LIVRE VII. CHAP. III
liii-môine, en disant : « .le ne professe pas d’autre foi en dehors do celle-ci. » Il trompa renipereiir de cetto façon.
C’est pourquoi l’empereur écrivit à Alexandre, évêque de Constantinople, et lui enjoignit de recevoir Arius *.
Saint Alexandre, en voyant l’ordre de l’empereur, (Mitra [dans l’église’, se prosterna devant la table sainte et dit en priant : « .Seigneur, (pil connais les comrs de chacun, si l’inicpiité et la souillured’Ariiis sont encore renfermées et cachées en lui, et doivent entrer [130] dans ton Kglise, reprends-moi la vie*. »
Arius sortit ^ pour aller trouver Alexandre, en grande pompe et éclat* ; étant parvenu au lorum impérial, il fut pris subitement de tremblement et de crainte, et ressentit des convulsions mortelles d’entrailles®. Il chercha des latrines; il V entra et s’assit. Toutes scs entrailles se déchirèrent dans les latrines et il rendit l àme. — Pour ce motil une grande frayeur s’empara de ses partisans. I.a honte et la confusion se répandirent sur lui et sur eux. En apprenant cette nouvelle, Alexandre se précipita de nouveau devant laiitel, étendit les mains vers le ciel et loua Dieu d’avoir découvert l impie’.
Cet Alexandre n’estpas celuid'Alexandrie. mais bien celui delà ville capitale, de Constantinople. Celui d’Alexandrie, en elfct, était mort et avait eu pour successeur Athanase.
L’empereur manda aussi à celui-ci de
appris ce que faisaient ces enfants, ordonna de prendre leurs noms h tous; et ils les réunit ii l’école.
Plus tard Alexandre ordonna diacre Athanase qui l’accompagna au Concile.
11 demeurait ferme dans la foi orthodoxe, et quand Alexandre termina sa carrière et quitta cette vie, Athanase, par les desseins de Dieu, reçut le siège. Il s’opposa vigoureusement aux desseins pervers des Ariens, [disslpaj toutes les intrigues dlaboli((ues, par la vertu 130^ de l’Esprit Saint”
(Jr, Eusebiiis, Theoü’uis et les autres Ariens, qui étalent transpercés jusqu’aux reins, par ses paroles, comme par des traits acérés, brûlaient du feu delà haine. A cause de cela, ils ne mettaient point de lin a leur malice. Ils le calomuièreut en disant qu'il avait déclaré que le présent d’une tunique de lin qui était fait a l’empereur, resterait:! l’Eglise d’Alexandrie. Ils dirent aussi qu’il avait envove une boite d’or à un certain Philoumenus qui s’était révolté contre 1 empereur. Il fut démontré devant l’empereur qu ils mentaient sur ces deux points. C’est pourquoi l’empereur renvoya Athanase à Alexandrie avec honneur'’.
Après cela, ils se mirent de nouveau contre lui, et ils apprirent à un cert;iin Isychoras qui célébrait les mystères sans être prêtre, et s'était enfui h Xlcomédle“, adiré qu’Athanase avait envové renverser l’autel et le calice et faire brûler les livres. Alors, ils se disposèrent
1. SocR., I, xxxvrn. — 2. Cf. Theod., I, xiv. — 3. Sock., loc, cit. — 't. BH., Clir. eccl., p. 8t : |^^o l^oÿo. — 5. ayopa Ktovu-cavrivou. — 6. ya^rpci; s/.:v£ïro ■/«•jvwai;. — 7. Cf. Theod., I, xiv.
8.. Lacune d’une ligne. — 9. .Socr., I, xxvn. — 10. Socr. : ’ln/ypy.;. — 11. Près d’iiuscbe.
recevoir Ariiis ' ; mais il ne le reciit, point. L'empereur fit menacer cruellement Athanase pour qu'il reçût Arius ; mais comme il ne le voulut point^ 1 empereur se mit en colère. Les partisans d'Arlus vovant que l'empereur était irrité contre Athanase forgèrent contre lui des accusations mensongères^ jusqu’à ce qu'il fût jeté en exiU.
Comment Arius a-t-il pu paraître devant l’empereur après avoir été déposé?
Socrate Eexpose dans son livre, en parlant ainsi’; Constantina \ sœur de l'empereur, tomba malade. Elle avait un prêtre ^131; attaché :i l’hérésie d’Arius. Il lui disait constamment : « Arius est innocent, et les partisans d’Athanase profèrent contre lui des mensonges. » Cette lemme ajouta fol an prêtre, et quand le moment de sa mort arriva, l'empereur étant venu la voir, elle lui recommanda ce prêtre comme un homme sincère et orné de vertus. Etant devenu un des familiers de l empereur, il affirma de nouveau à celui-ci qu'Arius était innocent. De cette manière, celui-ci obtint d’être admis devant l’empereur, et alors arriva l’histoire écrite plus haut.
L’empereur écrivit ensuite à Athanase de recevoir Arius. Comme II n’y consentit point, jles Ariens] multiplièrent les accusations contre lui. Alors l’empereur écrivit à Alexandrie en ces termes° : « Celui qui ignore la vérité, loiiore Dieu;ci’ûce à moi, serviteur de
à tenir un svnodedansun vlllaçfe de Palestine, en l'an 30 de Constantin mais Athanase refusa de s'y rendre, et ils s’en allèrent à Tyr. Ils coupèrent la main droite d’un mort, et prétendirent qu’Athanase avait fait tuer Arsenius, évêque de Mélitène’, qu’il accomplissait l’ordination à l’aide de cette main coupée et qu’il l’avait coupée pour des pratiques magiques et la tenait cachée chez lui.
L’empereur fit mander à Athanase de venir à Tyr pour y être jugé. Athanase y vint; et ils amenèrent aussi iMacarius* enchaîné.
Arsenius y arriva 131] aussi en secret, grâce à la providence divine. Ayant été reconnu par plusieurs, il commença par nier son identité; par la suite, n’ayant pu dissimuler son mensonge, il fut pris et tenu caché par les partisans d’Athanase. Quand Athanase parut devant le juge, les calomniateurs se mirent à montrer la main coupée. Il leur demanda : « Qui d’entre vous connaît Arsenius? » Plusieurs dirent qu’ils le connaissaient. Alors, il ordonna de le faire entrer, les mains dissimulées [sous le pallium]. Ils dirent que c’était bien là cet Arsenius dont la main avait été coupée. Et tandis qu’ils étalent saisis d’étonnement, il leur montra la main droite; puis, comme Ils pen. salent que peut-être l’autre avait été coupée, ils le contraignirent à montrer la gauche. Ils dirent : « Voici qu’Arsenius se trouve avoir ses deux mains; qu’on
1. SOCK., 1, xxin. — 2. SocK., I, xxxvi; TitEOD., I, x.xvit, xxxt. — .‘t. I, xxv. — ’i. Coiislaiilia, veuve (le Licinius. — . La letlrc était adressée aux évêques réunis à Tyr. Sock., I, xxxrv.
(). Cf. SocR., I, xxviii. — 7. Le grec dit : « évêque de la secte des Mélétiens », — 8. Prêtre fl'.\lexandrie, accusé d'avoir renversé l'autel sur l’ordre d’Atiianase.