'à luy de mondit replaquement, et que lui seul Ta fait, et que toute ma \ie lui en suis obligié, et qu'il n'est service en ce monde que ne lui voulsisse fere , et beaucop d'autres choses à ce propos, pour le tousjours mieuU gaigner, telement que je croy qu'il ne fait aucun dobte de moy maintenent, et lue a dit de soy qu'il dira d'aucunes foys aucunes choses de travers de moy tout à essieu^ afin qu'on ne se apperçoyve qu'il ait amour ne fiance en moy que bien à point ; et ce entent-il en entencion que je le puisse mieulx servir devers mondit mon., et croit que ainsi il le face. Mais il me souffist qu'il soit en ceste créance ; quant du faire, je l'entens bien autrement, etc.

XllI. Item^ lui dire comme c'est le prince vivant par qui je veult tousjours plus fere, et que par tout luy vouldroy ung bon serviteur et loyal, et que tousjours mettray bonne peyne de tout savoir et attaindre, pour luy dire et fere savoir ce que lui touchera, où je ne luy mentiray point-, et que pour ce bien faire n'est pas besoing que je parte de la court pour aler en commission, comme j'ay acoustumé de fere et ainsi que font la pluspart des clers ; mais que pour moy entenir et vivre à ladicte court, qu'il fault qu'il me ayde, car des gaiges que j'ay de monseigneur ne sauroye vivre, lesquelx me sont mal payez comme aux autres; et il me fault tenir estât, pour cause de mon office, etc. Ne il n'y a clerc que s'il sceust entretenir, se se n'estoit les commissions.

XllII. Iterrij lui remoiistrer la perte que j'ay eue touchant mes commissions, etc. , lesquelles me avoyent este baillëes quant je parti le second voyaige à venir m i8

devers vous ; et me avoit-on attandu jusques que je feus ainsi avancié de ce que me avîës tant tenu au tien voyaige, et par ce sont bailliés à autre, où j'ay perda plus de II™ escus, par ma foy. £t toutes foys, moy estant devers vous derrenièrement, me fut escript plus de XX foiz que se ne m'en aloye, que je les perdroye; et par vous complaire, je les abandonnay, tant pour l'amour naturelle que j'avoye à vous, que aussi ayant fiance que ne me lairez en dommaige de riens ; ctr j'ay apporté lesdictes commission pour vous monstrer, afHn que voyez clerement en quelle extimacion j'estoye devers le Roy et son conseil. Et se la matière est telle pour quoy elle ne peust valoir ce que j'ay dit, je vous prie, monseigneur, que les faciez lire devant vous et par homme que jamais ne le die.

XV. Iterrij monseigneur, de tous les fraiz que j*ay faiz à venir devers vous à toutes les troyz foys, je n'en doy jamais riens avoir, combien que j'ay fort combato que je feusse paye des deux premiers voyaiges, puis que du tier on estoye mal content, je n'y ay peu rieni faire. Monseigneur m'avoit assigné v"" escus sur œ que je recevroye de vous des deux premiers voyaiges, dont j'ay ses lettres, lesquelles ont veues mondit seigneur vostre clian. et monseigneur de Cro.% et je tichoye d'estre assigné ailleurs, mais je n'ay peu; et m'ont conseillé mes bons amis n*en parler jamais, car ne luy est que ramentever le mal contentement qu'il a eu de moy de madicte demeure, etc.

XVI. Item^ monseigneur, vous me avez faiz deselc. parfois qui m'ont fait grant bien ; aussi n'ay-je point

\ . Rolin et Groy.

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vouUu accepter des commissions qui m'eussent valu, pour ne bouger de ladicte court , afin de vous pouvoir mieulx servir ; et croyez, monseigneur, que vous ne employastes mieulx argent; et pour ce, monseigneur, je vous prie que vueillez avoir regart à tout, et me desdommaiger des pertes que j'ay faictes par vous de tant qu il vous plaira. Et je vous asseure, monseigneur, que vous ne le perdrez pas, car tousjours vous serviray-je bien. Monseigneur, j*ay souvent ouy dire qu'il fait bon despendre la maille pour saulver le denier : pour V* escus que me porriés fere donner par Tadvisement que je vous porroye fere, porroit estre cause de vous en sauver v*^ ™. Car comme advisez que vous seriez, prendrés selon le cas , etc.

XVII. Iterrij lui parler touchant la décime qui est. Mon. a donné audit se. la décime de tous les bénéfices de voz païs, et n'a entencion ledit se. que maistre Guillaume du Drapt, chanoyne de Paris, lequel est parent de G. de Londes, la lèvera pour lui; et sont à Tours les ambaxeurs du Pape, qui est Tarcevesques d'Aiz* et ne sçay quel chevalier lombart, qui sont venuz pour la mettre sus et fere, que des premiers deniers mondit mon. aura ses xx°* ducas de sa pension, et en prendront sa qulctance, etc.

XVIII. Item^ lui parler de monseigneur de Bretaigne, comme le dit se. se entend avec luy, et a dit ledit se. qu'il le mettra le plus prouchain du R., et que oncques le R. de Cecy" et monseigneur Ch.' n'eurent plus grant auctorité qu'il aura; mais qu'il

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