LIVRE VI. GHAP. II
firent point pénitence. Ils virent de nombreux prodiges avant la destruction', et ils ne firent point pénitence de leur iniquité. — D’abord, on vit une étoile ressemblant à une lance, qui demeura suspendue pendant une année*. — Alafète des Azymes, à la neuvième heure de la nuit, une lumière brilla au-dessus du sanctuaire, et dura une demi-heure.
Ils pensèrent que c’était un signe favorable. — Une vache qu’on amenait pour le sacrifice, fit un agneau au milieu du Temple. — La porte orientale intérieure qui était d’airain, que dix hommes pouvaient à peine fermer, qui était close avec une serrure de fer, et qui avait en bas de profonds verrous, s’ouvrit d’ellemême à la sixième heure de la nuit. — Le 27 de ’iyar (mal) avant le coucher du soleil, on vit en haut un char tout de feu, et sur les nuées une troupe de gens armés qui lançaient des traits et entouraient la ville. — A la fête de la Pentecôte, les prêtres entrèrent pendant la nuit pour prier, et il y eut une voix terrible. Ils entendirent la voix qui disait; « Allons-nous-en d’ici. » — Quatre ans avant la guerre, un homme nommé Jésus, fils de Hananlas, vint à la fête, et se mit subitement à crier dans le Temple : « Voix de l’orient! Voix de l’occident! Voix des quatre vents! Voix sur Jérusalem et sur le Temple! Voix sur les fiancés et
Judée; et qu’elles avalent le don de prophétie.
Slméon, fils de Cléophas, fut accusé près de Trajan, d’être de la famille de David, et d’être chrétien. Il rendit témoignage en l’an 9. deux ans après la mort de Jean l’Evangéliste*. Ce Slméon était âgé de 120 ans; et le juge admira sa constance dans les tourments. A la fin, il fut crucifié, comme le Christ, Il était un de ceux qui avalent vu et entendu Notre-Seigneur.
Ilégésippe raconte® que jusqu’à cette époque l’Eglise était demeurée sans corruption, Quand la phalange des Apôtres eut disparu avec toute la génération qui avait eu le bonheur d’entendre de ses oreilles la Sagesse divine, alors surgit l’erreur de l’hérésie,
Adrien® dit qu’il y eut quinze évêques b Jérusalem jusqu’à sa destruction, tous pris parmi les Juifs qui avaient cru tout d’abord; [savoir] :
Jacques, frère de Notre-Seigneur, pendant 3 ans ’ ;
[102] Slméon, [4 ans]* ;
Justus, 5 ans ;
Abal*, 2 ans;
Toble, 3 ans ;
Benjamin, 1 an ;
Jean, 3 ans;
Matthai, 2 ans ;
Philippe, 4 ans;
1. Jos., Bell, jud.y VI, XXXI ; Eus., H. E., III, vin. — 2. Corriger ainsi d’après Eusèbe ; ,a.x)i ,3 1^.. ei* K^lo • W>oo;X Ivsn — 3. Lire : P = 27 ; ms. : 21.
4. H. E., III, XXXII. — 5. Ihid. — 6. Au lieu de : « Adrien »,il faut sans doute lire : Eusèbe. La liste est tirée de VHist. eccl., IV, v. — 7. Ci-dessus (p. 145,1. 6) : 30 ans. — 8. Le nombre d’années manque ; ci-dessus (p. 163, 1. 10) ; 42]ans. L’auteur mettant 40 ans entre la Passion et la ruine de Jérusalem, il faut restituer ici : 4 ans. Le nombre de 42 ans semble mis en concordance avec l’époque du martyre indiquée ci-dessus, 1. 6, et plus bas, p. 172, 1. 10. — 9. Lire ; P(, Zaxxaîoî-
Sénèque, 2 ans;
Justus, 1 an;
Lévi, 4 ans ;
Ephraïni, 3 ans ;
Joseph, 2 ans;
Juda, 1 an.
Et Jérusalem fut détruite.
Je supplie chaque frère vertueux qui lit [ceci] de prier pour moi.
sur les fiancées! Voix sur tout le peuple ! »
Il circulait et criait jour et nuit. Le peuple lut excité contre lui. On s’empara de lui et on le frappa beaucoup.
11 ne prononça pas une seule parole pour s’excuser et ne cessa de crier la même chose jusqu’au temps de la guerre. Alors, il se tenait sur le mur et criait ces mêmes choses. Il ajouta et dit : u Malheur à moi et, au moment même, un trait vint le frapper et il mourut.
[102 1 Remarque. — Sache, ô lecteur*, ami de la science, que tout le récit placé dans la colonne ^ inférieure de la page précédente, qui fait connaître la famine et le massacre qui eurent lieu dans la destruction de Jérusalem, est tiré du livre de Josèphe, chroniqueur diligent qui vivait en ce temps-là, et qui écrivit sept livres sur cette destruction dernière et totale de Jérusalem. Nous l avons pris partiellement, autant qu’il était nécessaire pour la trame de cette histoire. Que celui qui voudrait connaître tout le récit qui expose tout ce qui se passa alors, lise le livre de Josèphe. Ce que j’ai réuni et placé ici suffit au but de cet ouvrage, qui, de cette même manière, résume et coordonne son exposé de beaucoup d’écrits.
CHAPITRE III DU LIVRE VI. — De L'époque qui suivit la destruction totale de Jérusalem ; commencement des règnes des fils de Vespasien : Titus et Domitien.
Vespasien, empereur des Romains, renversa Jérusalem, détruisit le peuple des Juifs et fît cesser leur royauté. Alors s’éteignit totalement la dernière royauté des Hébreux qui avait commencé par les Macchabées, avait été complétée par les Philistins*, et fut détruite par les Romains.
L’empire des Romains florissait seul alors; il y avait en ce temps-là dans des contrées lointaines de petits royaumes dont nous avons parlé plus haut dans la Note de Jacques d’Édesse^ Mais, comme en Gaule, en Syrie, en Egypte, le seul empire des Romains tenait le pouvoir, et qu’il n’y avait point d’autre empire dans tout l’univers qui lui fût comparable, c’est d’après lui seul que les chroni- (jueurs ont réglé la série des années. Tout ami de la science qui veut connaître la succession de ces petits royaumes qui existaient en ce temps-là, apprendra de cette note, comment chacun d’eux a commencé et a fini, combien de rois il a eus, et quels sont ceux-ci.