LIVRE Vil. G II AP. III
après, il sortit à la chasse. Une tempête et un ouragan s’abattirent sur eux [133] et ils étaient sur le point de mourir; [il invoqua ses dieux] et n’en reçut point de secours. Il eut recours au Dieu de cette captive, et, à 1 instant môme, la tempde se dissipa et le calme se rétablit. C’est pourquoi, à son retour, il rassembla tout son peuple et leur ordonna de confesser le Christ; et ils se mirent à bâtir une église sur le plan que la sainte leur exposa. Gomme ils ne pouvaient ériger une grande colonne de marbre blanc qui demeurait attachée par l’opération des démons, cette femme pria, el d’elle-mème la colonne s’éleva dans 1 air ; comme ils la regardaient, plongés dans l’étonnement et glorifiant le Seigneur], elle se plaça d’elle-mème sur la base oii ils voulaient 1 eriger. Et jusc[u à ce jour ce prodige est célèbre. Alors les Ibères envoyèrent trouver l’empereur Constantin et en reçurent des évêques, des prêtres et des clercs. Et ainsi ils crurent et furent baptisés.
De même, quand Constantin le Victorieux eut vaincu à la guerre les Sarmates et les Goths, ils crurentà la religion des chrétiens*.
L’empereur bâtit une église à c<5té du chêne de Mambré, où Abraham avait recula révélation. —11 bâtit aussi une église à Ba'albek de Phénicie, car les habitants de cette ville étaient j)longés dans une grande erreur; leurs femmes étaient en commun et on ne connaissait pas le père de chacun. Ils donnaient même leurs vierges aux passants pour cpi’ils les violent. Il leur fit ordonner un évêque, et peu à peu ils se rangèrent*.
L’empereur fit aussi établir une grande église de toile qui devait circuler avec lui’. — Il bâtit à Antioche l’église octogone».
Il fit un pont® sur le fleuve du Danube. Ses armées le franchirent ; il soumit les Scythes et les amena à la foi®.
( hiand eut lieu la grande famine dans les pays d’Orient, Constantin le Victorieux ordonna de donner la nourriture à ses frais aux pauvres et aux clercs. 11 donna à l’Eglise d’Antioche 3fi. 000 mesures de froment.
Les païens calomnièrent les chrétiens auprès de Sabhour leur roi, [les accusant] d’avoir envoyé une ambassade à l’empereur des Romains. Sabhour s'irrita et se mit à opprimer les chrétiens et à détruire* leurs églises. Constantin le Victorieux lui écrivit en disant’ : « Attendu que je garde la foi divine, je demeure dans la lumière de la vérité; et en me conduisant selon la lumière de la vérité, je professelavraiefoi,etc. » — Sahhour non seulement n’accueillit pas ses paroles.
1. SoCK., I, xvnr. — 2. Ibid. — 3, Ibid. — 4. Cf, Eus., Vita Const., III, l. — 5. Lire : Cf.
Theohiian., Pair, gr., CVIII, tl4. — 6. Ceci parait une répétition, cf. 1. 14-15. Socrate (/oc. c//.' dit les Goths et les Sarmates; mais Eusèbe (Vit. Const., IV, v) : tï SxoOwv xa'i SaosouLaTtov. Souvent le nom de Scythes désigne, chez les Grecs, les peuples appelés Goths chez les Latins. — 7. Début de la lettre rapportée par Théodore! (I, xxv) d’après Eus. (Vita Const., IV, tx).
mais il se mit aussitôt en campagne et monta contre Nisihe. H s’en éloigna couvert de confusion, grâce aux prières de Mar Jacques et de Mar Ephrem'. Dans sa colère il pilla la Mésopotamie.
Constantin sortit pour combattre les Perses. Etant parvenu à Nicomédie, il tomba malade et fut baptisé en cet endroit, car il n’était pas encore baptisé [134] parce qu’il désirait être baptisé dans le Jourdain L — Il fit son testament et attribua les deux empires à ses trois fils. 11 remit son testament entre les mains d’un prêtre qui lui avait été recommandé par sa sœur, et qui était arienb
Il vécut en tout 65 ans et en régna 32. — Il mourut le dimanche de la Pentecôte, le 22 de 'iyar (mai), la première année de la CCLXXIX'' olympiade, l’an 654 des Grecs, Son corps lut conduit à Constantinople et fut déposé dans l’église des Apôtres ‘. — Fia du chapitre concernant le règne de Constantin le Victorieux.
[129] Avilis, après avoir été déposé et ch assé de toutes les éorlises, s’efforcait
encore en cachette de répandre astucieusement par des artifices dialioliqnes l’esprit pervers de sa doctrine détestable, et avec lui, ses partisans, qui furent appelés .\riens.
Cependant Ensebins^, ]\Iâi î de Chalcédoine, et tons ceux (pii avaient été avec Arins, témoignèrent du repentir et furent reçus dans le Synode. Ils supplièrent l’empereur de le recevoir.
Quand il fut appelé devant l’empereur, il avait avec lui deux libelles : l’un sur lequel était écrite son hérésie perverse et qu il plaça et dissimula sous son aisselle ; l’autre sur lequel était écrite la vraie foi, et qu’il tenait ostensiblement à la main. Plaçant la main sur le libelle qui était dissimulé, il jura devant l’empereur et proféra des anathèmes contre
129 Saint Alexandre d’Alexandrie quitta la vie temporelle cinq mois seulement après le grand svnodc de Nicée. 11 V eut alors un accord parfait entre tout le peuple, rempereur et Dieu ; et le grand Atbanase fut élu. Eusebius et Tbeoguis le calomniaient près de l empei eur, disant qu’il n’était pas digue du suprême sacerdoce; mais ils furent déçus dans leur espoir; car ils ne purent ensevelir la lampe sous le boisseau, et elle fut placée sur le chandelier pour éclairer tous ceux de la maison.
Rufinus raconte" d’Athanase qu’étant encore dans l àge tendre et jouant avec des enfants sur la place, ceux-ci, d’uu commun accord, le constituèrent leur évêque, et il conférait aux autres la prêtrise, le diaconat et les autres ordres. Saint Pierre, l’archevêrjue, étant venu à passer par hasard en cet endroit et ayant
1, J\c. Edess., ad ami. 13. Mais notre auteur commet un anachronisme en rapportant ici ce fait; il s’agit du premier siège de Nisibe, sous Constance, dont il [larle dans le chap. suiv. — 2. Theod., I, xxxir; cf. SocR., I, xxxix. — 3. Socr., I, xxxix. — 1. Ihidt .